vendredi 13 septembre 2013

Premiers jours lausannois


Alors voilà. Presque une semaine que je suis partie, une semaine pendant laquelle ce que disent les gens que je retrouve ou rencontre et les lieux que je visite me semble beaucoup plus intéressant que ma petite histoire; une semaine que j’oublie un peu qui je suis, d’où je viens, où je travaille – et le sentiment de culpabilité lié aux tâches laissées à mes collègues -, ce que j’aurais pu fuir, ou voulu gagner. J’en viens à me définir autrement : je suis un décollage de Montréal, un entre deux gares françaises, une pluie froide, la troisième bise suissesse, une vue époustouflante du lac Léman. Je suis une page de Lonely planet, un silence contemplatif, une bière allemande, ich bin ein berliner.

À la fois, je me sens tellement vivante, à prendre l’avion – ou à le presque rater - ou le train seule, à me perdre doucement dans une ville nouvelle sans carte ni repères, à tant apprendre, tant voir.

Aujourd’hui il fait beau à Lausanne, chaud et froid à la fois, selon qu’on se trouve à l’ombre ou au soleil. Je vous écris depuis la terrasse ombragée du Bubble café, « une bulle de nature au cœur de la ville », après un agréable dîner avec Stéphanie, Suissesse connue au Québec via Dom avec qui elle travaillait, puis une courte balade Lausannoise en solitaire, petite respiration après du 24h/24 avec Kalem à Berlin. Allez, je vous raconte depuis le début.

Arrivée à Lausanne samedi dernier, un peu avant 15h, après mon vol air transatien et 3 trains à vitesses variables où j’osais plus ou moins fermer l’œil de peur de manquer ma station. Kalem m’attendait à la gare, quoique au mauvais quai (!) et nous avons rapidement pris le chemin vers chez elle. Je ne l’avais pas vue depuis février, pourtant, et malgré le cliché de la chose, j’avais l’impression de l’avoir vue quelques jours plus tôt. Sans doute nos séances de skype aidant, ou simplement l’essence de l’amitié qui nous lie.

Je pensais m’écrouler en arrivant à l’appartement, surtout après la montée de colline depuis la place de la Riponne, où se situe le métro le plus près, de même que le musée où travaille Kalem. Simon, le copain suisse de Kalem, était à l’appartement à notre arrivée. Nous nous sommes installés tous les trois à la table de leur grand jardin, et avons fait une mise à jour de nos vies ma foi assez étendue, reléguant la sieste à plus tard, toujours plus tard. Simon et Kalem sont allés faire des courses pour le souper pendant que je sautais (me trainais) sous la douche, et m’ont trouvée assoupie dans le gros coussin orange à leur retour. Je n’avais encore une fois dormi que quelques minutes, maximum un quart d’heure.

Nous avons soupé d’un délicieux curry au saumon et de pâtisseries suisses pour dessert, avec bougies pour souligner mon récent anniversaire manqué. J’ai d’ailleurs eu droit à un charmant assortiment de plaisirs suisses en cadeau : cristal de roche des Alpes, crème à mains locale, boucles d’oreilles d’un artisan, douceurs sucrées…

Et ensuite, ensuite! Eh bien j’ai dormi. D’un sommeil tout de même agité pour l’état de fatigue dans lequel je me trouvais, mais malgré tout récupérateur. Jess et Pascal seront heureux d’apprendre que j’ai ainsi réussi à casser mon décalage horaire (invention touristique) dès le premier jour ;)

Dimanche était malheureusement un jour morne et gris, entre autres parce qu’en Suisse tout est fermé le dimanche. Kalem et moi avons malgré cela arpenté quelque peu les rues de Lausanne, avons visité sa cathédrale, sommes passées devant son château, avons monté et descendu et monté et descendu quelques-unes de ses 7 collines. Nous avons ensuite pris le train vers Morges, ville voisine bordant aussi le lac Léman, où se tenait un petit festival littéraire. Pour à peine quelques francs (la Suisse n’appartient pas à la zone Euro), nous avons assisté à une mini-discussion avec Eric Emmanuel Schmidt – eh ouais, rien de moins – puis à la projection de son film Oscar et la dame rose dont j’avais lu le livre mais pas encore eu la chance de voir le film. Je vous le conseille. Mignon, tendre, sérieux, drôle, et qui au bout du compte nous fait remettre beaucoup de choses en perspective. Le concert de mouchage qui a suivi la projection dans la salle de cinéma nous a tout de même rendu le sourire assez rapidement.

Falafels végé, soupe froide de concombre, tomates-mozarelle et pitas-chips aux herbes étaient au menu de ce deuxième souper au petit resto Chez Kalem et Simon, encore une fois très très bon.

Nous avons eu une magnifique journée lundi, malgré un matin frisquet. Kalem et moi avons encore une fois pris le train, cette fois en direction de Saint-Saphorin, dans le Lavaux. Là, nous avons emprunté un circuit de tourisme pédestre traversant tour à tour vignobles et petits villages pittoresques, puis longeant le lac Léman. La promenade était ma-gni-fique (photos suivront). Nous avons ainsi marché jusqu’à Ouchy, juste sous Lausanne, en nous arrêtant un petit moment en chemin pour prendre un sorbet devant cet incroyable panorama : le lac, les montagnes vertigineuses, le ciel bleu, la jolie petite marina, les cygnes qui se baignent sur le rivage, les enfants qui s’amusent. Parfois le temps s’arrête.

Nous sommes repassées rapidement (trop rapidement) à l’appartement pour manger un morceau et faire notre bagage, puis avons rejoint Adèle, sœur de Kalem habitant la Suisse depuis 10 ans, ainsi qu’une de ses amies, la sympathique Joëlle. Toutes les quatre nous sommes dirigées vers Yverdon-les-bains pour une petite soirée spa bien méritée après nos quatre heures de marche sous le soleil. Avons bien ri, bien papoté, un peu relaxé. On nous faisait les gros yeux parce qu’on parlait trop fort, mais ç’aurait été beaucoup moins amusant de garder le silence…

Kalem et moi avons dormi chez Adèle ce soir-là, à Rolles, plus près de l’aéroport de Genève que Lausanne ne l’est. Nous avons dormi quelques heures à peine, pour attraper notre train vers 5h15, puis notre vol à 7h50. Je n’ai jamais eu si peu conscience d’avoir pris un avion! Il faut dire que le vol vers Berlin n’était que d’une heure quarante, et que j’avais eu une très courte nuit… je me suis endormie sitôt l’avion décollé, pour ne me réveiller qu’à la secousse d’atterrissage, et même là! J’ai continué de sommeiller jusqu’au déclic synchronisé des ceintures de sécurité. Et vous savez ce qu’il y a de merveilleux en Europe? L’absence de douanes. Vous imaginez? Sortir de l’avion comme on descend d’un train ou d’un bus? De plus nous n’avions qu’un sac à dos alors même pas la peine d’attendre nos bagages. Ça c’est de l’express, oh la la!

Je dois m’interrompre pour me rendre une nouvelle fois à Morges, où se tient ce week-end un petit festival musical. À bien vite pour Berlin et la suite!

1 commentaire:

Bdube30 a dit…

Très intéressant ton blogue :)

Ça me fait penser au voyage que j'entreprends dans moins d'une semaine, qui est différents du tiens. J'ai quand même très hâte de faire des découverte et de faire face au dépaysement comme tu l'as fait.

Bonne suite à ton voyage et profite en bien.

Benjamin