Des jours que je tente de vous écrire, et que l’ampleur de
la tâche finit par avoir raison de moi. Petit indice qui n’en est pas un, me
revoilà à Bristol, dans un café de jeux de société (!) à siroter mon latte
quotidien. C’est maintenant que ça se passe, la productivité.
Alors nous remontons au vendredi 29 août. Nous (vous et moi)
arrivons à la gare de Liverpool et, pour la première fois, je dois recouvrir
mon sac de son imperméable personnel et le trimballer sous la pluie. Il fait
peut-être 15 degrés, il pleut, et je me perds dans la ville en tentant de
trouver mon hostel, chaudement recommandé par Jasmine. Oh, ai-je dit qu’il
pleuvait? Mais tout va bien, je
suis contente d’être là, je ne suis pas pressée, il me tarde de découvrir cette
ville mythique – enfin, mythique pour moi. Oui pour avoir vu naître les Beatles
et tant d’autres bands, mais pour son aura industrielle slash portuaire slash
culturelle. Honte à moi-même (ou pas), mais j’ignorais avant d’y mettre les
pieds qu’elle était également archi-réputée pour son équipe de foot.
Après un petit détour involontaire-mais-qu’importe par
l’université, je finis par trouver la fameuse Embassie où je reçois un accueil
si chaleureux que je me sens beaucoup plus à la maison que dans une auberge de
jeunesse. Il faut dire qu’après ma désagréable expérience d’hostel à Oxford, on
partait de loin. Mais là, je me retrouvais dans une grande chambre au grenier
avec des vrais meubles, des vraies lampes et à peine deux co-chambreuses, une
vraie salle de bain, une vraie cuisine, thé-café-tartines à volonté 24h, des
propriétaires disponibles et heureux de partager leur amour pour la ville.
Bienvenue à Liverpool.
Ce premier soir, je me suis baladée un peu dans la ville,
puis me suis enfoncée dans les profondeurs de la terre à la conquête de la
fameuse Cavern, reconstitution du bar où les Beatles ont joué plus d’une
centaine de fois. Jeunes et moins jeunes venus de partout dans le monde se
trouvaient rassemblés dans la touffeur joyeuse de l’endroit. Je n’étais pas
trop d’humeur à « me faire des amis » alors je me suis contentée
d’une bière et de quelques covers, dont Here
comes the sun – qui me fait encore et toujours penser à Éric -, Yesterday et Eight days a week. Il y avait quelque chose de très particulier à
me trouver à cet endroit. L’impression d’être à quelque part d’important, de
déterminant, même en sachant que ce n’était pas la vraie de vraie Cavern.
Au déjeuner le lendemain, j’ai fait la connaissance de
Hannes et de Marie, tous deux Allemands, qui m’ont invitée à me joindre à eux
pour aller sur les docks, là où se concentrent de nombreux musées importants.
Cette journée où je me suis finalement fait des amis est aussi connue sous le
nom de « la journée où on ne s’est finalement jamais rendus aux musées »,
mais ce n’était pas plus mal. Nous avons d’abord fait escale à
l’impressionnante église anglicane où nous avons fait l’ascension de la tour, à
100 mètres d’altitude, et profité d’une superbe vue sur la ville. Puis Marie
avait faim et finalement Hannes et moi aussi, alors nous avons bifurqué vers le
quartier chinois pour y dîner; puis nous sommes passés par Bold street, rue
commerçante très « cool », un peu bobo, où nous sommes entrés dans
plusieurs boutiques, en alternance vraiment et faussement vintage, car Hannes
se cherchait un manteau de jean. Enfin, nous nous sommes rendus sur les docks,
mais là il y avait un défi Redbull de wakeboard et c’était pas pire
impressionnant alors nous sommes restés là à prendre un café et à regarder la
compétition. Et là il était déjà 17 heures et les musées étaient fermés, c’est
ça l’histoire. Nous nous sommes tranquillement redirigés vers l’hostel, mais en
chemin Marie et moi nous sommes laissées tenter par une crème glacée, puis nous
avons fait la rencontre d’un musicien jouant du piano de rue, fait un petit
saut au très beau Philarmonic, soi-disant le bar favori de John Lennon et Paul
McCartney; puis avons fait un dernier arrêt dans une petite église dont le toit
a jadis été détruit sous les bombes mais dont les murs sont demeurés intacts,
et qui accueillait à ce moment une petite expo de graffitis divers autour du thème
« Love » - nous l’avons donc baptisée Love Church mais il s’agit en
fait de St Lukes (plate de même). Il y a aussi des tables et des bancs à
l’intérieur des murs, des jeux de société et des raquettes de badminton et des volants.
Alors nous avons joué au badminton dans la Love Church à Liverpool. J’ai ce
soir-là réexpérimenté la vie nocturne de cette ville qui fait la fête tous les
soirs, et il était particulièrement agréable de le faire avec de la compagnie!
(Rassurez-vous, je ne ferai pas 400 mots pour chaque jour.)
Jour 2, Marie travaillait à l’hostel et Hannes et moi avons
convenu de nous reprendre pour les musées; il voulait voir celui de l’esclavage
et moi le Museum of Liverpool Life. Je vous dis tout de suite que nous
y sommes parvenus, mais il faisait un temps magnifique alors nous avons pris le
temps de bien nous balader avant, et de prendre un café sur la terrasse du
magnifique Carpathia avec magnifique vue sur le port. Ai-je dit magnifique? Car
vraiment, ça l’était, et nous avions peine à croire qu’on nous avait laissés
entrer dans cet hôtel super-chic pour accéder au secret le mieux gardé de
Liverpool – oups, plus maintenant… Après les musées, re-balade dans la ville,
arrêt au marché puis petite bouffe à l’hostel. Je n’avais pas réalisé, mais
c’était la première fois que je cuisinais depuis mon arrivée (!) et mon
portefeuille a beaucoup aimé l’idée, que j’ai reproduite à plusieurs reprises
depuis. Je ne dis pas que je mangeais toujours au resto jusque-là, mais j’avais
pris l’habitude d’acheter des sandwichs ou des salades dans les épiceries. Pas
la grande gastronomie, je vous l’accorde.
Autre grand événement : j’ai fait une brassée de
lavage! Comme à la maison, je vous dis. Cuisiner, faire du lavage… plus qu’un
petit lavage à la main en tout cas. Je me sentais donc d’attaque pour la
prochaine étape : York.
Mais avant, petit regard rétrospectif sur Liverpool, lovely
Liverpool. Au fil de mes pérégrinations, j’en suis venue à penser qu’il y a
plusieurs manières d’apprécier une ville, et peut-être que j’aurais dû avoir
ceci en tête dès le début, dans ma recherche de la ville parfaite (pas
parfaite) pour moi. J’ai rassemblé les critères en trois grands groupes, que
voici.
1. On peut apprécier une ville pour sa beauté, son style :
son architecture, ses parcs, ses jardins, ses ponts, ses édifices, ses églises…
2. On peut aussi apprécier une ville par l’expérience qu’on
en fait : goûter ses spécialités, écouter ses musiciens, visiter ses
musées, prendre un verre dans ses bars…
3. Et enfin, on peut apprécier une ville grâce à des
circonstances qui ne lui appartiennent pas tout à fait, et qui ne seront pas
nécessairement, ou nécessairement pas, réunies la prochaine fois qu’on y mettra
les pieds. Hannes et Marie ne seront nécessairement plus là si je retourne à
Liverpool. Il ne fera pas nécessairement aussi beau et il serait très étonnant
que je rencontre à nouveau le pianiste ambulant, qu’il se tienne à nouveau une
compétition de wakeboard dans le port ou que la Love Church abrite encore la
Love exhibition. J’ai adoré mon séjour. Liverpool est vibrante, plurielle,
fortement marquée par son histoire portuaire/industrielle, recyclée en
métropole bouillonnante de culture. Lovely Liverpool. Mais je crains de trouver
qu’il lui manque quelque chose si j’y remets les pieds, du moins pour
l’instant. Je n’oserais la choisir pour y habiter.
Comme j’avais bien apprécié mes deux journées avec Hannes et
que celui-ci n’avait pas de plans très définis pour la suite de son voyage,
nous avons décidé de nous rejoindre à York.
Vient le moment où je m’en veux de n’avoir pas écrit plus
que ça pendant mon séjour à York. Égarées les premières impressions, vous
devrez vous satisfaire de celles que j’en garde après plusieurs semaines, et
moi de même. Très belle York, ville ceinturée de murs de pierre et entourée d’eau;
ville sinueuse aux vieux bâtiments très singuliers, dont les étages supérieurs
débordent des étages inférieurs; ville aux mille et un musiciens de rue, aux
fanions colorés partout suspendus, aux jolies boutiques et gens sympathiques.
Hannes et moi avons fait un petit tour guidé, arpenté les murs de la ville,
essayé plusieurs cafés, fait la sieste dans les jardins, pris un savoureux
cocktail au « spot à Johnny Depp » où nous avons rencontré quelques
locaux. Petits jours tranquilles.
Je dois dire ici que de partager le voyage avec quelqu’un
après des semaines en solitaire m’a quelque peu confrontée à moi-même, et à
l’idée que je me faisais de mon voyage. Je crois que je glorifiais le fait de
voyager seule, y trouvant une certaine force de caractère. Ce n’est pas tout
faux, bien sûr, mais la liberté, l’autonomie, la solitude facilitent en fait
bien des choses. Jamais nos choix, nos souhaits ne doivent être
proposés/approuvés par « l’autre ». Je me suis redécouvert une certaine impatience, un certain
désir de contrôle, que j’ai dû réapprendre à modérer. Réapprendre à coexister,
à dire « maintenant il faut que je m’arrête, maintenant il faut que je
mange quelque chose, maintenant il faut que je passe un peu de temps seule (ou
je vais devenir très désagréable – euh non, pas ça) ».
Malgré les petits irritants, il est aussi très précieux d’avoir
quelqu’un à qui dire « regarde comme c’est beau », à qui raconter les
petites choses qui nous passent par la tête, à qui dire qu’on est triste de ne
pas être présente pour cette amie qui vient d’avoir une mauvaise nouvelle, ou
pour celle-là avec qui on voudrait fêter un événement heureux. Quelqu’un à qui
parler de notre famille, de notre chat, de notre insécurité par rapport à cette
ville où très bientôt on devra choisir d’habiter.
Et puis Hannes me forçait à faire des trucs un peu hors de
ma zone de confort, comme de rentrer dans l’hôtel chic de Liverpool pour voir si
on ne pouvait pas accéder à la terrasse, ou passer par ce
« raccourci » incertain, aborder des gens. N’est-ce pas là un atout
non négligeable chez un compagnon de voyage?
Bref, nous avons poursuivi notre route à trois (Hannes, mon
sale caractère et moi) jusqu’en Écosse, pour trois jours à Édimbourg puis un
jour à Glasgow, après quoi Hannes rentrait en Allemagne. Parenthèse :
Hannes parle d’abord allemand, puis très bien anglais, et se débrouille en
français. Pour pratiquer son français, nous avons passé les premiers jours à
parler exclusivement français entre nous. Puis il est apparu que je ne
pratiquais plus du tout mon anglais, alors à Edimbourg nous avons convenu de
revenir à l’anglais, ce qui a duré 2 jours, après quoi Hannes me parlait
français et je lui répondais en anglais. Étonnamment, tout ceci s’est fait
assez naturellement!
Donc Edimbourg : quelle ville élégante! Si nous n’avons
pas visité son château ($$ ou devrais-je dire ££), nous avons néanmoins bien arpenté
sa vieille ville, son Royal Mile, ses jolies rues et boutiques. Un après-midi
où nous avons fait chacun notre chemin, je me suis trouvée à visiter la St
Giles Cathedral, qui je crois est ma nouvelle église préférée, déclassant du
coup la Sagrada Familia, ce qui n’est pas peu dire. Si la SF m’a marquée par sa
luminosité, je pense que St Giles m’a touchée par sa chaleur. Ses colonnes
massives, son toit en ogives, ses vitraux aux couleurs chaudes, dorées, ses
nombreux drapeaux, fièrement suspendus, représentant les différents grands
clans écossais. Je ne suis pas vraiment croyante, mais depuis cette visite je
dois avouer que je « fréquente » les églises plus assidument, y
recherchant ce très grand calme, cet espace pour m’arrêter, me redéposer en
moi-même, écrire. J’ai noirci de nombreuses pages dans les églises ces
dernières semaines.
Ce même jour où j’ai visité St Giles, je me suis rendue sur Carlton Hill,
une colline surmontant la ville, rappelant l’acropole d’Athènes et offrant une
vue imprenable sur les environs : oui la ville, ses beaux toits, son
château, mais aussi la mer et la campagne, vraiment pas si loin que ça. Après
une journée assez grise, digne d’Édimbourg, j’ai eu droit à une très belle
éclaircie et à une lumière splendide pour terminer la journée.
(C’était le 6 septembre et je n’ai pas rouvert mon parapluie depuis.
Je me sais très chanceuse!)
Hannes et moi logions alors dans un hostel de qualité discutable, mais
dont le principal intérêt était sans doute qu’il s’agissait d’une ancienne
église – décidément! Notre dernier jour à Édimbourg, nous avons résolu
d’explorer un peu ses environs avant d’aller prendre notre train pour Glasgow.
Note : je suis une adepte de Lonely planet, mais je dois dire que pour les
trouvailles moins touristiques/incontournables, je reste bien souvent sur ma
faim. Il est vrai que pour couvrir toute la Grande-Bretagne en un seul volume,
et pour que ce volume ne pèse pas des tonnes, il faut couper quelque part… Mais
bref, nous avons eu la main très chanceuse ce jour-là, en tombant par hasard sur
le Dean Garden, magnifique sous-bois longeant une petite rivière où se trouvait
jadis un moulin, et nous faisant oublier totalement qu’on se trouvait « en
ville ». Belle lumière de septembre, bruissement de rivière, nature encore
très verte, très vive. Puis nous avons débouché sur un secteur plus
résidentiel, où se tenait un très charmant marché du dimanche, avec producteurs
locaux, bouffe de rue, musicien talentueux, familles, chiens, cupcakes,
bonheur. Nous avons dîné là, pratiquement assis par terre, au milieu de ce
brouhaha chaleureux, à écouter, sentir, goûter. Un moment plein.
Étonnamment, nous avons très peu senti la « vibe »
pré-référendaire à Édimbourg. Quelques « Yes » dans les fenêtres,
quelques macarons, quelques autocollants de « No thanks » sur les
poteaux électriques, mais sans plus, si ce n’est que les journaux en faisaient
grand cas, avec raison (le yes ayant finalement pris la tête dans les sondages).
Une fois à Glasgow, dont la population se veut historiquement plus prolétaire,
plus revendicatrice, et peut-être aussi parce que la date fatidique approchait
encore plus, nous avons beaucoup plus senti une effervescence monter. Par
ailleurs, nous y avons rejoint à Guillaume, ami d’amie, réalisant un
documentaire sur les communautés d’immigrants et leur implication (très
importante) dans la campagne du Yes. Il va sans dire que par lui j’ai beaucoup
appris sur la situation et les enjeux. Ah, et j’ai eu mon macaron Yes :D
Figurez-vous qu’avant d’arriver à Glasgow, on m’avait plus d’une fois
mise en garde contre cette ville, une des plus violentes au UK, au nombre
record de gens poignardés! Ceci est sans doute imputable à son passé, oui,
plutôt turbulent, mais je vous rassure, il fait bon vivre à Glasgow. C’est
précisément l’impression que j’ai eu de la ville : une ville où l’on vit.
Après nombre de belles villes aux multiples charmes et attraits touristiques,
Glasgow m’a parue vivante, authentique, sans prétention, bien que belle
également, à sa manière.
Glasgow : encore du beau temps, un dîner dans Kelvingrove Park
avec Guillaume, son amie écossaise Carla, la fille de celle-ci, et des amies à
elles – d’où l’impression d’un endroit où l’on vit, sans doute -, une brève
visite à l’improbable et décousu Kelvingrove Art Gallery & Museum, deux
matchs de foot plutôt qu’un - pour faire plaisir à Hannes -, un afternoon tea –
pour me faire plaisir à moi -, une visite nocturne à Queen’s Park – 5 lièvres
et 1 renard! -, puis les adieux à Hannes, puis du temps à moi, à ne plus trop
savoir comment on le remplit.
Ne me sentant pas prête à décider de ma destination finale, et ayant
envie de voir autre chose que les deux principales villes d’Écosse, je me suis
laissée tenter par un petit séjour dans les Highlands, à Glencoe – tristement
célèbre pour un certain massacre y ayant eu lieu, mais autrement plus célèbre
par son décor magnifique au milieu de montagnes majestueuses et en bordure d’un
loch dont le nom m’échappe. Je craignais un temps frais, voire froid, étant
plus au nord, mais au contraire, j’ai eu droit à un temps magnifique,
ensoleillé, plutôt chaud (20-22 degrés). J’aspirais à profiter de mes trois
jours là pour lire et écrire, mais finalement je me suis simplement baladée
dans le glen, y ai fréquenté assidument le délicieux Glencoe Café, fraternisé
avec des Français, des Allemands, une Slovénienne (ça se dit?).
Puis parce que je ne pouvais plus continuer de toujours monter plus au
nord, parce que la vraie vie, même si ma vie d’aujourd’hui ne me semble avoir
rien en commun avec la vraie vie que j’ai laissée à Montréal; parce que
travailler, tout de même, parce qu’il le faut. Parce que tout ce qui monte doit
redescendre, j’ai pris cet autobus et, pour la première fois après plus d’un
mois, je suis revenue sur mes pas. Suis redescendue jusqu’à Glasgow, où j’ai
passé une petite poignée d’heures (et ai eu la grande chance de me fondre dans
une manifestation du Yes, ô combien grisante et un peu émouvante pour la petite
Québécoise que je suis), ai pris un autre interminable autobus jusqu’à
Manchester, où j’ai fait halte le temps de deux nuits; où j’ai fait la
charmante rencontre de Cornelia – Allemande elle aussi, étudiante en
littérature anglaise elle aussi; il me semble rencontrer quelques patterns sur
ma route!); où j’ai fait la moins charmante rencontre d’un gars de Toronto à
qui j’ai tenté d’expliquer que je n’avais pas l’impression d’appartenir au même
pays que lui; où j’ai visité l’impressionnante John Rylands Library – un réel
temple du livre!; où j’ai fait l’agréable découverte d’une ville envers
laquelle je n’avais aucune attente, que je n’avais choisi de visiter que parce qu’elle
coupait ma route en deux parties plus ou moins congrues, et que bon, Manchester
est tout de même la deuxième ville d’importance en Angleterre. Puis suis encore
redescendue, encore dans un interminable autobus, cette fois jusqu’à Bristol,
pour quelques jours, le temps de mettre en fonction mon téléphone, de visiter
une gallerie d’art, de rencontrer quelques connaissances, car figurez-vous que
j’ai maintenant quelques connaissances ici!
Et puis, et puis : je pars cet après-midi pour Bath, que j’ai
finalement élue « ville où je déposerai mes sacs et tenterai de reconstruire un
petit quotidien ». Je ne dirai pas « tout bien pesé », car à un certain
moment j’ai arrêté de réfléchir à tous ces pour et ces contre, et j’ai
simplement opté pour cette ville pour laquelle j’avais eu un coup de cœur, où
je m’étais sentie bien dès que j’y avais mis les pieds, pour les nombreux cafés
et boutiques où j’envisage déjà d’aller porter mon CV, pour son aura mythique
et littéraire, pour les scones du tea room du Centre Jane Austen – les meilleurs
que j’aie goûtés -, pour l’Avon, pour l’architecture magnifique, et pour tout ce
qu’il me reste à découvrir de cette ville pas si grosse que ça, mais qui je
pense me conviendra.
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