jeudi 26 septembre 2013

Dans le sud de la France



Une nouvelle fois, je me prends à souhaiter que le Québec se dote d’un réseau ferroviaire aussi étendu que celui de la France, de l’Europe. Quel plaisir de voyager de cette façon, et quel merveilleux moment pour vous écrire. Un temps inspirant et productif de tant de manières.

Mon père et moi sommes montés à bord du TGV 6116 en direction de Paris - Gare de Lyon il y a une quinzaine de minutes, à partir de la gare TGV d’Aix en Provence, où j’ai ressenti non pas une impression de déjà vu, mais plutôt une certitude. Ce devait être en 2007, je devais venir de Grenoble, aller vers Cassis. Je ne m’en souvenais pas, mais je connaissais déjà ce lieu, stocké dans un coin reculé de ma mémoire. Repères insoupçonnés.

C’était donc samedi soir que je concluais l’épisode italien, rompue de fatigue, dans notre ministudio de Mandelieu-la-Napoule - à quelques kilomètres de Cannes. Le lendemain, dimanche, fut consacré à suivre (longuement) la sinueuse petite route longeant la Méditerranée jusqu’à Nice, où nous avons marché un peu sur la Promenade des Anglais, front de mer, et dans les petites rues de la vieille ville, entre ses commerces à l’authenticité discutable et ses jolies places et terrasses.

Je ne vous dis pas le temps que nous avons dû perdre à nous localiser dans la ville – pas seulement à Nice, en général! - puis à trouver un stationnement, et je vous dis encore moins (je n’ose même pas me le dire à moi-même) ce que nous avons dû payer en tarifs de stationnement au fil du voyage. Mais bon, voilà qui fait partie de l’aventure…

Lundi, nous avons embarqué les valises, emprunté notre chère petite route sinueuse en sens inverse, soit vers l’ouest cette fois, et sommes allés jusqu’à Saint-Tropez, oh oui très jolie, que nous avons visitée à pied. Re-charmantes petites rues, re-boutiques, cette fois moins touristiques et plus haut de gamme toutefois. Sandwich sur le port, minipromenade en bord de mer, sages sages sur les achats. Nous avons ensuite traversé la pointe jusqu’à Ramatuelle, où nous nous sommes arrêtés à une très belle plage. À tour de rôle nous nous sommes baignés dans la fraiche (!) mer au sable doux, nous sommes assoupis, avons lu, et écrit dans mon cas. Nous avons enfin repris la route jusqu’à Aix-en-Provence, où nous avons passé les 3 dernières nuits, dans une chambre très correcte.

Le soir de notre arrivée, le commis à l’accueil (très bon accueil d’ailleurs) nous a remis une carte de la ville en nous indiquant la soi-disant très simple façon de nous rendre au centre-ville, et la soi-disant très simple façon de s’y repérer. Hum. Nous avons tourné, tourné, retourné… et avons fini par acheter une pizza pour emporter au bord du périphérique, et rentrer à la chambre, en tournant, tournant, retournant. Cher GPS, que tu m’as manqué par moments, notamment celui-là! (Petite parenthèse : semblerait que l’aéroport de Montréal ait retrouvé « quelque chose » appartenant à mon père quelques jours après son arrivée!) Bref, nous avons dû avoir recours au micro-ondes pour réchauffer notre pizza une fois arrivés.

Mardi. Petite halte à la gare de Aix pour acheter nos billets pour Paris (je m’en mords les doigts, j’aurais dû les acheter dès mon arrivée à Lyon, le 7 septembre, nous aurions payé la moitié du prix). Café-viennoiseries au soleil, petit arrêt. Puis cap sur Marseille, 30 minutes de route, 40 pour s’y retouver et dénicher un stationnement! Nous avons toutefois fort bien trouvé, à proximité du très beau palais Longchamp et pile au coin de l’artère principale menant au vieux port. J’ai pu faire un arrêt-librairie pour renflouer mes stocks de lecture, sentant approcher la fin de Danser a capella de Simon Boulerice :)

Depuis notre arrivée en France, il faisait un temps magnifique, pas un nuage, chaud, sec; et cette journée ne faisait pas exception. Nous avons pu savourer ce beau temps à l’occasion d’une petite excursion en bateau nous menant dans les célèbres et très belles calanques (bras de mer) de Marseille, mon cadeau d’anniversaire de la part de mon père. J’avais eu l’occasion d’explorer quelques calanques à pied depuis Cassis, petit village à l’est de Marseille, il y a quelques années, mais les voir depuis la mer, traverser le port de Marseille - lui-même bâti au cœur d’une calanque -, longer l’île du château d’If, quitter la terre ferme, fermer les yeux, respirer… pour une fois me laisser transporter sans devoir être attentive aux noms de rue, aux sorties de ronds-points, aux indications de stationnement… Il faut l’état de passivité pour expérimenter l’abandon. Ce fut, en résumé, deux très belles heures.

Nous avions ensuite rendez-vous avec Léo, un ami je dirais désormais mi-français mi-québécois vu le temps qu’il a passé à Montréal vs en France ces dernières années, et qui habite présentement à Marseille. Nous avons eu le plaisir d’une visite utlra-exclusive du port, de la Maison du pastis - une institution -, et du « panier » de la ville, avec parcelles d’anecdotes et d’histoire; le plaisir aussi de rencontrer sa sympathique nouvelle flamme devant tapas et quelques bières. Ce bonheur simple et singulier de retrouver une personne que l’on connaît dans un contexte qui n’a rien à voir. Une très belle soirée, très sincèrement. Grâce aux précieux conseils de Léo et d’Armelle, nous avons réussi à sortir de Marseille en moins d’une minute, un exploit.

Marseille, en quelques mots, a cette mauvaise réputation que j’aurais envie d’atténuer. Certes, nous avons grosso modo arpenté ses plus beaux quartiers, et son statut de capitale européenne de la culture 2013 aidait (de nombreuses sculptures, de Dali entre autres, ornaient son port, et des expos spéciales se tenaient aux alentours), mais l’idée que je garde de Marseille est celle d’une ville vivante, vraie. Après les petits quartiers léchés de la Côte d’azur, Marseille détonnait par son énergie un peu brouillonne, multiethnique, authentique.

Petit fait cocasse. Au cours de la journée, j’avais acheté un sandwich que je n’avais pas terminé et que j’avais gardé pour plus tard. En rentrant à la chambre en fin de soirée, fatiguée et peut-être légèrement affectée par la bière, j’ai mis au frigo ce qu’il restait de mon sandwich, préservé dans un petit sachet de papier kraft. Le lendemain matin, en vidant mon sac à dos, j’ai eu la surprise de retrouver tout au fond… mon bout de sandwich. Dans le frigo se trouvait un petit souvenir acheté à Marseille, emballé également dans un papier kraft, mais qui n’avait nullement besoin d’être préservé au frais! Disons simplement que le bout de sandwich a pris le chemin de la poubelle, et que j’ai passé la journée à rire au souvenir de ma méprise.

Ce qui nous mène à hier, journée cette fois assez grise, mais tout de même entrecoupée d’éclaircies. Nous avions convenu de passer une journée tranquille à Aix, que nous n’avions pas vraiment visitée encore. J’ai donc pu m’accorder une bienfaitrice grasse matinée – mon corps semble vouloir s’ajuster à l’heure du Québec petit à petit, j’ai de plus en plus de mal à me coucher le soir. Nous avons réussi sans trooop de mal à stationner la voiture près du centre, et avons sillonné en tous sens, repassant même plusieurs fois dans certains rues, le petit centre aixois, animé et sans prétention. Sauf ce serveur hautain pas foutu de comprendre le mot « pâtisserie » issu de ma bouche québécoise. Passons.

Après quelques achats-souvenirs, visite des nombreuses librairies de la ville, et un rigoureux ratissage du centre, nous nous sommes attablés à la terrasse d’un café-bar et avons enfilé cafés et apéro, en lisant et en écrivant. J’ai réussi, à l’aide d’une myriade de listes, à faire un ménage considérable dans les tiroirs de ma tête que je me forçais (avec un succès très relatif) à garder fermés, en mode « avion », depuis mon départ. L’heure du retour commence à se faire sentir de manière bien réelle (plus que trois nuits), et avec elle l’heure des bilans, des résolutions.

Le plus beau des voyages, du moins de celui-ci, aura été fait de rencontres, de retrouvailles. Que ce soit Kalem, Simon et Kashmir, Chocho, Léo, Armelle et Stéphanie, la famille de Béatrice chez Viticcio, Veronica chez Monsanto, ou encore les compatriotes québécois croisés sur notre route. Hasards et rendez-vous, ce sont les gens, beaucoup, qui auront créé ce voyage, cette expérience, ce nouveau souvenir.

Mais reste encore Paris! Je m’efforce d’aborder ces trois derniers jours avec l’enthousiasme que mérite la Ville Lumière, comme si c’était une nouvelle première fois. Nous logerons dans un micro-studio de Montmartre, à deux pas du café des 2 moulins où travaillait Amélie Poulain. Ça va hein la vie? Ya pire quand même ;)

Je vous dis à tout bientôt pour la suite et fin…

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