dimanche 29 septembre 2013

Paris-frontière


Nous y sommes, le dernier droit vers un retour au réel. Aéroport Charles-de-Gaulle terminal 3 porte A6 : la frontière séparant cette petite digression du monde auquel j’appartiens.

Pas question de vivre un stress apocalyptique pré-départ ce matin; nous nous sommes levés bien tôt pour boucler les valises et prendre métro et RER jusqu’à l’aéroport, trajet qui s’est fait sans encombre. Nous nous sommes enregistrés et avons passé la sécurité en l’espace de 10 minutes, pour enfin établir domicile à cette petite table du Pergola café 3 heures 15 avant notre heure de départ. Ça c’est de l’avance. Mais de l’avance souhaitable, qui me permet de vous raconter les trois derniers petits jours de l’aventure.

Jeudi. Après le trajet de TGV depuis Aix-en-Provence, nous avons pris RER et métro sans trop de difficultés - à peine une petite halte confuse à Châtelet-les Halles – pour rejoindre notre studio de Montmartre. Petit certes, mais néanmoins fonctionnel et agréable, une fois les trois étages montés en colimaçon avec les valises. Cette première soirée fut consacrée à l’exploration en bonne et due forme de Montmartre; place des Abesses, place du Tertre, basilique Sacré-Cœur et ses brodeurs de bracelets… puis petit souper abordable et sans prétention sur la rue Gabrielle, conseil de Lonely planet.

Vendredi : promenade sur les quais bordant les îles de la Cité et Saint-Louis, butinage chez les Bouquinistes, visite de Notre-Dame de Paris (peut-être ma mémoire me fait-elle défaut, mais je pense que je n’y étais jamais entrée avant!), petite pause lecture à l’inspirant jardin du Luxembourg, exploration du Quartier latin, de Saint-Germain-des-prés. Petit bonjour au café de Flore, à la Sorbonne, aux balcons ouvragés et belles façades, terrasses animées, gens bien habillés. Après un souper simple mais très honorable sur une rue affreusement touristique, nous avons nous-mêmes personnifié LE TOURISTE en faisant le tour de bateau-mouche by night. J’avais un peu mal au cœur à l’idée de contribuer ainsi à la pollution de la Seine (j’ai tout de même pris 4 avions en 3 semaines pourriez-vous me faire remarquer), mais le tour était agréable et instructif à plusieurs égards.

Samedi, dernier jour, il faisait gris mais nous nous en sommes tirés avec quelques gouttes seulement, et puis le temps a été très doux tout le temps que nous avons été à Paris – rien à voir avec Berlin. Nous avons entrepris la journée avec l’immanquable visite de la tour Eiffel en passant par le Trocadéro, puis avons pris le métro jusque dans le Marais, quartier dit branché de Paris que je n’avais encore jamais exploré, et qui fut une charmante découverte. On sent vite en débarquant dans le quartier que nous ne sommes plus dans le Paris des cartes postales, des photos à prendre en toutes directions, des autobus d’Asiatiques. On débarque dans le quartier et on dit ouf, on a l’impression de mieux respirer, même si là les gens respirent trendy, fashion, design. On retrouve effectivement dans le quartier de nombreux ateliers et boutiques de créateurs, de nombreux musées, mais aussi de nombreux stands de falafels, fort populaires. Nous y avons d’ailleurs mangé un savoureux sandwich sur le pouce pour dîner, ce qui faisait changement de nos innombrables sandwichs pain baguette.

Nos pas nous ont ensuite menés jusque devant le Centre Pompidou (quelle architecture!), puis nous avons suivi un très sympathique itinéraire nous faisant découvrir quelques-uns des plus beaux passages de Paris. Je crois que mon préféré est la Galerie Vivienne, avec son parterre de mosaïque et ses jolis commerces. Enfin, nous avons refait un petit tour de Montmartre où nous avons soupé de délicieuses crêpes en trinquant à notre dernière soirée.

Cette visite de Paris s’est en effet avérée une nouvelle première fois, ancrée dans un quartier très vivant (peut-être même un peu trop la nuit) et nourrie de découvertes nouvelles et parfois de redécouvertes. Je me sens sereine à l’idée de regagner Montréal, je me sens nourrie, remplie, et pourtant pas épuisée, peut-être parce que j’ai beaucoup moins marché que lors de mes précédents voyages, ayant loué une voiture à deux reprises. Ce qui m’épuise cela dit est plutôt la perspective de cette semaine à venir (retour au boulot et déménagement). Je pense que je n’aurai pas le temps de regretter les vacances, quoique…

C’est ici que je vous laisse, il est temps de monter dans l’avion, et de vous retrouver :)

À la prochaine fois!

jeudi 26 septembre 2013

Dans le sud de la France



Une nouvelle fois, je me prends à souhaiter que le Québec se dote d’un réseau ferroviaire aussi étendu que celui de la France, de l’Europe. Quel plaisir de voyager de cette façon, et quel merveilleux moment pour vous écrire. Un temps inspirant et productif de tant de manières.

Mon père et moi sommes montés à bord du TGV 6116 en direction de Paris - Gare de Lyon il y a une quinzaine de minutes, à partir de la gare TGV d’Aix en Provence, où j’ai ressenti non pas une impression de déjà vu, mais plutôt une certitude. Ce devait être en 2007, je devais venir de Grenoble, aller vers Cassis. Je ne m’en souvenais pas, mais je connaissais déjà ce lieu, stocké dans un coin reculé de ma mémoire. Repères insoupçonnés.

C’était donc samedi soir que je concluais l’épisode italien, rompue de fatigue, dans notre ministudio de Mandelieu-la-Napoule - à quelques kilomètres de Cannes. Le lendemain, dimanche, fut consacré à suivre (longuement) la sinueuse petite route longeant la Méditerranée jusqu’à Nice, où nous avons marché un peu sur la Promenade des Anglais, front de mer, et dans les petites rues de la vieille ville, entre ses commerces à l’authenticité discutable et ses jolies places et terrasses.

Je ne vous dis pas le temps que nous avons dû perdre à nous localiser dans la ville – pas seulement à Nice, en général! - puis à trouver un stationnement, et je vous dis encore moins (je n’ose même pas me le dire à moi-même) ce que nous avons dû payer en tarifs de stationnement au fil du voyage. Mais bon, voilà qui fait partie de l’aventure…

Lundi, nous avons embarqué les valises, emprunté notre chère petite route sinueuse en sens inverse, soit vers l’ouest cette fois, et sommes allés jusqu’à Saint-Tropez, oh oui très jolie, que nous avons visitée à pied. Re-charmantes petites rues, re-boutiques, cette fois moins touristiques et plus haut de gamme toutefois. Sandwich sur le port, minipromenade en bord de mer, sages sages sur les achats. Nous avons ensuite traversé la pointe jusqu’à Ramatuelle, où nous nous sommes arrêtés à une très belle plage. À tour de rôle nous nous sommes baignés dans la fraiche (!) mer au sable doux, nous sommes assoupis, avons lu, et écrit dans mon cas. Nous avons enfin repris la route jusqu’à Aix-en-Provence, où nous avons passé les 3 dernières nuits, dans une chambre très correcte.

Le soir de notre arrivée, le commis à l’accueil (très bon accueil d’ailleurs) nous a remis une carte de la ville en nous indiquant la soi-disant très simple façon de nous rendre au centre-ville, et la soi-disant très simple façon de s’y repérer. Hum. Nous avons tourné, tourné, retourné… et avons fini par acheter une pizza pour emporter au bord du périphérique, et rentrer à la chambre, en tournant, tournant, retournant. Cher GPS, que tu m’as manqué par moments, notamment celui-là! (Petite parenthèse : semblerait que l’aéroport de Montréal ait retrouvé « quelque chose » appartenant à mon père quelques jours après son arrivée!) Bref, nous avons dû avoir recours au micro-ondes pour réchauffer notre pizza une fois arrivés.

Mardi. Petite halte à la gare de Aix pour acheter nos billets pour Paris (je m’en mords les doigts, j’aurais dû les acheter dès mon arrivée à Lyon, le 7 septembre, nous aurions payé la moitié du prix). Café-viennoiseries au soleil, petit arrêt. Puis cap sur Marseille, 30 minutes de route, 40 pour s’y retouver et dénicher un stationnement! Nous avons toutefois fort bien trouvé, à proximité du très beau palais Longchamp et pile au coin de l’artère principale menant au vieux port. J’ai pu faire un arrêt-librairie pour renflouer mes stocks de lecture, sentant approcher la fin de Danser a capella de Simon Boulerice :)

Depuis notre arrivée en France, il faisait un temps magnifique, pas un nuage, chaud, sec; et cette journée ne faisait pas exception. Nous avons pu savourer ce beau temps à l’occasion d’une petite excursion en bateau nous menant dans les célèbres et très belles calanques (bras de mer) de Marseille, mon cadeau d’anniversaire de la part de mon père. J’avais eu l’occasion d’explorer quelques calanques à pied depuis Cassis, petit village à l’est de Marseille, il y a quelques années, mais les voir depuis la mer, traverser le port de Marseille - lui-même bâti au cœur d’une calanque -, longer l’île du château d’If, quitter la terre ferme, fermer les yeux, respirer… pour une fois me laisser transporter sans devoir être attentive aux noms de rue, aux sorties de ronds-points, aux indications de stationnement… Il faut l’état de passivité pour expérimenter l’abandon. Ce fut, en résumé, deux très belles heures.

Nous avions ensuite rendez-vous avec Léo, un ami je dirais désormais mi-français mi-québécois vu le temps qu’il a passé à Montréal vs en France ces dernières années, et qui habite présentement à Marseille. Nous avons eu le plaisir d’une visite utlra-exclusive du port, de la Maison du pastis - une institution -, et du « panier » de la ville, avec parcelles d’anecdotes et d’histoire; le plaisir aussi de rencontrer sa sympathique nouvelle flamme devant tapas et quelques bières. Ce bonheur simple et singulier de retrouver une personne que l’on connaît dans un contexte qui n’a rien à voir. Une très belle soirée, très sincèrement. Grâce aux précieux conseils de Léo et d’Armelle, nous avons réussi à sortir de Marseille en moins d’une minute, un exploit.

Marseille, en quelques mots, a cette mauvaise réputation que j’aurais envie d’atténuer. Certes, nous avons grosso modo arpenté ses plus beaux quartiers, et son statut de capitale européenne de la culture 2013 aidait (de nombreuses sculptures, de Dali entre autres, ornaient son port, et des expos spéciales se tenaient aux alentours), mais l’idée que je garde de Marseille est celle d’une ville vivante, vraie. Après les petits quartiers léchés de la Côte d’azur, Marseille détonnait par son énergie un peu brouillonne, multiethnique, authentique.

Petit fait cocasse. Au cours de la journée, j’avais acheté un sandwich que je n’avais pas terminé et que j’avais gardé pour plus tard. En rentrant à la chambre en fin de soirée, fatiguée et peut-être légèrement affectée par la bière, j’ai mis au frigo ce qu’il restait de mon sandwich, préservé dans un petit sachet de papier kraft. Le lendemain matin, en vidant mon sac à dos, j’ai eu la surprise de retrouver tout au fond… mon bout de sandwich. Dans le frigo se trouvait un petit souvenir acheté à Marseille, emballé également dans un papier kraft, mais qui n’avait nullement besoin d’être préservé au frais! Disons simplement que le bout de sandwich a pris le chemin de la poubelle, et que j’ai passé la journée à rire au souvenir de ma méprise.

Ce qui nous mène à hier, journée cette fois assez grise, mais tout de même entrecoupée d’éclaircies. Nous avions convenu de passer une journée tranquille à Aix, que nous n’avions pas vraiment visitée encore. J’ai donc pu m’accorder une bienfaitrice grasse matinée – mon corps semble vouloir s’ajuster à l’heure du Québec petit à petit, j’ai de plus en plus de mal à me coucher le soir. Nous avons réussi sans trooop de mal à stationner la voiture près du centre, et avons sillonné en tous sens, repassant même plusieurs fois dans certains rues, le petit centre aixois, animé et sans prétention. Sauf ce serveur hautain pas foutu de comprendre le mot « pâtisserie » issu de ma bouche québécoise. Passons.

Après quelques achats-souvenirs, visite des nombreuses librairies de la ville, et un rigoureux ratissage du centre, nous nous sommes attablés à la terrasse d’un café-bar et avons enfilé cafés et apéro, en lisant et en écrivant. J’ai réussi, à l’aide d’une myriade de listes, à faire un ménage considérable dans les tiroirs de ma tête que je me forçais (avec un succès très relatif) à garder fermés, en mode « avion », depuis mon départ. L’heure du retour commence à se faire sentir de manière bien réelle (plus que trois nuits), et avec elle l’heure des bilans, des résolutions.

Le plus beau des voyages, du moins de celui-ci, aura été fait de rencontres, de retrouvailles. Que ce soit Kalem, Simon et Kashmir, Chocho, Léo, Armelle et Stéphanie, la famille de Béatrice chez Viticcio, Veronica chez Monsanto, ou encore les compatriotes québécois croisés sur notre route. Hasards et rendez-vous, ce sont les gens, beaucoup, qui auront créé ce voyage, cette expérience, ce nouveau souvenir.

Mais reste encore Paris! Je m’efforce d’aborder ces trois derniers jours avec l’enthousiasme que mérite la Ville Lumière, comme si c’était une nouvelle première fois. Nous logerons dans un micro-studio de Montmartre, à deux pas du café des 2 moulins où travaillait Amélie Poulain. Ça va hein la vie? Ya pire quand même ;)

Je vous dis à tout bientôt pour la suite et fin…

samedi 21 septembre 2013

Improbable Toscane

Improbable = qui a plus de chances de ne pas se produire que de se produire.

Les chances étaient minces, avant toute autre improbabilité, que j’entreprenne un tel voyage avec mon père. Vous en connaissez beaucoup, des filles de 26 ans qui partent comme ça avec leur paternel? À l’origine, quand le goût du voyage a commencé à me démanger au printemps, soit 2 ans après mon plus récent grand voyage, j’aurais bien sûr aimé partir avec Dom, mais ses finances d’étudiant à la maîtrise et son nouvel emploi ne lui permettaient pas beaucoup plus qu’un petit week-end en dehors de la ville. Or j’avais cette envie de grandeur, pas tout à fait raisonnable, mais pas vraiment tuable non plus. Je me suis tournée vers mon amie Roxane, avec qui j’étais allée passer une petite semaine dans le sud l’été dernier, mais pour diverses raisons nous avons aussi dû remiser notre projet cinque terresque. Alors j’ai passé en revue mes amis facebook à la recherche d’un(e) potentiel(le) partenaire de voyage, et j’ai fini par envisager de partir avec mon père, qui rêvait vaguement d’une aventure européenne depuis quelque temps. Pourquoi pas! Je ne vous cache pas que ses contacts viticoles en tant que directeur de SAQ ont joué en sa faveur, et que je suis heureuse et reconnaissante d’en bénéficier ces derniers jours. Je vous raconte.

Retour à dimanche. Arrivée à Florence à midi tel que prévu, sous un ciel nuageux mais tout de même clément, je me suis rendue sans trop d’embûches au petit hôtel réservé par mon père, où j’ai pu déposer ma valise. S’est ensuivie une petite balade dans la ville, pèlerinage en lieux déjà arpentés, quelque deux ans auparavant. C’était assez étrange, cette pseudo-familiarité avec la ville, étrange d’y être cette fois sans Dom, et aussi un peu sans moi, dans cet état d’absence qui caractérisait mon voyage jusque-là.

En fin de journée, le ciel s’est finalement couvert – et les vendeurs de rue métamorphosés en porte-parapluies ambulants – et je me suis dirigée vers la gare, à l’heure où j’estimais que mon père arriverait de Rome. J’ai vu passer les passagers d’un train, puis d’un deuxième, troisième, quatrième (tous séparés de +/- 30 minutes), après quoi je me suis dit que je l’avais peut-être manqué et qu’il m’attendait déjà à l’hôtel, selon le plan établi. Je pensais avoir échappé au plus gros de l’averse en entreprenant la demi-heure de marche nécessaire pour rejoindre l’hôtel, mais non. Déjà enrhumée que j’étais, je suis arrivée à destination trempée des pieds aux genoux, fatiguée et transie. Mon père n’était pas arrivé, je me suis autorisé une petite sieste en l’attendant. Mais à mon réveil, autour de 20h, il n’était toujours pas arrivé, alors que son vol devait atterrir vers midi (!). Après m’être inquiétée un peu plus sérieusement, j’ai enfin eu la bonne idée d’aller consulter le site Internet de l’aéroport de Rome, qui annonçait effectivement un retard de 3 heures. Ipso facto, mon père est arrivé moins de 20 minutes plus tard, dans une forme étonnante nous permettant de sortir souper puis visiter un peu Florence by night.

Dans sa valise, mon père apportait (ou plutôt n’apportait pas) deux surprises de taille. D’abord, s’était-il fait volé ou avait-il perdu, du moins ne les avait-il pas avec lui, sa caméra et son GPS (!!!). Ensuite, un message de Gilles nous apprit que le permis de conduire international de mon père était resté… sur la table de la cuisine. Merveilleux. J’aimerais insister ici sur le fait que notre voyage s’appuyait en grande partie sur la location de non pas une mais bien deux voitures (en Italie puis en France), pour réaliser plusieurs circuits impossibles à faire en train ou en transport en commun.

Lundi. Nous avons refait un petit tour du centre de Florence, cette fois à la belle lumière du jour, puis nous sommes rendus au bureau de location de voitures. Une bonne nouvelle : aucun problème de location avec le permis québécois de mon père (au moins avait-il celui-là en sa possession). Une moins bonne nouvelle : la compagnie ne louait pas de GPS, solution de rechange que nous avions convenu d’adopter. Nous avons donc pris possession de notre fiat 500 blanche 2 portes au cœur de Florence, armés seulement d’une carte de l’Italie entière, soit très peu précise, et d’une page de notre guide de la Toscane. Eh bien figurez-vous que je fais une copilote pas pire pantoute, et que l’instinct du touriste fait le reste. À l’ancienne quoi! Un petit mot tout de même concernant les aptitudes de conduite manuelle de mon père remontant à… plusieurs années. Pas toujours facile ;)

Nous avons rejoint le premier vignoble de notre circuit, la Fattoria Vitticio, en début d’après-midi. Léger obstacle : la confirmation de mon père pour les deux nuits que nous allions y passer n’avait pas tout à fait été envoyée à la bonne personne, nous n’étions donc pas attendus. Par chance la chambre était libre, nous avons donc pu nous y installer sans  problème, mais ouf! La chambre était belle et propre, l’accueil sympathique et le décor, au cœur des vignes : wow. (Ceux qui me lisaient lors de mes précédentes aventures savent que j’ai une dent contre la fausse publicité des cartes postales; sachez qu’il n’en est rien concernant la Toscane : c’est vraiment aussi beau que les cartes postales nous le laissent présager!)

Nous avons déposé nos valises à notre chambre et sommes allés explorer Greve in Chianti, village situé, comme son nom l’indique, dans la très belle région de Chianti (à à peine 5 minutes du vignoble) où nous avons d’ailleurs soupé (spaghetti réinventé pour mon père, risotto au vin rouge, parmesan et noisettes pour moi).

Mardi, quel réveil au sein d’un tel paysage! Après un petit déjeuner gracieusement offert par nos hôtes, nous avons pris la voiture en direction d’un petit village nous promettant un panorama incroyable après une courte montée sportive. Eh bien nous avons trouvé le village, mais n’avons jamais trouvé le sentier auquel le guide faisait référence. Nous avons tout de même marché un peu sur la route en quête de ce fameux panorama, ou de son ombre, et un peu aussi pour nous convaincre que nous avions fait un peu d’exercice.

En milieu d’après-midi, nous avons eu droit à une visite guidée du vignoble avec Beatrice, dont le grand-père a acheté la terre dans les années 60. Son nom « fattoria » (ferme) était alors attribuable à sa vocation alors bien différente d’aujourd’hui, malgré que la propriété comptait déjà une petite production vinicole. Plus tard, nous avons eu le très bel honneur de nous voir conviés à la tablée familiale en compagnie de Beatrice, de son père, sa belle-mère, ainsi que de Tim et Mary, propriétaires d’un bar à vin dans l’Illinois. La bonne chère, la bonne compagnie, et évidemment le bon vin nous laissent un souvenir très précieux de cette soirée.

Mercredi matin, nous avons dû plier bagage après une incontournable petite provision de vin. Nous avons pris la route du vignoble Castello di Monsanto (qui n’a rien à voir avec le géant chimique) à proximité du village de Poggibonsi, toujours dans la région de Chianti. Nous avons rapidement déposé nos valises dans cet étonnant… appelons-le « gîte » : ancienne école adjacente au château, au cœur de jardins fleuris, bâtiments impressionnants, sculptures de collection, cyprès, et bien sûr vignes, vignes, vignes à perte de vue, puis nous sommes allés passer l’après-midi/début de soirée à Sienne, que je n’avais jamais foulée, et qui se distingue grandement de toutes les autres villes italiennes que j’ai eu la chance de visiter jusqu’ici, ne serait-ce que par sa topographie en colline, positionnant sur un piédestal naturel le plus précieux de sa vieille ville : sa piazza del Campo, sa cathédrale inachevée, ainsi que nombre de charmantes rues et ruelles serpentantes. Mais quelle histoire de trouver un stationnement dans ce labyrinthe fortifié!

Nous savions que nous partagerions la maison avec un couple de Québécois ce soir-là, mais nous n’avions pas idée que nous passerions une si agréable soirée avec Maxim, sommelier dans un resto du Vieux-Montréal que je ne manquerai pas de visiter à mon retour, et Caroline (salutations!). Ceux-ci avaient prolongé d’une nuit leur séjour à Monsanto, ce qui expliquait que nos séjours se chevauchaient, et qui n’était pas prévu initialement, d’où l’idée d’une improbable rencontre. Nous avons partagé du bon vin jusqu’à 2 heures du matin, au fil de discussions drôles puis sérieuses puis légères puis instructives puis, puis, puis…

...le réveil de jeudi matin fut quelque peu difficile, mais le décor idyllique, puis la visite grandiose du vignoble avec Veronica (j’en connais maintenant un petit rayon sur le Chianti Classico), suivie encore une fois d’une dégustation de très bons produits me remit d’aplomb assez rapidement. Nous avons dû quitter Monsanto malheureusement aussitôt après la dégustation pour nous rendre - je sais oui, je suis vraiment à plaindre – à UNE AUTRE dégustation de vins, cette fois au vignoble Caparzo, un peu au sud de Chianti, dans la région de Montalcino. Tenez-vous bien (je l’ai fait à ce moment), nous avons dégusté pas moins de 9 produits! Vous vous direz peut-être que passé 3 ou 4 vins on ne goûte plus grand-chose, mais je vous assure que oui, car nous étions très sages dans nos quantités, en tout cas pour la plupart des vins, et parce que la gradation des produits dégustés permettait des comparaisons très appréciables. Nouvelle improbabilité : nous avons rencontré à cet endroit de fort sympathiques compatriotes de Labelle et de Mont-Tremblant, tiens donc, grand petit monde.

Nous avons passé la nuit dans un petit appartement d’agritourisme affilié à Caparzo, au presque sommet d’une belle montagne, vignes à perte de vue, again. Nous sommes allés faire quelques courses à Montalcino, où nous avons été servis par une authentique mama italienne ne parlant ni français ni anglais, mais qui parvint à force de signes à nous vendre son meilleur parmesan frais (oh que miam), avec quelques autres fromage, pain, saucisson toscan, dont nous nous sommes ensuite régalés à l’appartement.

Vendredi. Après nous être embarrés dehors à l’appartement de Caparzo, et avoir dû attendre qu’une gentille employée du vignoble vienne nous ouvrir, nous avons pris la route jusqu’à Pise, où il fut assez ardu de trouver le chemin de notre auberge. Quand j’étais venue avec Dom il y a deux ans, j’y avais connu ma meilleure expérience d’auberge de jeunesse, et j’avais la crainte d’entacher ce beau souvenir avec une moins bonne expérience cette fois. Pourtant non, notre hôte Francesco nous réservait un accueil des plus chaleureux, dans un grand logement recyclé en pension de 6 chambres. J’ai néanmoins vécu un accablant sentiment de nostalgie par rapport à ma dernière visite, à travers rues et souvenirs. Voilà qui fait partie de l’aventure, on ne croise pas seulement des vieilles briques sur un tel chemin. Je m’épargne d’ailleurs le récit de cette journée, dont je désire conserver intact le premier souvenir.

Aujourd’hui, jour de tous les obstacles! Lever tôt à Pise, sortie de ville laborieuse, grande distance sur l’autoroute, difficulté à trouver l’endroit où remettre la voiture louée à Alassio, crainte de devoir payer un jour supplémentaire pour avoir dépassé de 15 minutes l’heure de remise réglementaire (heureusement non), marche avec valises jusqu’à la gare, 2 trains jusqu’à Menton (France), re-difficulté à trouver l’endroit où louer la nouvelle voiture, pas de GPS dans la nouvelle voiture non plus, pas envie de payer le supplément, re-autoroute cette fois jusqu’à – êtes-vous bien assis? – Mandelieu-la-Napoule (ouh là), arrivés trop tard, réception fermée (heureusement qu’un gentil couple de Français a passé le coup de téléphone miracle pour nous), chambre toute petite, un seul lit, difficulté à trouver un endroit où souper, et la cerise sur le sundae : égarement total dans la ville en tentant (erreur) de prendre un raccourci vers l’hôtel (heureusement qu’un autre gentil couple de Français nous a aidés à retrouver notre chemin). Sur ce, vous comprendrez que ma moitié de lit m’appelle!

Ah oui, j’oubliais : c’est magnifique ici :)

dimanche 15 septembre 2013

Semaine 1 en quelques images













Berlin et derniers jours lausannois


6h25 du matin.

Je suis dans le train me menant à Milan, où je prendrai ma correspondance pour Florence, arrivée prévue 11h55, ce qui devrait me laisser amplement le temps de tout vous raconter. Semblerait que je traverserai de magnifiques paysages (prochain arrêt Montreux), mais pour l’instant il fait encore très noir et moi je n’ai pas sommeil.


So… Berlin! Premier constat : il fait froid. Dans notre hâte de boucler nos bagages au retour d’une chaude randonnée, nous avons présumé à tort qu’il ferait un temps doux, voire chaud, en Allemagne également. Tututut. Berlin est très au nord, et la semaine était fraiche un peu partout semble-t-il, contrairement à la semaine qui a précédé mon arrivée. Donc, il faisait froid, il faisait gris, il a plu… mais malgré tout ça Berlin nous a charmées (peut-être un peu plus Kalem, qui est carrément tombée amoureuse de la ville et qui se verrait y vivre). Effectivement, la ville a un petit quelque chose qui rappelle Montréal : une multitude de quartiers comme autant d’univers où tout le monde peut trouver sa place : branchés, grunge, huppés, classiques, bobos, artistes, fashionistas, universitaires…  Ajoutez à ces personnalités multiples la valeur historique qu’on lui connaît, entre autres son fameux mur, mais aussi de nombreux bâtiments/monuments/lieux de l’absence illustres, parfois tristement; puis une aura mythique, éclatée et unifiée à la fois. Berlin, l’indescriptible.

Nous avions réservé une petite chambre proprette dans un ancien (et très beau) couvent converti en auberge de jeunesse qui a très bien fait l’affaire, à proximité de la Podzdamer platz - pour situer les familiers.

Le premier jour, nous avons surtout silloné le quartier Mitte : Alexanderplatz, tour de la télévision, île des musées (malheureusement beaucoup de travaux), Reichtag (parlement allemand) et porte de Brandebourg (arc de triomphe symbole de division pendant la guerre froide et de réunification aujourd’hui). Kalem migraineuse et enrhumée + pluie froide et vêtements trop minces + moi-même assez fatiguée = nous sommes rentrées à l’auberge faire une sieste des plus réparatrices, après quoi nous sommes ressorties souper non loin de l’auberge, en passant par le fameux Checkpoint Charlie (jadis principal point de passage entre Berlin-Ouest et Berlin-Est). Nous sommes enfin allées nous balader du côté de Kreuzberg, quartier branché, où nous avons pris un chocolat chaud-baileys et un morceau de gâteau maison sur Oranienstrasse. J’oubliais presque! En attendant notre métro de fin de soirée, nous avons vu passer un gros rat « juteux » selon l’impression de Kalem!

Le deuxième jour, nous nous sommes d’emblée dirigées vers Prenzlauer berg, quartier que Kalem et moi avons d’un commun accord couplé au Mile-end montréalais, et qui s’est révélé une mine de bonnes adresses, devantures fleuries, boutiques coquettes, cafés originaux et… friperies vintage à petit prix. Je ne sais pas ce qui s’est emparé de moi, je ne suis généralement pas friande de vêtements de seconde main, mais, dans le contexte, ce fut une révélation. Nous étions deux gamines excitées à l’idée de dénicher, essayer, revitaliser ces vêtements délaissés. Bref, je me suis acheté quelques morceaux, dont, non négligeable, un petit manteau et un chandail de laine, même pas un luxe vu la température qu’il faisait (maximum 15 degrés et encore pluvieux) et le petit coût de nos trouvailles.

Nous avons dîné de bagels grillés et fromage à la crème et de gros bols de thé dans une chaleureuse librairie du nom de Shakespeare and sons, meublée de vieux divans un brin rococo avec une charmante bande sonore des années 50. Parfois le temps ralentit.

Nous avons plus tard arpenté l’imposante Karl-Marx Allée, large de 90 m, où se déroulaient jadis de nombreux défilés militaires, puis avons longé l’East side gallery, le plus long tronçon du mur de Berlin encore debout, ici le support d’une centaine de peintures d’artistes de partout dans le monde illustrant ce que la chute du mur leur a inspiré. Cette balade d’un peu plus d’un kilomètre demeure je pense l’un des moments forts de mon séjour à Berlin : me trouver devant ces vestiges d’une époque si peu ancienne et pourtant si éloignée de ma réalité, la transformation d’un symbole de temps sombres en une affirmation nouvelle de son identité via le processus artistique… Berlin si près de son histoire, mais l’utilisant pour se définir plutôt que de chercher à la camoufler.

Mon guide de Berlin nous a ensuite conseillé une charmante microbrasserie dans le quartier de Friedrichshain (dit secteur estudiantin), une ancienne boucherie du nom de Hops & Barley, où un contrebassiste et un guitariste mettaient l’ambiance. Touristes et berlinois y partageaient de grandes tables dans une atmosphère festive et sans prétention. Jolie visite!

Troisième jour : nous avons commencé la journée par un déjeuner au buffet de l’auberge de jeunesse où l’évolution des groupes scolaires nous a fait nous remémorer nos premiers voyages et cette énergie spéciale émanant du fait de retrouver nos camarades de classe en dehors du contexte habituel. Nous étions manifestement parmi les plus vieilles à loger à l’adresse des Three little pigs cette semaine dans tous les cas! Un mot au sujet du nom de l’auberge, que nous nous expliquions mal, du fait que le personnage de son logo ressemblait davantage à un chien qu’à un cochon, sans parler du fait qu’il n’y en avait qu’un… en fait je vous laisse constater parmi les photos qui suivront ce billet!

Non loin de notre auberge, nous sommes allées visiter le Musée du cinéma et de la télévision où j’ai pu réviser quelques notions sur l’expressionnisme allemand acquises dans un certain cours de cégep!

(Parenthèse retour au présent : la noirceur se fait bleutée et d’immenses montagnes émergent des nuages, c’est majestueux.)

Nous avons ensuite expérimenté la montée de l’ascenseur le plus rapide au monde à la Potsdamer platz (100 m en 8 secondes, j’espère ne pas dire de fausseté) pour avoir un petit panorama de la ville. Kalem et moi regardons nos photos a posteriori (les siennes surtout, j’étais assez paresseuse sur la caméra…) et mon dieu qu’il faisait gris! C’était gris, gris, gris, les trois jours! Au moins le troisième jour il faisait un peu plus doux, peut-être autour de 18 degrés, et nous étions mieux habillées il faut dire.

Nous avions un peu de rattrapage à faire sur le plan historique pour le reste de cette dernière journée, nous avons ainsi marché jusqu’à l’impressionnant mémorial de l’Holocauste, site labyrinthique de la taille d’un terrain de football où s’élèvent près de 3000 stèles d’hauteurs variées, dont certaines assez vertigineuses quand on s’aventure vers le centre. Un petit moment de recueillement s’est imposé à nous, chacune de notre côté, dans ce cimetière nouveau genre, d’où s’élevait un silence qui n’avait rien à voir avec le bruit.

Puis la place Gendarmenmarkt (belles grandes églises et chic salle de concert où répétait d’ailleurs un orchestre à notre passage – pensée pour Euphémie, ma sœur musicienne), Scheunenviertel (quartier dit juif) et sa nouvelle Synagogue, son ancien cimetière et sa missing house.

Dernière halte : la Sainte-Catherine berlinoise, la rue Kurfürstendamm (vous imaginez n’est-ce pas à quel point nous avons pu massacrer nombre de noms de rues, quartiers, etc. en trois jours?) dans le quartier de Charlottenburg. Le Routard de Kalem nous a guidées vers un coquet restaurant à la terrasse fleurie, dans une rue secondaire, où nous avons très bien mangé. Outre cette halte charmante, le quartier de Charlotte nous a laissées assez froides, par son artère très commerciale et les foules qu’elle attirait. Nous étions aussi assez fatiguées par nos trois journées bien remplies, et j’avais particulièrement mal aux pieds. Je me suis d’ailleurs laissé tenter par une paire de ballerines toutes simples, promesse d’un confort nouveau, chez le géant KaDeWe, magasin de 6 étages rappelant quelque peu la Baie ou Ogilvys par les grands noms qu’il abrite. Petit clin d’œil à mes collègues québec-américains et pensée spéciale pour François Gravel : j’ai croisé dans ce quartier une certaine rue du nom de Joachimstaler…

Que serait un tel périple sans un bon épisode final de course contre la montre pour attraper notre avion de retour? Eh ouais… C’est fou, on vit une fois un tel stress (cf billet de mai 2011 pour les curieux) et on se dit que plus jamais on ne nous reprendra dans une telle situation de stress, et pourtant! Kalem et moi avions pris pour acquis (ne jamais rien prendre pour acquis…) que les s-bahn vers l’aéroport passaient assez fréquemment, mais nous avons tapé du pied pendant une grosse demi-heure à la station Sudkreuz pour prendre notre correspondance. Puis nous nous sommes rongé les ongles toute la durée du trajet, avons couru jusqu’au terminal B pour passer la sécurité, avons tenté un dépassement sans trop de succès dans la file d’attente, et sprint final jusqu’à la fatidique gate 59 qui indiquait « gate closed » au tableau des départs. J’ignore s’il y avait vraiment de la musique qui jouait à ce moment, mais dans ma tête je vous jure que oui, une bande sonore très à propos, pendant que nous nous faufilions entre valises, voyageurs, boutiques duty-free, pour finalement arriver à notre porte à temps. Soulagement. Je n’ai cette fois pas fermé l’œil du trajet, trop adrénalinée par notre course folle.

Adèle, qui travaille à l’aéroport de Genève, nous avait gentiment attendues pour nous reconduire jusqu’à Lausanne, la « maison ». La grasse matinée de vendredi a été un bonheur. Puis journée tranquille que vous connaissez déjà (dîner avec Stéphanie, balade dans la ville et blogue au Bubble café). Ce qui nous mène à vendredi soir, re-Morges. C’était le festival de musique Paillotte, essentiellement rock mais assez familial, avec de nombreux stands de nourriture, de bière, des tables à pique-nique, et l’inégalable vue sur le lac Léman, et même le mont Blanc enneigé. Je m’y étais rendue avec Kalem seulement, puis Simon et un ami à lui nous ont rejointes plus tard. Ce fut une soirée franchement très agréable! Je vous propose la découverte d’un band genevois du nom de Animen, qualifié de rock alternatif ou quelque chose dans ce bout-là, dont je ramène le dernier album dans ma valise. Très chouette découverte en ce qui me concerne.

Puis samedi, hier, dernier jour à Lausanne. Kalem m’avait offert, dans mon assortiment de surprises suisses, une mini-manucure avec vernis à ongle de marque locale, ainsi nous avons fait un arrêt beauté en allant à la gare retirer mes billets de train pour Florence, puis dernière déambulation lausannoise pour moi.

Simon avait emprunté la voiture de ses parents en vue d’une dernière escapade suisse en fin de journée : nous nous sommes rendus à Gruyères, petit passage à la Maison du célèbre fromage, puis dans la petite et coquette cité médiévale entourant son château. Nous sommes ensuite allés à Bulle, LA ville où il faut déguster une vraie de vraie fondue au fromage, qui était effectivement très bonne. Retour d’un personnage de la saison passée : j’avais invité Chocho des épisodes Strasbourg/Malesherbes, qui travaille désormais en Suisse et vit sur la frontière française, à se joindre à nous. Ce fut un réel plaisir de le revoir, plus de deux ans plus tard, et dans un contexte tout à fait différent! La prochaine fois ce sera au Québec, j’ai sa parole, entre autres pour un show de Great novel ;)

Vous saviez ça, vous, qu’il peut être dangereux de manger de la fondue au fromage, si on boit autre chose que du vin ou du thé bien chaud pendant et après? J’ai appris que le fromage risquait de se cimenter dans l’estomac si par exemple on l’accompagnait d’eau froide. Je n’ai pas pris le risque!

Le réveil a sonné à 5h20 ce matin, interrompant une nuit de labyrinthe de rues aux noms allemands (pas très reposante). Kashmir, madame-chat de Kalem avec laquelle j’avais eu l’occasion de cohabiter un an à Montréal, m’a fait l’honneur de me rejoindre dans mon divan-lit cette nuit, alors que toutes les nuits précédentes, et même les jours, elle avait élu un très exclusif domicile sur ma valise, ou plutôt celle que Roxane (allergique aux chats… oups) m’a prêtée. Est-ce le poil que ma Paprika avait pris soin d’y étaler les jours précédant mon départ qui a tant attirée Kashmou? Peut-être bien! Quoi qu’il en soit, je pense qu’elle était plus triste de voir partir la valise que moi ce matin.

Kalem a eu le courage (ou s’est sentie dans l’obligation ;) ) de m’accompagner jusqu’à la gare à cette heure matinale. J’avais la ferme volonté d’arriver d’avance pour ne pas être stressée, pourtant je me suis encore (!) retrouvée à courir pour attraper mon train. Bon, pas courir beaucoup, mais juste assez pour que les adieux n’aient pas le temps d’être déchirants, seulement empressés et heureux du temps partagé cette dernière semaine.

Chère Kalem, je prends ici un peu mieux le temps de t’exprimer ma gratitude pour cette magnifique semaine, parfaitement dosée entre tourisme, découverte, aventure et moments tranquilles, de simples discussions, ou de simples silences. À Simon également, merci pour votre hospitalité, pour les bons repas, thés, cafés, pour la balade à Bulle et Gruyère, pour votre amitié. J’espère pouvoir vous retourner l’ascenseur quand vous viendrez en décembre.

Retour au moment présent. Voilà plus de deux heures que nous filons vers le sud, et j’ose croire vers un temps plus chaud, c’est du moins ce que me promettait la météo il y a un jour ou deux. Mauvaise surprise, Kalem me laisse en souvenir le rhume qu’elle trainait depuis quelques jours. Alors je mouche, j’éternue, je suis toute congestionnée… et je m’en vais soigner le tout sous le soleil de Toscane :) Quoique pour l’instant il fait gris et pleut même un peu, mais je suis encore loin de ma destination.

Je pense à mon petit papa, vraisemblablement dans l’avion quelque part entre Montréal et Rome à l’heure qu’il est. Nous nous retrouverons en soirée à Florence même, où nous avons réservé une chambre dans un petit hôtel. Encore deux belles semaines de vacances devant moi, et oh que je me réjouis à cette idée.

vendredi 13 septembre 2013

Premiers jours lausannois


Alors voilà. Presque une semaine que je suis partie, une semaine pendant laquelle ce que disent les gens que je retrouve ou rencontre et les lieux que je visite me semble beaucoup plus intéressant que ma petite histoire; une semaine que j’oublie un peu qui je suis, d’où je viens, où je travaille – et le sentiment de culpabilité lié aux tâches laissées à mes collègues -, ce que j’aurais pu fuir, ou voulu gagner. J’en viens à me définir autrement : je suis un décollage de Montréal, un entre deux gares françaises, une pluie froide, la troisième bise suissesse, une vue époustouflante du lac Léman. Je suis une page de Lonely planet, un silence contemplatif, une bière allemande, ich bin ein berliner.

À la fois, je me sens tellement vivante, à prendre l’avion – ou à le presque rater - ou le train seule, à me perdre doucement dans une ville nouvelle sans carte ni repères, à tant apprendre, tant voir.

Aujourd’hui il fait beau à Lausanne, chaud et froid à la fois, selon qu’on se trouve à l’ombre ou au soleil. Je vous écris depuis la terrasse ombragée du Bubble café, « une bulle de nature au cœur de la ville », après un agréable dîner avec Stéphanie, Suissesse connue au Québec via Dom avec qui elle travaillait, puis une courte balade Lausannoise en solitaire, petite respiration après du 24h/24 avec Kalem à Berlin. Allez, je vous raconte depuis le début.

Arrivée à Lausanne samedi dernier, un peu avant 15h, après mon vol air transatien et 3 trains à vitesses variables où j’osais plus ou moins fermer l’œil de peur de manquer ma station. Kalem m’attendait à la gare, quoique au mauvais quai (!) et nous avons rapidement pris le chemin vers chez elle. Je ne l’avais pas vue depuis février, pourtant, et malgré le cliché de la chose, j’avais l’impression de l’avoir vue quelques jours plus tôt. Sans doute nos séances de skype aidant, ou simplement l’essence de l’amitié qui nous lie.

Je pensais m’écrouler en arrivant à l’appartement, surtout après la montée de colline depuis la place de la Riponne, où se situe le métro le plus près, de même que le musée où travaille Kalem. Simon, le copain suisse de Kalem, était à l’appartement à notre arrivée. Nous nous sommes installés tous les trois à la table de leur grand jardin, et avons fait une mise à jour de nos vies ma foi assez étendue, reléguant la sieste à plus tard, toujours plus tard. Simon et Kalem sont allés faire des courses pour le souper pendant que je sautais (me trainais) sous la douche, et m’ont trouvée assoupie dans le gros coussin orange à leur retour. Je n’avais encore une fois dormi que quelques minutes, maximum un quart d’heure.

Nous avons soupé d’un délicieux curry au saumon et de pâtisseries suisses pour dessert, avec bougies pour souligner mon récent anniversaire manqué. J’ai d’ailleurs eu droit à un charmant assortiment de plaisirs suisses en cadeau : cristal de roche des Alpes, crème à mains locale, boucles d’oreilles d’un artisan, douceurs sucrées…

Et ensuite, ensuite! Eh bien j’ai dormi. D’un sommeil tout de même agité pour l’état de fatigue dans lequel je me trouvais, mais malgré tout récupérateur. Jess et Pascal seront heureux d’apprendre que j’ai ainsi réussi à casser mon décalage horaire (invention touristique) dès le premier jour ;)

Dimanche était malheureusement un jour morne et gris, entre autres parce qu’en Suisse tout est fermé le dimanche. Kalem et moi avons malgré cela arpenté quelque peu les rues de Lausanne, avons visité sa cathédrale, sommes passées devant son château, avons monté et descendu et monté et descendu quelques-unes de ses 7 collines. Nous avons ensuite pris le train vers Morges, ville voisine bordant aussi le lac Léman, où se tenait un petit festival littéraire. Pour à peine quelques francs (la Suisse n’appartient pas à la zone Euro), nous avons assisté à une mini-discussion avec Eric Emmanuel Schmidt – eh ouais, rien de moins – puis à la projection de son film Oscar et la dame rose dont j’avais lu le livre mais pas encore eu la chance de voir le film. Je vous le conseille. Mignon, tendre, sérieux, drôle, et qui au bout du compte nous fait remettre beaucoup de choses en perspective. Le concert de mouchage qui a suivi la projection dans la salle de cinéma nous a tout de même rendu le sourire assez rapidement.

Falafels végé, soupe froide de concombre, tomates-mozarelle et pitas-chips aux herbes étaient au menu de ce deuxième souper au petit resto Chez Kalem et Simon, encore une fois très très bon.

Nous avons eu une magnifique journée lundi, malgré un matin frisquet. Kalem et moi avons encore une fois pris le train, cette fois en direction de Saint-Saphorin, dans le Lavaux. Là, nous avons emprunté un circuit de tourisme pédestre traversant tour à tour vignobles et petits villages pittoresques, puis longeant le lac Léman. La promenade était ma-gni-fique (photos suivront). Nous avons ainsi marché jusqu’à Ouchy, juste sous Lausanne, en nous arrêtant un petit moment en chemin pour prendre un sorbet devant cet incroyable panorama : le lac, les montagnes vertigineuses, le ciel bleu, la jolie petite marina, les cygnes qui se baignent sur le rivage, les enfants qui s’amusent. Parfois le temps s’arrête.

Nous sommes repassées rapidement (trop rapidement) à l’appartement pour manger un morceau et faire notre bagage, puis avons rejoint Adèle, sœur de Kalem habitant la Suisse depuis 10 ans, ainsi qu’une de ses amies, la sympathique Joëlle. Toutes les quatre nous sommes dirigées vers Yverdon-les-bains pour une petite soirée spa bien méritée après nos quatre heures de marche sous le soleil. Avons bien ri, bien papoté, un peu relaxé. On nous faisait les gros yeux parce qu’on parlait trop fort, mais ç’aurait été beaucoup moins amusant de garder le silence…

Kalem et moi avons dormi chez Adèle ce soir-là, à Rolles, plus près de l’aéroport de Genève que Lausanne ne l’est. Nous avons dormi quelques heures à peine, pour attraper notre train vers 5h15, puis notre vol à 7h50. Je n’ai jamais eu si peu conscience d’avoir pris un avion! Il faut dire que le vol vers Berlin n’était que d’une heure quarante, et que j’avais eu une très courte nuit… je me suis endormie sitôt l’avion décollé, pour ne me réveiller qu’à la secousse d’atterrissage, et même là! J’ai continué de sommeiller jusqu’au déclic synchronisé des ceintures de sécurité. Et vous savez ce qu’il y a de merveilleux en Europe? L’absence de douanes. Vous imaginez? Sortir de l’avion comme on descend d’un train ou d’un bus? De plus nous n’avions qu’un sac à dos alors même pas la peine d’attendre nos bagages. Ça c’est de l’express, oh la la!

Je dois m’interrompre pour me rendre une nouvelle fois à Morges, où se tient ce week-end un petit festival musical. À bien vite pour Berlin et la suite!

samedi 7 septembre 2013

Nouveau périple


C’est reparti ! Nouveau périple pour la voyageuse de mots. Je vous propose de me suivre, un peu, quand ça vous dit.

Au programme : petit parcours européen en 3 semaines. Lausanne et Berlin avec mon indéfectible Kalem, puis la Toscane, la côte d’azur et Paris père-fille, une première !

05h42 chez vous, 11h42 ici. Ayant pris mon avion hier à (votre) 17h10, je vous avoue que je m’égare entre les deux fuseaux, sonnée, fatiguée, un brin étourdie. Je suis attablée dans une petite brasserie en face de la gare de Chambéry Challes-les-Eaux, capuccino-wifi gratuit-temps à tuer en attendant mon train pour Genève, d’où je prendrai un dernier train vers Lausanne. Pas facile la vie de voyageuse.

À tout bientôt pour la suite.