mardi 19 août 2014

Une année au UK: c'est parti!

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Alors voilà! M’y voilà! Après des mois de préparation, d’appréhensions, d’excitation.

Première des choses, pour ceux et celles qui l’ignoreraient, voici le projet : un an au Royaume-Uni, un mois pour y voyager et voir où j’aimerais m’installer, un visa pour y travailler. Donc je ne sais pas encore où – mais probablement en Angleterre – et je ne sais pas ce que j’y ferai – mais je suis tentée de retourner en librairie, ou dans une boutique, un fleuriste, un salon de thé, un café, etc. Quelque chose d’un peu différent de ma vraie vie, mais qui me ressemble, et qui me fera rencontrer des gens, sentir un peu l’âme d’une ville, et pas seulement un bureau. L’occasion ou (peut-être) jamais de vivre une telle expérience, à l’aube de la vraie vie d’adulte qui finira bien par me rattraper. D’ailleurs, je ne sais pas si c’est le voyage ou l’approche de mon 27e anniversaire, mais plusieurs cheveux gris se sont passé le mot ces derniers jours pour apparaître, oh mon dieu!

Je vous écris aujourd’hui d’un petit café de Brighton, bord de mer, deuxième arrêt de cet extraordinaire périple. Prendre l’avion, arriver à Londres, bien sûr c’était déjà quelque chose, mais je n’avais pas encore bougé, bougé vraiment, et là, de me mettre en mouvement, de commencer le circuit du mois de voyage, eh bien je réalise un peu plus. Un peu, car je ne prends pas vraiment la mesure de tout ça. J’ai le temps.

Donc. Arrivée à Londres Gatwick mardi matin 12 août. Déjà une parenthèse : j’ai la précieuse faculté de pouvoir dormir en tout endroit tout moment tout transport. Si cette faculté m’a un peu nui dans certains cours de cégep et d’université (ou avait-ce à voir avec la vie sociale qui accompagnait cette période?), je savoure pleinement cette possibilité en voyage. Cela dit, je craignais que l’excitation et le stress de ce départ pas comme les autres m’empêcheraient de dormir durant le trajet. Que nenni. J’ai dormi les ¾ du vol, n’ai pas réussi à voir la fin de Saving Mr Banks et n’ai jamais eu conscience qu’on nous distribuait le petit déj. C’est donc relativement en forme que j’ai affronté le trajet en train puis en métro jusqu’à mon auberge de jeunesse, située à même Holland Park, juste à l’ouest de Hyde Park et tout près de Notting Hill, pour ceux qui auraient quelques repères londoniens.

Je vais vous épargner le détail du day by day de mes 5 jours passés à Londres, aussi je vous livre en vrac que j’ai beaucoup beaucoup marché, vu Big Ben, Westminster Abey, Trafalgar Square, Piccadilly Circus, le Covent Garden, le 221B Baker Street (résidence fictive de Sherlock Holmes), Shakespeare’s Globe; grimpé les 500 quelque marches de l’impressionnante St. Paul’s Cathedral; traversé la Tamise en divers ponts, dont le célèbre Tower Bridge; assisté à l’incontournable changement de la Garde à Buckingham Palace, visité (et dormi dans) plusieurs parcs et jardins, dont Holland Park, Kyoto Garden, Kensington Gardens, Hyde Park, St. James Park, Regent’s Park, Queen Mary’s Garden; sillonné les quartiers de Nothing Hill (incluant Portobello’s Market), Camden Town, Soho, Mayfair, Marylebone, Shoreditch, Hoxton…; goûté la bouffe de rue indienne, une paela, un burger de pulled pork, un macaron Ladurée (pour Christine), plusieurs bières, un cidre aux fraises (?)… Peut-être davantage digne de mention : j’ai pu mettre la main sur un « day ticket » à prix dérisoire pour le (très bon) show The Curious Incident of the Dog in the Night-Time, tiré du roman de Mark Haddon, en représentation au Gielgud Theatre sur Shaftesbury Ave, et j’ai presque tout compris! Bon, j’avais lu le livre en français, mais ça remonte quand même à quelques années.

Au fait, côté anglais, je dois dire que ça se passe encore mieux que je l’aurais cru. À la question « Comment est ton anglais? » qu’on me posait fréquemment avant mon départ, je répondais « fonctionnel », et je peux ajouter qu’il fonctionne vraiment bien. Ça ne coule pas encore de source, et pour l’accent ce n’est pas encore ça, mais la langue ne m’apparaît pas comme un réel obstacle. Au fond, je retrouve simplement la langue du voyage.

Qu’est-ce que vous avez envie que je vous raconte? Comment c’est de voyager seule? Mes rencontres? Mes impressions sur Londres, Brighton? Ok, pas tous à la fois.

Étrangement, je ne me sens pas vraiment seule. Peut-être en partie parce que je ne réalise pas que je suis partie pour un méchant grand bout. Peut-être parce que je vous visite un peu chaque jour via courriels et facebook. Parce que je pense beaucoup à vous, à nos précédents voyages, à une boutique qui vous aurait plu, à un endroit que je vous ferai découvrir quand vous viendrez me visiter. Et je ne me dis pas « je suis seule ». Ou si oui, par exemple quand on me demande si je voyage « on my own », eh bien j’en tire une certaine fierté, je dois l’avouer. Je suis ici on my own. Les seuls moments où vraiment j’aimerais ne pas être seule, c’est dans les moments d’indécision, quand mes jambes sont fatiguées, quand je n’arrive pas à choisir entre telle rue et telle autre, ce café ou ce pub (choisir le pub). Alors j’aimerais qu’on décide pour moi, que quelqu’un prenne le relais. J’apprends tranquillement qu’en ces moments il vaut mieux m’arrêter, tout simplement, et attendre voir. Évidemment ça ne fait qu’une semaine que je suis partie. Il y a beaucoup de bienfaits à tirer d’une saine solitude, et je sais que tôt ou tard je vivrai aussi l’ennui, la nostalgie etc., mais voilà pour l’instant.

Côté rencontres, je me suis très peu intégrée à mon hostel à Londres. Je partais toute la journée et rentrais généralement assez tard. J’ai toutefois rencontré une douzaine de sympathiques mécaniciens de tous les âges au World’s End, bar où David a travaillé il y a quelques années et où il m’a forcée à aller! (Ok, ce n’était pas réellement forçant.) Ceux-ci venaient de villes différentes (Derby, Liverpool, Birmingham, Londres) et sortaient entre collègues pour la première fois depuis le début de leur contrat pour le métro de Londres, où la plupart se sont rencontrés. Ce fut ma chance de me familiariser avec la diversité des accents British (Derby = le plus facile à comprendre jusqu’ici; Londres = le pire) et de me faire conseiller sur les attraits de Londres et les villes à visiter au UK.

Sinon, j’ai rencontré Lea et Marielena, deux gentilles Allemandes, en arrivant à l’auberge de Brighton. Nous avons passé les deux dernières soirées ensemble à pique-niquer sur la plage, à sillonner les petites rues de North Laine et à jaser aisément de tout et de rien (bonne pratique pour mon anglais!). En apprenant qu’elles n’avaient que dix-neuf ans, je me suis soudain sentie bien vieille. Vieille pour les auberges de jeunesse. Dans la chambre que nous partageons, il y a aussi Alejandro, Madrid, 20 ans, et Alessandro (décidément!), Rome, 21 ans. Ehlala. L’ainée, je vous dis.

J’ai vraiment aimé Londres. Le vertige de la grande ville, son charme, sa classe, ses parcs, ses quartiers disparates qui, mis tous ensemble, fonctionnent. Créent Londres. À l’opposé, je ne saisis pas Brighton. Peut-être parce que je n’ai pas encore vécu une vraie ville anglaise (Londres étant Londres), je ne mets pas le doigt, dans l’atmosphère générale, sur ce qui est attribuable à Brighton-l’Anglaise, à Brighton-la-touristique, et à Brighton-la station balnéaire, car le bord de mer a ce petit quelque chose d’international, qui transcende le pays où l’on se trouve. Cet air salin, ce petit air de vacances, cette légèreté, malgré qu’il ne fasse pas bien chaud.

Les petites rues sont tout de même bien jolies, les musiciens dans les rues, joyeux, et depuis mon arrivée il fait généralement un soleil splendide (quoique le temps est tellement changeant!). Et que dire de cet improbable et grandiose palais indien qui surgit de nulle part? Me reste encore une nuit ici, puis demain je prendrai le train vers Bath, qu’on me promet magnifique, où je passerai deux ou trois jours.

Je vous laisse ici pour ce premier billet, malgré que j’aie déjà tout plein de notes sur des observations à vous partager! Je m’en garde pour le prochain. À tout bientôt!

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