Alors voilà. Presque une semaine que je suis partie, une
semaine pendant laquelle ce que disent les gens que je retrouve ou rencontre et
les lieux que je visite me semble beaucoup plus intéressant que ma petite
histoire; une semaine que j’oublie un peu qui je suis, d’où je viens, où je
travaille – et le sentiment de culpabilité lié aux tâches laissées à mes
collègues -, ce que j’aurais pu fuir, ou voulu gagner. J’en viens à me définir
autrement : je suis un décollage de Montréal, un entre deux gares françaises,
une pluie froide, la troisième bise suissesse, une vue époustouflante du lac
Léman. Je suis une page de Lonely planet, un silence contemplatif, une bière
allemande, ich bin ein berliner.
À la fois, je me sens tellement vivante, à prendre l’avion –
ou à le presque rater - ou le train seule, à me perdre doucement dans une ville
nouvelle sans carte ni repères, à tant apprendre, tant voir.
Aujourd’hui il fait beau à Lausanne, chaud et froid à la
fois, selon qu’on se trouve à l’ombre ou au soleil. Je vous écris depuis la
terrasse ombragée du Bubble café, « une bulle de nature au cœur de la
ville », après un agréable dîner avec Stéphanie, Suissesse connue au
Québec via Dom avec qui elle travaillait, puis une courte balade Lausannoise en
solitaire, petite respiration après du 24h/24 avec Kalem à Berlin. Allez, je
vous raconte depuis le début.
Arrivée à Lausanne samedi dernier, un peu avant 15h, après
mon vol air transatien et 3 trains à vitesses variables où j’osais plus ou
moins fermer l’œil de peur de manquer ma station. Kalem m’attendait à la gare,
quoique au mauvais quai (!) et nous avons rapidement pris le chemin vers chez
elle. Je ne l’avais pas vue depuis février, pourtant, et malgré le cliché de la
chose, j’avais l’impression de l’avoir vue quelques jours plus tôt. Sans doute
nos séances de skype aidant, ou simplement l’essence de l’amitié qui nous lie.
Je pensais m’écrouler en arrivant à l’appartement, surtout
après la montée de colline depuis la place de la Riponne, où se situe le métro
le plus près, de même que le musée où travaille Kalem. Simon, le copain suisse
de Kalem, était à l’appartement à notre arrivée. Nous nous sommes installés
tous les trois à la table de leur grand jardin, et avons fait une mise à jour
de nos vies ma foi assez étendue, reléguant la sieste à plus tard, toujours
plus tard. Simon et Kalem sont allés faire des courses pour le souper pendant
que je sautais (me trainais) sous la douche, et m’ont trouvée assoupie dans le
gros coussin orange à leur retour. Je n’avais encore une fois dormi que
quelques minutes, maximum un quart d’heure.
Nous avons soupé d’un délicieux curry au saumon et de
pâtisseries suisses pour dessert, avec bougies pour souligner mon récent
anniversaire manqué. J’ai d’ailleurs eu droit à un charmant assortiment de plaisirs
suisses en cadeau : cristal de roche des Alpes, crème à mains locale,
boucles d’oreilles d’un artisan, douceurs sucrées…
Et ensuite, ensuite! Eh bien j’ai dormi. D’un sommeil tout
de même agité pour l’état de fatigue dans lequel je me trouvais, mais malgré
tout récupérateur. Jess et Pascal seront heureux d’apprendre que j’ai ainsi
réussi à casser mon décalage horaire (invention touristique) dès le premier
jour ;)
Dimanche était malheureusement un jour morne et gris, entre
autres parce qu’en Suisse tout est fermé le dimanche. Kalem et moi avons malgré
cela arpenté quelque peu les rues de Lausanne, avons visité sa cathédrale,
sommes passées devant son château, avons monté et descendu et monté et descendu
quelques-unes de ses 7 collines. Nous avons ensuite pris le train vers Morges,
ville voisine bordant aussi le lac Léman, où se tenait un petit festival
littéraire. Pour à peine quelques francs (la Suisse n’appartient pas à la zone
Euro), nous avons assisté à une mini-discussion avec Eric Emmanuel Schmidt – eh
ouais, rien de moins – puis à la projection de son film Oscar et la dame rose dont j’avais lu le livre mais pas encore eu
la chance de voir le film. Je vous le conseille. Mignon, tendre, sérieux, drôle,
et qui au bout du compte nous fait remettre beaucoup de choses en perspective.
Le concert de mouchage qui a suivi la projection dans la salle de cinéma nous a
tout de même rendu le sourire assez rapidement.
Falafels végé, soupe froide de concombre, tomates-mozarelle
et pitas-chips aux herbes étaient au menu de ce deuxième souper au petit resto
Chez Kalem et Simon, encore une fois très très bon.
Nous avons eu une magnifique journée lundi, malgré un matin
frisquet. Kalem et moi avons encore une fois pris le train, cette fois en
direction de Saint-Saphorin, dans le Lavaux. Là, nous avons emprunté un circuit
de tourisme pédestre traversant tour à tour vignobles et petits villages
pittoresques, puis longeant le lac Léman. La promenade était ma-gni-fique
(photos suivront). Nous avons ainsi marché jusqu’à Ouchy, juste sous Lausanne,
en nous arrêtant un petit moment en chemin pour prendre un sorbet devant cet
incroyable panorama : le lac, les montagnes vertigineuses, le ciel bleu,
la jolie petite marina, les cygnes qui se baignent sur le rivage, les enfants
qui s’amusent. Parfois le temps s’arrête.
Nous sommes repassées rapidement (trop rapidement) à
l’appartement pour manger un morceau et faire notre bagage, puis avons rejoint
Adèle, sœur de Kalem habitant la Suisse depuis 10 ans, ainsi qu’une de ses
amies, la sympathique Joëlle. Toutes les quatre nous sommes dirigées vers
Yverdon-les-bains pour une petite soirée spa bien méritée après nos quatre
heures de marche sous le soleil. Avons bien ri, bien papoté, un peu relaxé. On
nous faisait les gros yeux parce qu’on parlait trop fort, mais ç’aurait été
beaucoup moins amusant de garder le silence…
Kalem et moi avons dormi chez Adèle ce soir-là, à Rolles,
plus près de l’aéroport de Genève que Lausanne ne l’est. Nous avons dormi
quelques heures à peine, pour attraper notre train vers 5h15, puis notre vol à
7h50. Je n’ai jamais eu si peu conscience d’avoir pris un avion! Il faut dire
que le vol vers Berlin n’était que d’une heure quarante, et que j’avais eu une
très courte nuit… je me suis endormie sitôt l’avion décollé, pour ne me
réveiller qu’à la secousse d’atterrissage, et même là! J’ai continué de
sommeiller jusqu’au déclic synchronisé des ceintures de sécurité. Et vous savez
ce qu’il y a de merveilleux en Europe? L’absence de douanes. Vous imaginez? Sortir
de l’avion comme on descend d’un train ou d’un bus? De plus nous n’avions qu’un
sac à dos alors même pas la peine d’attendre nos bagages. Ça c’est de l’express,
oh la la!
Je dois m’interrompre pour me rendre une nouvelle fois à
Morges, où se tient ce week-end un petit festival musical. À bien vite pour
Berlin et la suite!
1 commentaire:
Très intéressant ton blogue :)
Ça me fait penser au voyage que j'entreprends dans moins d'une semaine, qui est différents du tiens. J'ai quand même très hâte de faire des découverte et de faire face au dépaysement comme tu l'as fait.
Bonne suite à ton voyage et profite en bien.
Benjamin
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