mardi 21 juin 2011

Barcelona Barcelona Barcelona...

5 jours que nous y sommes et je n'en finis plus de m'extasier devant son architecture, ses couleurs, son âme.

Laissez-moi tout d'abord vous décrire le cadre superbe dans lequel nous vivons. Dom et moi avons loué un petit studio dans le coeur historique de la ville, à deux pas du Musée Picasso pour ceux qui connaîtraient. Bon, ce n'est pas bien grand (il faut déplier le divan-lit pour dormir, ouvrir la table et sortir les chaises pour manger, et en aucun cas essayer de rentrer à deux dans la cuisinette), mais c'est très joli, tout rénové et fort bien équipé: air climatisé, télévision, vaisselle, serviettes, nous captons même un réseau Internet d'on ne sait où. D'accord, il y a un autre hic, outre le fait qu'on soit un peu à l'étroit: nous sommes au septième étage, et il n'y a qu'un escalier en colimaçon pour y accéder, ouf! À monter-descendre deux ou trois fois par jour, ça tonifie! 108 marches, j'ai compté. Mais ce deuxième hic a aussi son pendant positif: nous avons une super vue sur les toits environnants, ainsi que sur le clocher et les plus hautes tours de la Santa Maria del Mar, majestueuse église que nous avons d'ailleurs visitée ce matin. De plus, le soir, ses tours sont illuminées pour créer le plus joli des effets. Des dizaines d'hirondelles se donnent aussi régulièrement en spectacle devant notre unique mais assez grande fenêtre, parfois virevoltant dans tous les sens, parfois en groupe et semblant suivre une chorégraphie en 8. Et que dire des nuages qui se teintent de rose en fin de journée? Un charmant petit nid d'amoureux.

Barcelone: les grands arbres fougères se délestent tout doucement de leurs petites fleurs jaunes, je m'émerveille devant les réverbères ouvragés, si originaux, si différents d'une rue à l'autre, je manque de qualificatifs à la vue des oeuvres de Gaudì, du palais de la musique catalane, de l'architecture moderniste... et je prends des centaines de photos qui ne rendent pas justice à tout ça.

Dimanche midi, nous avons assisté à un grand rassemblement festif devant la cathédrale de Barcelone: des dizaines de personnes en petits groupes dansaient la sardane, danse catalane traditionnelle, accompagnés par l'orchestre folklorique de Barcelone. C'était de toute beauté, magique! Tout le monde se tient par la main et enchaîne une série de petits pas gracieux. J'ai essayé d'apprendre, mais ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air, et chacun adapte la danse à son pas, si bien que chacun semble danser une sardane bien à lui. J'aurais bien vu mes grands-parents se joindre à un des cercles!

Hier, nous avons visité la somptueuse Sagrada familia: imaginez une grande église solennelle et lumineuse, mais qui serait en plus une oeuvre d'art, une oeuvre d'art en création qui plus est, et voilà la Sagrada familia. Ou plutôt non, on ne peut la comprendre qu'en la voyant. Difficile à décrire. Plutôt qu'un coup de coeur, je dirais que j'ai eu un coup de foudre pour la SF. Pour ceux qui l'ignoreraient, il s'agit de la plus majestueuse oeuvre de Gaudi, qui est en construction depuis 1882 et qui n'est toujours pas achevée (et pas près de l'être), sa construction étant financée par le prix d'entrée déboursé par ses visiteurs. Heureusement pour elle, il s'agit de l'édifice le plus visité d'Espagne. Je me souhaite la chance de la voir une fois achevée, peut-être dans 50 ans, qui sait?

Sinon, nous avons beaucoup arpenté les rues, les marchés, les grandes et petites places, le parc de la citadelle, lieu ayant accueilli l'expo universelle de 1888, avec sa très belle cascade, son bassin aux canards et son impressionnante statue de mammouth, avons apprécié les façades des édifices les plus incongrus de la ville, avons vu le port et quelques plages, mais nous n'y sommes pas encore attardés (trop à voir encore!). Nous gardions pour le dessert la visite du parc Güell, et vivas! le dessert sera demain - je trépigne d'impatience!

Jusqu'ici je dois avouer que nous n'avons pas fait honneur à la cuisine espagnole: le studio nous coûte tout de même plus cher qu'une auberge de jeunesse et nous avons choisi d'amortir la différence de prix en cuisinant ''chez nous'' plutôt qu'en mangeant tous les soirs au restaurant. Ce soir, ce sera notre première expérience de tapas, et nous en salivons déjà!
À suivre :)

mardi 14 juin 2011

Entre la Corse et la suite

Dom et moi sommes arrivés ce matin à Toulon, après une nuit en mer depuis Ajaccio, capitale de la Corse, ville de Tino Rossi et de Napoléon! Nous sommes attablés à une petite terrasse en face de la gare, il n'est que 8h30, mais déjà le soleil tape fort. Encore quelques heures à attendre d'ici notre train en direction de Carcassonne, ce qui me permet de vous écrire mes mille péripéties corses.

Ah la Corse! Voici tout d'abord ce que j'avais à en dire quelques jours après mon arrivée:

''La Corse m'est hostile, je ne sais pas si elle veut de moi. Son soleil me brûle, ses routes m'étourdissent, me donnent la nausée, ses moustiques me grignotent, l'humidité de ses plages me pique les fesses, ses campings me mettent à l'épreuve, la fumée de ses cigarettes me pique les yeux et la gorge, elle me donne la fièvre et me cloue au lit... Elle me fait sentir toute petite, dépourvue de mes moyens. Grandiose et sauvage, la Corse. Oui sauvage, sans doute est-ce cet aspect qui se bute à moi / auquel je me bute. Pourtant ses habitants sont des plus sympathiques avec nous, pourtant je m'émerveille devant sa beauté brute. Oui elle porte bien son nom, ''l'île de beauté''.

Les nuages ici ne sont pas comme ailleurs, plus ouatés, ou plus filamenteux. Ils ne se contentent pas de glisser sur nos têtes; ils explosent, ils s'éparpillent, se redessinent. Leur observation - contemplation - est une affaire de chaque instant.

Ainsi s'installe une curieuse relation entre la Corse et moi : fascination - méfiance. De la matière pour réfléchir, un sentiments qui m'était jusqu'ici inconnu.''

Nos premiers jours en Corse ont été meublés par deux escapades avec Noura et sa bande d'amis, surtout sur la côte est de l'île - Porto Vecchio, Palombaggia. Nous y avons fait du camping et avons surtout profité de la plage. Cependant, le plan avait d'abord été de traverser l'île d'est en ouest et d'aller faire du bateau dans le golfe de Porto, mais le mauvais temps sur cette côte nous a fait revoir notre destination, et la découverte horrifiante de mon mal de transport sur la route la plus droite de l'île, celle menant à Porto Vecchio, m'a fait remercier le ciel d'avoir redessiné nos plans et de m'avoir évité les chemins tortueux de la montagne. Au début, j'ai cru être affectée par la chaleur étouffante, puis je me disais que c'était peut-être le verre de champagne de la veille, mais j'ai vite dû me rendre à l'évidence: ça tournait trop pour moi. Le reste de mes déplacements en voiture demeurent auréolés du brouillard des Mercalm, petites pilules qui se sont avérées fort utiles, mais endormantes.

De retour chez Noura à Bastia, Dom et moi étions animés par plein de beaux projets: une journée ou deux au Cap corse, une escapade à Erbalunga, petite ville voisine de Bastia, peut-être une randonnée en montagne, un peu de plage, etc. Or, j'ai attrappé à ce moment une sorte de grippe: mal de gorge, mal de tête, fièvre... si bien qu'il m'était pénible de faire une simple balade en ville. D'un côté, ça a permis à Dom, pendant ces deux jours, de faire plusieurs recherches pour la suite du voyage, ce qui n'était pas chose simple! En effet, il n'y a aucune auberge de jeunesse en Corse, et les hôtels ne sont pas donnés (en fait, rien n'est donné en Corse, le coût de la vie est assez cher du fait que c'est une île). De plus, le week-end que nous souhaitions passer à Ajaccio se trouvait à être le week-end de la Pentecôte, alors tous les gîtes pas trop chers étaient déjà loués. Nous avons dû nous rabattre sur l'option camping pour une deuxième fois en Corse, somme toute le moyen le plus économique de se ''loger''.

Mais bref, nos quelques jours à Bastia ont été des plus peinards, nous n'avons à peu près pas bougé de la ville, nous sommes baladés un brin dans le vieux-port, sommes allés à la plage et nous sommes acheté un peu de lecture - un Agatha Christie pour moi et l'autobiographie de Jacques Mesrine pour Dom. Pour tout dire, nous nous étions autorisés, en arrivant en Corse, à ne pas nous mettre de pression pour tout voir; la Corse c'était des vacances, une parenthèse dans le voyage. Alors bon, mon corps en a profité pour tomber malade... De plus j'ai un peu eu les blues du pays, j'ai commencé à avoir hâte au retour, même si je ne voudrais pas non plus le précipiter. Reste un peu moins d'un mois!

Nous avons ainsi quitté Bastia (et Noura) vendredi matin - j'en profite ici pour remercier chaleureusement Noura pour son accueil!! Nous devions prendre le train de Bastia à Ajaccio, le TGV disent les Corses, pour ''train à grande vibration''. Effectivement, il travaillait fort le petit train dans la montagne, teuf teuf teuf! Nous nous étions laissé dire que la vue en train était imprenable et que ça ne tournait pas trop, rien à côté du trajet d'autobus, alors c'était parfait pour moi! Mais comme c'était trop beau, le chemin de fer était en réparation sur la deuxième partie du trajet - la pire! - alors nous avons dû faire celle-ci... en autobus, eh oui. Hop une Mercalm et le trajet s'est bien déroulé, le hic c'est que ça me prend toujours plus de temps à sortir du brouillard que la durée du trajet lui-même...

Nous avions emprunté la tente d'amis de Noura, Julien et David (merci!) pour nos trois jours de camping, puis un autre ami, Vincent, nous a gentiment prêté tapis de sol et sacs de couchage une fois à Ajaccio. Nous avons trouvé le camping sans trop d'embûches, mais une surprise de taille nous attendait une fois là: la tente était brisée. Il faut dire que la tente était neuve et que nous étions les seuls à nous en être servis jusque-là, aussi nous étions responsables de son bris, sans pouvoir dire à quel moment une telle chose a pu arriver! Nous avons tout de même réussi à la faire tenir tant bien que mal, après avoir emprunté et monté une tente minuscule prêtée par le camping - et avoir renoncé à dormir dans une si petite chose! Malgré tout, je crois avoir vécu une de mes meilleures expériences de camping durant ces 3 nuits. Dom et moi avons adopté un petit rythme de vie agréable, avons fait quelques courses au marché: du pain, du fromage, du saucisson, une bouteille de vin, des oranges... je me suis racheté deux romans inspirants. Nous avons aussi échangé quelque peu avec nos voisins de tente, l'atmosphère du camping en bord de mer était agréable. Sauf la dernière nuit, tadam!! Nous avons été réveillés vers 2 heures du matin par une engueulade monumentale entre deux groupes de campeurs, l'un d'entre eux s'est fait casser le nez, la police est retontie, ouf! Quelle nuit! Tout ça pour une question de fausse accusation de vol de lampe frontale... les joies du camping :)

Le clou de notre séjour à Ajaccio demeure notre balade en mer vers la réserve naturelle de Scandola (patrimoine de l'humanité) et les calanques de Piana. Je dois dire que ces deux attraits étaient magnifiques, mais... en valaient la chandelle? Pas si sure... La mer était agitée, et le bateau, pendant des heures, a vraiment beaucoup tangué. Pour vous dire: l'équipage distribuait sans cesse des petits sacs en papier... et ces sacs servaient! Sans blague, au moins une trentaine de passagers ont été malades, et j'ai à un moment bien cru que j'allais faire partie du nombre - mais non, ça a passé. J'ai donc à nouveau avalé des Mercalm - ironiquement, ce n'est qu'à ce moment que j'ai compris le nom du médicament! - et ai raté tout le chemin du retour, pour le mieux sans doute. Dom le vaillant s'en est mieux tiré que moi.

Nous avons quitté le camping hier en début d'après-midi et avons tué quelques heures sur la terrasse d'un café en attendant notre bateau - nos gros sacs restreignaient nos mouvements et presque tout était fermé à cause du férié. Nous avons donc enchaîné les consommations: glace (crème glacée), bière, espresso, cappuccino, pastis... et avons appris en fin de journée, par Vincent avec qui nous avons pris un dernier verre, qu'il s'agissait d'un bar de nationalistes, et que nous n'étions peut-être pas tout à fait les bienvenus! C'est que je ne vous ai pas encore parlé des Corses. En quelques mots, ils sont réputés pour être petits, paresseux et surtout très fiers. Voici d'ailleurs une blaque entendue sur le bateau: Pourquoi les Corses sont si petits? Parce que quand ils étaient enfants, on leur a dit qu'ils devraient travailler quand ils allaient être grands. :p Mais bon, vous avez possiblement déjà entendu parler que ça brassait en Corse: mafia, vendetta, bombes... J'ai d'ailleurs questionné Julien et David à ce propos dès notre deuxième jour: quelle était la situation actuelle en Corse, est-ce que ça brassait pas mal? Ils ont commencé par répondre que c'était assez tranquille, puis se sont souvenus qu'un tel avait été tué la semaine d'avant, et tel autre et tel autre il y a 2-3 semaines, et ah oui c'est vrai il y a eu une bombe à tel endroit dernièrement, etc.! Inquiétant? Pas vraiment, du moins pas pour les touristes, puisque tout est soigneusement dirigé vers des personnes précises, et que les bombes n'éclatent que là où elles ne blesseront personne, c'est dans leur politique. Cela dit, de tout le temps que nous avons été en Corse, nous n'avons eu vent d'aucun incident criminel. N'empêche, ils sont très épris de leur île, ne veulent pas trop que ça change, ne laissent pas n'importe quelle compagnie s'y implanter (aucun McDo en Corse!), ne veulent pas s'emmerder, ne veulent pas travailler trop fort... Certains parlent le Corse (une forme de résistance?) et à ce que j'ai compris, les noms de villes entre autres en portent les traces: on ne prononce pas les terminaisons en voyelles! Aussi dit-on Porto Vec' pour Porto Vecchio, Palombage pour Palombaggia, Gerolat' pour Gerolata, une Pietr' pour la bière Pietra... La terminaison ne sert qu'à indiquer le genre et le nombre du mot, mais sa prononciation est inutile. Par contre, pour la réserve de Scandola, allez savoir pourquoi, on prononce le ''a''. On n'a pas pu m'expliquer...

A posteriori, la Corse.
Inhospitalière (attention, à certains égards seulement): difficile d'y circuler sans voiture (et même avec, pour les coeurs sensibles comme le mien), difficile de s'y loger, difficile de s'en tirer à petit budget... par contre les gens ont généralement été très gentils avec nous!
Majestueuse: le trajet de train / autobus entre autres m'a fait voir la grandeur presque monstrueuse et la beauté des montagnes et des paysages. Le golfe d'Ajaccio, sa mer et ses plages magnifiques, ses îles dites ''Sanguinaires'' pour la teinte qu'elles prennent au coucher du soleil, la réserve de Scandola, la petite ville de Gerolata au creux des falaises... wow. J'ai tout de même fini par craquer pour l'île de beauté.

jeudi 2 juin 2011

Arrivederci Italia!

(écrit hier)

La page de l'Italie est tournée, du moins le sera-t-elle lorsque j'aurai terminé de vous la raconter. Je vous écris depuis une petite boulangerie près du port de Bastia, en Corse, où nous venons tout juste d'arriver.

D'abord Venise, oh Venise! Labyrinthique, énigmatique, magnifique Venise! Je regrette de n'y avoir passé que 24 heures, c'était une toute petite halte dans notre itinéraire (bon, un détour, admettons-le) mais j'aurais aimé y rester plusieurs jours encore, me balader dans ses petites rues, découvrir ses recoins, traverser ses ponts, arpenter son bord de mer, visiter ses monuments... L'odeur était beaucoup moins pire que ce à quoi je m'attendais (beaucoup d'eau stagnante), et les prix étaient beaucoup plus raisonnables que ce à quoi on m'avait préparée. Cependant notre auberge de jeunesse a été je crois la pire que nous ayons connue jusqu'à présent - mauvais accueil, salle de bain sale, rideau de douche moisi, lit à 2 étages grinçant et peu solide... Mais Venise demeure mon coup de coeur, en bonne fleur bleue que je suis j'imagine. Peut-être est-ce son côté éphémère qui me séduit, le fait que dans quelques décennies elle sera inondée et probablement évacuée. Il y a là une place grandiose qui s'appelle la place Saint-Marc et qui fait partie du patrimoine de l'humanité. Je me suis fait la réflexion que je visitais un lieu dont l'humanité serait bientôt privée et j'ai trouvé cela bien dommage. Et où sont passées les gondoles!? J'en ai bien vu quelques-unes, une dizaine peut-être - à la queue leu-leu trimballant un groupe d'asiatiques - , mais où est passé le charme? Tant pis, nous nous sommes contentés de nos tranquilles balades à pied. D'ailleurs quel bonheur de marcher dans une ville sans voitures! Je retournerais bien à Venise!

Nous avons ensuite passé 3 jours à Florence, et je me permets ici de faire une petite parenthèse. Être en voyage, ce n'est pas en ce qui nous concerne être en vacances. Bien sûr, ce n'est pas non plus un travail, mais nous nous sentons tout de même l'obligation, lorsque nous nous trouvons dans une ville étrangère, d'être ''productifs''. J'entends par là visiter quelques musées, voir les principaux monuments, attraits touristiques, goûter telle spécialité, magasiner tel cadeau... À Florence, il m'a pris une irrésistible envie de faire la grève de tout ça, de bouder les musées (ça m'endort, les musées!), de bouder ce qu'un touriste ''normal'' aurait dû y faire. Mais la culpabilité était trop grande - nous n'étions à Florence que pour 3 jours! - alors nous avons à tout le moins visité le célèbre Musée des offices (da Vinci, Botticelli, Le Caravage...), le très grand et inspirant jardin de Boboli, ainsi que la principale église florentine (basilique je crois) dont j'oublie même le nom, honte à moi! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de ne pas vous brosser le tableau élogieux auquel Florence aurait droit, car néanmoins il s'agit d'une très très belle ville! Nous nous sommes au moins bien baladés (pas trop forçant!). À notre grand étonnement, Florence nous a coûté plus cher que Rome, mais je ne regrette aucunement mon passage. Je crois par ailleurs que Dom a su mieux apprécier que moi.

Nous avions par la suite réservé pour une nuit une chambre à Tavarnelle, petite ville de la région de Chianti. Comme nous devions de toute manière repasser par Florence le lendemain, nous avons réussi à nous entendre avec notre auberge à Florence pour qu'ils gardent nos gros bagages le temps de cette petite escapade et... avons loué un scooter pour nous y rendre et silloner un petit coin de Toscane par la même occasion! Quelle expérience! En fait, je crois bien que c'était la première fois que je grimpais sur un scooter - comme passager, s'entend - et j'étais quelque peu inquiète... Malgré un départ un peu maladroit disons - mais il fallait bien que Dom se réhabitue! - et une petite frousse dans les gros ronds points, tout s'est très bien passé. Les indications routières sont somme toute très claires et je crois que nous avons eu une grande part de chance. Il faudrait trouver une station d'essence? 2-3 virages et hop! en voilà une! Bon, trouvons l'auberge à présent, tchoup tchoup elle est là! Il faisait un temps magnifique et la plupart des routes étaient des plus agréables à parcourir. Wow les vignobles, les oliviers, les vallons, les montagnes, la lumière, le bon vent... wow wow wow! Le retour vers Florence le lendemain matin a été un peu stressant car il y avait du traffic et nous avions une heure limite pour ramener le scooter, mais imaginez-vous donc que nous sommes arrivés à la minute près, ouf!

Dernier jour en Italie (hier): de Florence, nous avons pris le train jusqu'à Pise pour voir sa réputée tour penchée, et aussi pour se rapprocher de notre port de départ pour ce matin. Agréable surprise, en plus d'être penchée (c'est vraiment spécial!), la tour est vraiment très belle, de même qu'une grande église la jouxtant. Chouette petite ville, où nous n'avons tout de même passé que quelques heures. Notre auberge de jeunesse était superbe! La moins chère que nous ayons eue, bien située, colorée, accueillante, propre et avec un lit double! Notre premier depuis notre départ de Strasbourg (même à Rome en chambre privée nous n'avions que des lits jumeaux). Malheureusement, nous n'avons dormi que quelques heures puisque nous devions attraper notre train à 6h10 pour Livorno, de là un autobus jusqu'au port, puis notre bateau à 8h15 (de quoi être stressée encore une fois, même si ça ne sert à rien, je sais). Par bonheur tout s'est bien passé, malgré la misère que nous avons eue à trouver l'arrêt d'autobus à la gare, et que nous avons dû chercher sous la pluie!

J'ai dormi pour ma part une bonne partie du trajet en traversier, qui durait un peu plus de quatre heures, et nous voilà maintenant en Corse (région de la France pour ceux qui l'ignoraient), où il fait bon d'entendre parler français, de pouvoir lire le journal - ce que Dom fait en attendant que je termine mon récit - et de comprendre ce qui se passe autour de nous. C'est sympathique de voir défiler dans la boulangerie tous les habitués du quartier, qui souvent s'embrassent ou se saluent chaleureusement. Nous avons encore du temps à tuer d'ici à ce que notre hôte de la Corse, Noura, finisse de travailler et nous accueille chez elle. Il s'agit d'une bonne amie des colocataires strasbourgeois de Dom. Le plan est que demain nous partions avec elle et une vingtaine de ses amis (!) en road trip vers je ne sais plus quelles calanques, et déjà le peu du paysage de la Corse que nous avons vu jusqu'à présent - et qui n'est pas dissimulé par les nuages - nous promet une très belle balade. Une nouvelle expérience de camping s'annonce pour Alex l'aventurière... hum hum! De retour je pense dimanche à Bastia où nous passerons vraisemblablement quelques jours encore. À nous la mer!

Pour terminer avec l'Italie, je peux vous dire que j'ai été charmée! Arrivederci est je crois mon mot préféré, et, joliment, il signifie ''au revoir'', ''à la prochaine''. Justement, j'ai la nette impression que je la reverrai, cette belle Italie, peut-être dans 10 ou 20 ans, qui sait! Espérons avec un budget un peu plus étoffé la prochaine fois :).