dimanche 17 juillet 2011

Petit mot de la fin

Presque une semaine s’est écoulée (déjà !) depuis mon retour et je constate que je serais bien capable de repousser d’encore plusieurs jours, voire semaines, le moment de clore l’aventure par ces derniers mots.


Montréal a sorti ses beaux jours pour m’accueillir, je lui en sais gré. Cependant j’ai du mal à reprendre pied dans la réalité, plus que je m’y attendais, ou que j’espérais, ou en tout cas plus que lors de mes précédents voyages. Il faut dire que je n’étais jamais partie si longtemps… Réintégrer mon appartement, reprendre le boulot, réendosser la chape du quotidien. Il me faudra sans doute un peu de temps.


Les derniers jours à Strasbourg ont été des plus agréables : soirées entre amis, balade dans la ville, shopping (c’était les soldes !), spectacle son et lumières sur l’Ill… Et bien sûr cette fameuse fête du vin, à Pfaffenheim, où nous avons goûté du très bon vin (disponible en SAQ semble-t-il :p), dansé un brin et campé dans les vignes. Regagner Paris le lendemain n’a pas été facile !


Je me suis quelque peu donnée en spectacle à l’aéroport lundi matin, prenant tout à coup conscience que repartir, aller rejoindre mon petit confort, mes amis, ma famille, bref, ce à quoi j’aspirais, eh bien tout cela voulait également dire laisser Dom pour tout un mois. J’étais très triste. Malgré cela, quand nous nous sommes finalement séparés, c’est sans me retourner que j’ai gagné la file pour le contrôle de sécurité, me forçant dès lors à regarder devant, au propre comme au figuré, et je n’ai plus pleuré. Jusqu’à Montréal du moins, car retrouver ma famille qui m’attendait à l’aéroport m’a beaucoup remuée. Nous sommes allés pique-niquer tous ensemble et j’ai pu joyeusement procéder à ma distribution de souvenirs. Seul mon frère manquait à l’appel.


Je tente d’articuler une pensée rétrospective de mon voyage, mais ce n’est pas si facile. Je compare le voyage à une grande église : il faut du recul pour être bien en mesure d’apprécier son architecture, sa grandeur… je suis encore trop près de l’entrée, ou plutôt de la sortie dans mon cas, pour bien en juger. Pourtant je peux déjà dire que ce fut une fabuleuse expérience, cela va de soi, et, puisque c’est la question qui revient le plus souvent depuis mon retour, que le couple a bien traversé l’épreuve ;).


Je salue tous les lecteurs de cette belle et vaste aventure, fidèles et infidèles, et encore aujourd’hui, je vous dis : à la prochaine fois !

mercredi 6 juillet 2011

Regards sur Barcelone








Le début de la fin

Ce matin à Malesherbes, quand j'ai ouvert l'oeil, il faisait gris. D'accord, nous avons eu quelques bonnes averses au cours de notre voyage, entre autres 3 orages à Rome, un déluge à Bastia et une petite averse à Perpignan, mais sinon... je ne me souviens pas de mon dernier matin gris. À Strasbourg sans doute, la sécheresse n'était alors pas vraiment commencée. Quelque chose me dit que mon retour au Québec ramènera dans mon quotidien une multitude de petits matins gris, mais j'ose quand même espérer réussir à faire entrer un peu de beau temps dans mon sac à dos déjà bien rempli.

Pourtant aujourd'hui, je n'ai que faire de la grisaille. Dom et moi nous trouvons chez Chocho, dans une petite commune un peu au sud de Paris, et profitons de deux-trois jours de repos pour justement nous reposer sans nous sentir coupables. Ah, je suis fatiguée. Vivifiée de toutes ces expériences, mais fatiguée. Il est temps de rentrer. Allez, je vous raconte la (presque) fin!

J'ai beaucoup aimé Barcelone, mais je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir connu l'Espagne ni les Espagnols. Seulement la ville, un peu. Nous l'avons bien arpentée, c'est vrai, mais y avons peu goûté, et peu goûté sa réputée vie nocturne. Je crois qu'une ville s'avère différente selon les gens avec qui on la découvre. Sans doute qu'avec une bande d'amis, nous aurions davantage fait la fête, mais à nous deux, en amoureux, les petites balades ou verres en tête à tête convenaient parfaitement.

Je vous partage une impression. Les villes qu'on pourrait qualifier de ''mythiques'', comme Barcelone, Rome, Istanbul et compagnie, dégagent une espèce d'aura surréelle. L'idée qu'on se fait de ces villes avant de les avoir vues n'est en fait qu'une aura de ville, une atmosphère, avec tout de même 2-3 truccs réels dont on a entendu parler. Bien sûr, nous savons que ces villes ont autre chose qu'un centre-ville branché, qu'elles ont des rues, des poubelles, et fort probablement des mendiants, mais nous ne le savons pas vraiment. Ces choses terrestres échappent à notre esprit romanesque, elles sont niées. Or, Barcelone est une ville réelle, pleine de pigeons - l'un d'entre eux s'est d'ailleurs soulagé sur ma jambe! -, de vendeurs itinérants et de ruelles de vieille pierre qui sentent l'urine. Cela dit, rien n'empêche Barcelone d'être Barcelone: belle, vivante, accueillante.

La deuxième portion de notre séjour à Barcelone a été bien remplie de sorties et de péripéties. Nous avons enfin goûté quelques tapas et nous sommes promis de nous risquer à leur confection une fois de retour au Québec; nous avons visité le musée Picasso qui m'a un peu déçue car il ne comportait que bien peu d'oeuvres que je connaissais; avons visité aussi l'impressionnant Palais Güel, ainsi que la maison de Gaudi et le parc Güell que j'avais si hâte d'aller voir. J'ai un peu honte de le dire, mais le parc Güell m'a quelque peu déçue aussi. Le sentiment qui m'habite est un proche parent de l'imposture ressentie en arrivant en Grèce il y a trois ans et en constatant que les fameux petits villages tout blancs aux toits bleus qui représentent si fièrement et sans relâche leur pays ne se retrouvent en fait que sur quelques îles isolées. Regardez des cartes postales de Barcelone, feuilletez les albums photos de vos amis qui y sont allés, faites une petite recherche sur Internet: le parc Güell, c'est le fameux lézard, le banc ondoyant, les maisonnettes en bonbons dirait-on... nait de ces images une impression que le parc Güell n'est que ça: mosaïques, couleurs vives, sculptures animales, architecture éclatée... un dédale de chemins pleins de vie à découvrir. J'y mets un holà: le parc Güell est avant tout un parc, il y a des arbres, des fleurs, des sentiers très beaux mais des sentiers tout de même, et bien sûr une foule de touristes dans LA zone multicolore du parc. Cette zone est enchantée, magnifique! Mais elle n'est qu'une toute petite part du parc, la pointe de l'iceberg, celle qui apparait sur les cartes postales. Méfions-nous des cartes postales :P

Je n'ai rien d'autre à dire contre Barcelone, sauf peut-être à propos de l'attente interminable au restaurant pour obtenir son addition, mais mettons cela sur le compte de la culture locale! Quoi dire d'autre? Vous dire peut-être la Saint-Jean (St Joan) sur la plage, tous ses feux d'artifices et ses pétards, la sandale que j'ai brisée dans la cohue, le repas traditionnel pris dans un petit resto de quartier, le beau gros golden blond à l'air triste - ou résigné? - invariablement couché près du kiosque à journaux à deux pas de notre studio, le café des Quatre gats, inspiré du Chat noir à Paris, où le jeune Picasso a exposé à 17 ans, les dernières cartes postales du voyage envoyées... Vous dire aussi l'auberge de jeunesse où nous avons séjourné les 3 derniers jours, nos cochambreurs bêtes comme leurs pieds, la chaleur étouffante la nuit, mon insomnie, la nostalgie de notre studio climatisé et si bien situé... vous dire la fois qu'on a mangé chez le Chinois et que nous avons manqué le dernier métro et dû marcher deux heures pour rejoindre l'auberge, et ce sans carte digne de ce nom! Vous dire Le Goût des pépins de pomme et Le Mec de la tombe d'à côté, mes lectures en territoire espagnol, ou Kung fu Panda, que nous avons passé à un cheveu d'aller voir au cinéma, trouvant le concept très drôle, surtout la partie où nous allions acheter nos billets en baragouinant à peine quelques mots d'espagnol... pour aller voir un film en espagnol! Vous dire le labyrinthe d'Horta que nous n'avons jamais trouvé et dont les détours pour le dénicher s'est révélé être le véritable labyrinthe. Vous dire enfin mes 3 listes: celle rédigée pour les dernières choses que nous voulions voir à Barcelone avant notre départ, celle pour Paris où nous avons passé le dernier week-end (j'y reviendrai) et, enfin, celle amorcée un peu en cachette de Dom qui commence lui aussi à rêver du retour (il ne revient que le 9 août, après un séjour en Irlande): la liste pour Montréal, tout ce que je voudrai faire à mon retour, tous les gens que je voudrai voir... la liste s'allonge de jour en jour.

Nous avons quitté Barcelone après presque deux semaines, le matin du 29 juin. Après une correspondance train / autobus à Figueres, une halte de plusieurs heures à Perpignan, une nuit dans le train jusqu'à Paris, un petit déj hors de prix dans la ville lumière, un RER jusqu'à Malesherbes et un après-midi à y tuer le temps, nous avons enfin pu poser nos sacs chez Chocho, presque 36 heures après notre départ de Barcelone. Ouf. De là nous sommes repartis le lendemain pour notre petit week-end d'amoureux à Paris. J'y étais déjà passée il y a 5 ans, mais à peine 24 heures, alors je tenais à y faire un petit saut. Balade à Montmartre, apéro dans un petit bistrot, Notre-Dame de Paris, le cimetière du Père-Lachaise, les Bouqinistes de la Seine, un petit resto marocain succulent et des moules frites décevantes - Dom m'en promet des ''maison'' à notre retour. Je suis essoufflée, j'ai pris à peine une dizaine de photos à Paris, je n'ai plus la force de faire la touriste. C'est la perspective du retour qui occupe mon esprit - ça et une dent de sagesse qui pousse douloureusement! Les trois jours à Panam ont néanmoins été très doux, hantés quelque peu par le spectre de notre séparation prochaine à Dom et moi. Allons donc, on a vu bien pire ;)

Ce qui nous ramène à nos petits jours tranquilles à Malesherbes (merci de l'accueil Chocho!!). Nous partirons tous trois, Dom, Chocho et moi, demain soir pour Strasbourg où nous passerons le week-end, et nous prendrons part samedi soir à une des traditionnelles fêtes du vin d'Alsace dans une ville dont je n'ai pas retenu le nom et que je serais de toute façon bien embêtée d'épeler. Ce nouveau passage à Strasbourg n'était pas prévu à mon itinéraire, mais à bien y penser, il bouclera la boucle de mon voyage, et je serai ravie de revoir les visages connus.

Je ne pense pas avoir l'occasion de vous réécrire d'ici mon retour (ce lundi 11 juillet), mais guettez tout de même mon mot de la fin quelques jours plus tard. À tout bientôt!