Que diriez-vous de quelques nouvelles?
Après des mois de silence, il pourrait être difficile de
trouver par où (re)commencer, et pourtant non, pourtant ça va de soi :
Au lendemain d’une nuit d’autobus, de bateau, d’autobus et
d’autobus encore, j’ai remis les pieds à Bath il y a une petite semaine et
demie, par une journée radieuse, tiède et douce, une lumière de début du monde.
Et tout faisait sens. Il faisait sens de revenir, sens de retrouver cette ville
dont je suis encore amoureuse, de jeter un regard renouvelé sur ses rues et
bâtiments couleur de miel. Sens de retrouver ma chambre, et « mon »
café, mes endroits préférés, et Holly, et Benoit, et les autres, et … Colin –
une raison de plus, s’il en fallait, d’aimer Bath.
Car pendant tout un mois, j’étais repartie vagabonder en
terre européenne (un jour, peut-être, j’en reviendrai de l’Europe). Un
itinéraire un peu brouillon, allant dans tous les sens, mais tissé de
rencontres, de retrouvailles.
·
Re-petit saut à Londres avec Arianne - qui était
d’ailleurs venue me visiter à Bath pour le Nouvel An! - dans un adorable studio
de Shoreditch.
·
Strasbourg et la chambre-cabine de bateau de
Sabrina, qui y fait présentement un semestre (et qui viendra me visiter à Bath
ce week-end!). Revoir Strasbourg la belle, des années après ma première visite,
dans un contexte tout différent. Revoir Pauline, et revoir P-A. Les choses
changent, passent, mais il est bon de constater que certaines demeurent.
·
Augsburg, Allemagne, chez ma charmante
correspondante Cornelia, rencontrée à Manchester en septembre dernier. Une
ville toute en élégance, toute en histoire, de son Golgen Hall à son musée de
marionnettes, en passant par cette curieuse ville dans la ville, Fuggeri, et la
visite d’un ancien bunker de WW2.
·
Toulouse, la ville rose, et un accueil délicieux
chez la mamie de Benoit (mon ami toulousain vivant à Bath, travaillant à
« mon » café). Des crêpes à profusion, une visite guidée de la ville…
par une guide française… en anglais… en compagnie d’un groupe de supporters de
l’équipe de rugby de Bath (qui jouait contre Toulouse ce week-end-là! (Et qui a
gagné!)). Et croiser JohB, sorti d’un autre espace-temps, le temps d’un dîner
gargantuesquement végé, d’une balade à vélo, d’une marche dans la ville.
·
Madrid, froide, imposante Madrid, entre deux rides de Bla bla car. Des perles dans la
ville : le Palais de Crystal, le marché San Miguel, des édifices
majestueux, immaculés, des jolies boutiques. Mais peut-être trop grande pour
moi seule, Madrid. Pour moi qui n’aspirais pas vraiment à enchaîner les nuits
blanches, qui m’y sentais un peu brusquée.
·
Séville! Mon coup de cœur du voyage. Un
rendez-vous magnifique avec mon éternelle Kalem, que je n’avais pas vue depuis
plus d’un an. Ville magique, sinueuse, romantique; des jardins, des palmiers,
des tapas; des têtes de taureau, des churros, des tuiles multicolores.
·
Lisbonne, Sintra, Porto. Villes d’eau, de
couleurs, de saveurs. Y rencontrer deux filles adorables me rappelant comment
il est simple de fraterniser avec des Québécoises. Solène et Stéphanie, vous
êtes fraicheur et joie de vivre, votre parcours m’inspire et me sourit.
Retrouver, aussi, Arianne et Sabrina, rendez-vous un peu plus gris que nous l’avions
espéré, mais à la fois très azul, très beau. Et arrosé de porto!
·
Et enfin Amsterdam, mon coup de cœur numéro 2, d’abord
pour un rendez-vous insensé de quelques heures avec Christine, ma colocataire
de Montréal devenue précieuse amie, sur sa route de retour d’Asie. Bonheur de
nous sauter dans les bras à l’aéroport, de passer ces quelques heures à tout
vouloir rattraper – au point de sauter dans le mauvais train et de s’en
apercevoir 45 minutes plus tard -, puis déchirement de nous dire au revoir
presque aussitôt. Et Amsterdam, ensuite, chez Amélie, ma jumelle d’aventure,
qui a quitté Montréal à peu près en même temps que moi pour aller voir si sa
vie ne l’attendait pas quelque part ailleurs – dans une splendide ville
européenne, pourquoi pas? Ne cherchez pas trop loin pourquoi nous nous
entendons si bien. Quelques musées, dont l’incontournable, troublante Annexe
d’Anne Frank, dont je finissais à peine le journal. Une virée à Utrecht, un
mémorable lift sur le vélo d’Amélie, des
balades, des cafés, de l’écriture, des petits plans pour la suite, une esquisse
de bilan de mi-parcours.
Parce que oui… mi-parcours : 6 mois ont passé depuis
mon départ de Montréal, et j’arrive plus ou moins à y croire, plus ou moins à
me souvenir qu’une autre vie m’attend en parallèle. Peut-être une des raisons
pour lesquelles je n’ai pas écrit depuis si longtemps, que j’oublie de
« checker in ». Je suis
rentrée à Bath presque comme on rentre à la maison, le paradoxe du voyage dans
le voyage. Bilan? Je ne sais trop. Heureuse, oui, sans aucun doute. Un brin
anxieuse de me trouver à nouveau en mode recherche d’emploi, aspirant à
peut-être mieux que de travailler dans une boutique, à peut-être utiliser mon
cerveau un petit peu plus, et ce aussi vite que possible. Mais vous savez ce
que c’est… rédiger une lettre de présentation est déjà laborieux en français,
maintenant imaginez dans votre langue seconde. C’est ça.
Peut-être tout de même vous dire quelques mots sur mon
effervescent décembre, qui m’a déposée au début de janvier comme sur une plage
après naufrage. Mais un très beau naufrage. D’abord travailler à L’Occitane, beaucoup,
m’y sentir bien, de plus en plus confortable, mais à un rythme de plus en plus
effréné. Ensuite renouer avec le patin – ex-patineuse artistique que je suis –
en travaillant comme surveillante de glace à Bath on ice. Sans doute la
meilleure chose qui soit arrivée à ma vie sociale depuis mon arrivée à Bath!
Une équipe jeune, drôle, légèrement disjonctée. Des soirées à jouer au hockey,
à aller boire des verres avec les boys, et aussi, oserais-je vous dire? à
fréquenter un certain coach de tennis travaillant sur les courts juste à côté…
Je citerai mon père : « Fallait bien que ça arrive un jour ou
l’autre! » J’ajouterai seulement que je lui ai fait essayer une poutine
dimanche dernier sur Brick Lane, à Londres, et qu’il a BEN aimé ça. Bon,
c’était pas la poutine de ma vie, mais après 6 mois sans, la fille était
contente.
Alors voilà, l’idée des jours/semaines à venir est de doser
recherche d’emploi, lecture, activités sociales qui-ne-coûtent-pas-trop-cher-car-mon-budget-a-hâte-au-retour-d’impôt,
course, yoga… me mettre au tennis peut-être? Et loin de moi l’idée de tourner
le fer dans la plaie très à vif de votre hiver québécois, mais je dois tout de
même vous dire qu’à Bath, c’est presque le printemps. Aujourd’hui : temps
splendide, 10 degrés, porter des petits souliers. Les fleurs commencent à
sortir, je me suis acheté des jonquilles, et des citrons, car je traîne un
petit rhume. Parler de mon rhume = n’est-ce pas là le signe que je commence à
avoir fait le tour? Je me promets néanmoins de vous revenir sans trop attendre
cette fois. Avec une belle nouvelle je l’espère, un bel emploi stimulant, s’il
vous plait s’il vous plait!
À tout bientôt x