Je vous écris depuis l'aéroport de Sabiha, Istanbul, où nous sommes arrivés avec... 6 heures d'avance! Il faut dire que le stress engendré par notre presque ratage d'avion à Basel-Mulhouse (Dom dira que j'exagère ;) ) nous a fait prendre cette fois nos précautions - peut-être un peu trop. N'empêche, ces quelques heures nous auront permis entre autres de manger un dernier simit et de boire un dernier thé turc beaucoup trop chers, et de régler plusieurs détails pour notre escapade en Italie - ah oui, j'oubliais de vous dire où nous partons: Rome! Bien que cette ville a dernièrement exercé sur moi une grande force d'attraction, soit depuis la lecture de Mange prie aime, je m'envole vers elle un peu à reculons, ou disons à pas de crabe, de côté. Il se trouve que Dom y est déjà allé il y a environ 2 mois, avec une amie, et j'ai la désagréable impression de lui faire revivre le même voyage, malgré qu'il m'assure avoir envie d'y retourner avec moi. Rome, pas Rome, Rome, pas Rome, j'ai hésité... Finalement Rome. Puis une nuit à Venise, quelques jours à Florence, un saut à Tavarnelle en Toscane et un dernier jour à Pise avant de prendre le traversier pour la Corse. Si tout se passe comme prévu en tout cas! Notre vol de ce soir est prévu pour 21h, et nous atterrirons à 22h30, heure d'Italie (nous reculons d'une heure).
Je vous dois néanmoins quelques mots au sujet des derniers jours passés à Istanbul! Tout d'abord, nous avons changé d'auberge de jeunesse au bout de 6 nuits, et je dois dire que pour ma part c'était vers du mieux. Nous étions encore au sous-sol, mais cette fois nous avions plus de lumière, et nous étions dans une chambre contenant un peu moins de lits (6 plutôt que 9). Et, très important, les douches étaient nettement plus salubres! L'ambiance était un peu moins conviviale qu'à notre première auberge, moins ''hostel'', il y avait surtout des couples et les conversations se liaient moins facilement. Ça nous a convenu, car jusqu'à maintenant nous sommes plutôt dans un mode duo. Je dis ça, mais nous avons tout de même jasé avec quelques turcs, entre autres quelques vendeurs, serveurs, deux hommes qui voulaient pratiquer leur anglais et qui avaient comme habitude de fréquenter la fontaine très touristique où ils nous ont abordés dans ce but bien précis, et un autre avec qui Dom s'est entretenu à la sortie d'une mosquée que nous avions visitée - il se demandait si Dom était musulman.
Dans les derniers jours, nous avons fait une croisière sur le Bosphore, fleuve séparant les rives européenne et asiatique d'Istanbul, mais il faisait froid et ce n'était pas des plus agréables, nous sommes mal tombés. Aussi, Dom est allé chez le barbier, puis lui et moi avons expérimenté le hammam - genre de saunas séparés pour les hommes et les femmes où ceux-ci se font frotter quasi intégralement au gant de crin puis savonner par des masseurs / masseuses. Assez inusité comme expérience! Disons que je n'ai pas l'habitude du monokini... ni de me faire laver!
Nous avons aussi visité quelques musées, musées archéologiques et musée de la céramique, visité aussi l'ancienne citerne sous-terraine de la ville - très impressionnante avec ses colonnes, ses coupoles et ses gros poissons qui gigotent dans le peu d'eau qu'il y reste. Nous avons également pris le traversier pour aller nous balader dans le quartier Uskudar, du côté asiatique d'Istanbul, beaucoup plus résidentiel et de peu d'intérêt touristique, si ce n'est que de voir comment vivent vraiment les stambouliotes! Nous avons aussi assisté à un concert rock, en fait la finale d'un concours où 3 bands performaient, et je crois que nous étions les seuls touristes dans la salle! Nous avons bien aimé l'expérience, et sommes restés jusqu'à la fin même si nous nous étions autorisés à partir tôt si ça ne nous branchait pas plus que ça...
Comme notre nouvelle auberge n'avait pas de cuisine pour les invités, nous avons beaucoup plus mangé au restaurant dans la deuxième partie du séjour, et avons goûté des plats succulents, découvert les vrais kebaps - ce n'est pas du fast food ici! - fumé 2-3 chichas, pris un verre sous le pont de Galata en regardant le coucher de soleil sur la Corne d'or... bref, nous en avons bien profité, et à prix bien modique en général.
A posteriori, ce que j'ai le moins aimé d'Istanbul, c'est ses vendeurs de faux parfums de luxe, et aussi ceux qui veulent à tout prix te vendre des jeans. Mais les vendeurs en général, et aussi les restaurateurs, qui t'accrochent sans cesse sur la rue pour te convaincre de venir voir leur marchandise ou de manger sur leur super hot terrasse, j'ai du mal - Dom peut témoigner... C'est culturel, c'est ça Istanbul, et c'est ça aussi ailleurs, je sais. Par ailleurs, je n'aime pas trop marchander. Dans les bazars et dans plusieurs boutiques, c'est la norme, pourtant j'ai toujours l'impression de mal faire, de sortir perdante. J'ai malgré tout beaucoup aimé la ville: ses parfums, ses saveurs, sa fierté, son bordel par endroits, ses chats, ses chiens, même si souvent ils me faisaient pitié, ses mosquées... son âme. Mais ne suis pas tombée amoureuse. Voyons voir l'Italie à présent...
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