Une nouvelle fois, je me prends à souhaiter que le Québec se
dote d’un réseau ferroviaire aussi étendu que celui de la France, de l’Europe.
Quel plaisir de voyager de cette façon, et quel merveilleux moment pour vous
écrire. Un temps inspirant et productif de tant de manières.
Mon père et moi sommes montés à bord du TGV 6116 en
direction de Paris - Gare de Lyon il y a une quinzaine de minutes, à partir de
la gare TGV d’Aix en Provence, où j’ai ressenti non pas une impression de déjà
vu, mais plutôt une certitude. Ce devait être en 2007, je devais venir de
Grenoble, aller vers Cassis. Je ne m’en souvenais pas, mais je connaissais déjà
ce lieu, stocké dans un coin reculé de ma mémoire. Repères insoupçonnés.
C’était donc samedi soir que je concluais l’épisode italien,
rompue de fatigue, dans notre ministudio de Mandelieu-la-Napoule - à quelques
kilomètres de Cannes. Le lendemain, dimanche, fut consacré à suivre
(longuement) la sinueuse petite route longeant la Méditerranée jusqu’à Nice, où
nous avons marché un peu sur la Promenade des Anglais, front de mer, et dans
les petites rues de la vieille ville, entre ses commerces à l’authenticité discutable
et ses jolies places et terrasses.
Je ne vous dis pas le temps que nous avons dû perdre à nous
localiser dans la ville – pas seulement à Nice, en général! - puis à trouver un
stationnement, et je vous dis encore moins (je n’ose même pas me le dire à
moi-même) ce que nous avons dû payer en tarifs de stationnement au fil du
voyage. Mais bon, voilà qui fait partie de l’aventure…
Lundi, nous avons embarqué les valises, emprunté notre chère
petite route sinueuse en sens inverse, soit vers l’ouest cette fois, et sommes
allés jusqu’à Saint-Tropez, oh oui très jolie, que nous avons visitée à pied.
Re-charmantes petites rues, re-boutiques, cette fois moins touristiques et plus
haut de gamme toutefois. Sandwich sur le port, minipromenade en bord de mer,
sages sages sur les achats. Nous avons ensuite traversé la pointe jusqu’à
Ramatuelle, où nous nous sommes arrêtés à une très belle plage. À tour de rôle
nous nous sommes baignés dans la fraiche (!) mer au sable doux, nous sommes
assoupis, avons lu, et écrit dans mon cas. Nous avons enfin repris la route
jusqu’à Aix-en-Provence, où nous avons passé les 3 dernières nuits, dans une
chambre très correcte.
Le soir de notre arrivée, le commis à l’accueil (très bon
accueil d’ailleurs) nous a remis une carte de la ville en nous indiquant la
soi-disant très simple façon de nous rendre au centre-ville, et la soi-disant
très simple façon de s’y repérer. Hum. Nous avons tourné, tourné, retourné… et
avons fini par acheter une pizza pour emporter au bord du périphérique, et
rentrer à la chambre, en tournant, tournant, retournant. Cher GPS, que tu m’as
manqué par moments, notamment celui-là! (Petite parenthèse : semblerait
que l’aéroport de Montréal ait retrouvé « quelque chose » appartenant
à mon père quelques jours après son arrivée!) Bref, nous avons dû avoir recours
au micro-ondes pour réchauffer notre pizza une fois arrivés.
Mardi. Petite halte à la gare de Aix pour acheter nos billets
pour Paris (je m’en mords les doigts, j’aurais dû les acheter dès mon arrivée à
Lyon, le 7 septembre, nous aurions payé la moitié du prix). Café-viennoiseries
au soleil, petit arrêt. Puis cap sur Marseille, 30 minutes de route, 40 pour
s’y retouver et dénicher un stationnement! Nous avons toutefois fort bien
trouvé, à proximité du très beau palais Longchamp et pile au coin de l’artère
principale menant au vieux port. J’ai pu faire un arrêt-librairie pour
renflouer mes stocks de lecture, sentant approcher la fin de Danser a capella de Simon
Boulerice :)
Depuis notre arrivée en France, il faisait un temps
magnifique, pas un nuage, chaud, sec; et cette journée ne faisait pas
exception. Nous avons pu savourer ce beau temps à l’occasion d’une petite
excursion en bateau nous menant dans les célèbres et très belles calanques
(bras de mer) de Marseille, mon cadeau d’anniversaire de la part de mon père.
J’avais eu l’occasion d’explorer quelques calanques à pied depuis Cassis, petit
village à l’est de Marseille, il y a quelques années, mais les voir depuis la
mer, traverser le port de Marseille - lui-même bâti au cœur d’une calanque -, longer
l’île du château d’If, quitter la terre ferme, fermer les yeux, respirer… pour
une fois me laisser transporter sans devoir être attentive aux noms de rue, aux
sorties de ronds-points, aux indications de stationnement… Il faut l’état de
passivité pour expérimenter l’abandon. Ce fut, en résumé, deux très belles
heures.
Nous avions ensuite rendez-vous avec Léo, un ami je dirais
désormais mi-français mi-québécois vu le temps qu’il a passé à Montréal vs en
France ces dernières années, et qui habite présentement à Marseille. Nous avons
eu le plaisir d’une visite utlra-exclusive du port, de la Maison du pastis -
une institution -, et du « panier » de la ville, avec parcelles
d’anecdotes et d’histoire; le plaisir aussi de rencontrer sa sympathique
nouvelle flamme devant tapas et quelques bières. Ce bonheur simple et singulier
de retrouver une personne que l’on connaît dans un contexte qui n’a rien à voir.
Une très belle soirée, très sincèrement. Grâce aux précieux conseils de Léo et
d’Armelle, nous avons réussi à sortir de Marseille en moins d’une minute, un
exploit.
Marseille, en quelques mots, a cette mauvaise réputation que
j’aurais envie d’atténuer. Certes, nous avons grosso modo arpenté ses plus
beaux quartiers, et son statut de capitale européenne de la culture 2013 aidait
(de nombreuses sculptures, de Dali entre autres, ornaient son port, et des
expos spéciales se tenaient aux alentours), mais l’idée que je garde de
Marseille est celle d’une ville vivante, vraie. Après les petits quartiers
léchés de la Côte d’azur, Marseille détonnait par son énergie un peu
brouillonne, multiethnique, authentique.
Petit fait cocasse. Au cours de la journée, j’avais acheté
un sandwich que je n’avais pas terminé et que j’avais gardé pour plus tard. En
rentrant à la chambre en fin de soirée, fatiguée et peut-être légèrement
affectée par la bière, j’ai mis au frigo ce qu’il restait de mon sandwich,
préservé dans un petit sachet de papier kraft. Le lendemain matin, en vidant
mon sac à dos, j’ai eu la surprise de retrouver tout au fond… mon bout de
sandwich. Dans le frigo se trouvait un petit souvenir acheté à Marseille,
emballé également dans un papier kraft, mais qui n’avait nullement besoin d’être
préservé au frais! Disons simplement que le bout de sandwich a pris le chemin
de la poubelle, et que j’ai passé la journée à rire au souvenir de ma méprise.
Ce qui nous mène à hier, journée cette fois assez grise,
mais tout de même entrecoupée d’éclaircies. Nous avions convenu de passer une journée
tranquille à Aix, que nous n’avions pas vraiment visitée encore. J’ai donc pu
m’accorder une bienfaitrice grasse matinée – mon corps semble vouloir s’ajuster
à l’heure du Québec petit à petit, j’ai de plus en plus de mal à me coucher le
soir. Nous avons réussi sans trooop de mal à stationner la voiture près du
centre, et avons sillonné en tous sens, repassant même plusieurs fois dans
certains rues, le petit centre aixois, animé et sans prétention. Sauf ce
serveur hautain pas foutu de comprendre le mot « pâtisserie » issu de
ma bouche québécoise. Passons.
Après quelques achats-souvenirs, visite des nombreuses
librairies de la ville, et un rigoureux ratissage du centre, nous nous sommes
attablés à la terrasse d’un café-bar et avons enfilé cafés et apéro, en lisant
et en écrivant. J’ai réussi, à l’aide d’une myriade de listes, à faire un
ménage considérable dans les tiroirs de ma tête que je me forçais (avec un
succès très relatif) à garder fermés, en mode « avion », depuis mon
départ. L’heure du retour commence à se faire sentir de manière bien réelle
(plus que trois nuits), et avec elle l’heure des bilans, des résolutions.
Le plus beau des voyages, du moins de celui-ci, aura été
fait de rencontres, de retrouvailles. Que ce soit Kalem, Simon et Kashmir,
Chocho, Léo, Armelle et Stéphanie, la famille de Béatrice chez Viticcio,
Veronica chez Monsanto, ou encore les compatriotes québécois croisés sur notre
route. Hasards et rendez-vous, ce sont les gens, beaucoup, qui auront créé ce
voyage, cette expérience, ce nouveau souvenir.
Mais reste encore Paris! Je m’efforce d’aborder ces trois
derniers jours avec l’enthousiasme que mérite la Ville Lumière, comme si
c’était une nouvelle première fois. Nous logerons dans un micro-studio de
Montmartre, à deux pas du café des 2 moulins où travaillait Amélie Poulain. Ça
va hein la vie? Ya pire quand même ;)
Je vous dis à tout bientôt pour la suite et fin…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire