vendredi 27 mai 2011

Finalement Rome...

NB: Ce billet a été écrit mercredi, je n'ai pu le mettre en ligne avant aujourd'hui.

Buongiorno! Premier mot de mon petit guide de conversation en italien, mon allié. Je me sens cousine de cette langue chantante, me découvre une curiosité pour elle, son vocabulaire, ses accents, ses ressemblances avec la langue française. Je me sens cousine aussi de cette culture, de ce pays. Peut-être est-ce le symptôme des retrouvailles avec un pays occidental après Istanbul... dépaysée et pas à la fois.

Bella Roma. À nous promener dans la ville Dom et moi, nous avons tenté de mettre le doigt sur ce qui nous charmait de Rome, de ses ruines et vestiges ou de sa modernité, et en sommes venus à la conclusion que c'est la cohabitation de ses deux facettes qui fait son âme. Dom a une préférence pour ses monuments, ses statues, moi pour ses petites rues fleuries et ses fontaines.

Nous avons passé la nuit de samedi dans une auberge de jeunesse pas trop loin de l'aéroport, au bord de la mer. Il s'agissait en fait d'un ancien hopital psychiatrique converti en auberge, troublant! Nous partagions une chambre avec quatre autres personnes, dont un jeune homme qui ronflait avec beaucoup d'ardeur et de constance (que j'étais contente d'avoir mes bouchons!) et qui était probablement le propriétaire de chaussures particulièrement odorantes (que j'aurais aimé avoir un pince-nez!). Heureusement, ce n'était que pour une nuit. Le lendemain matin, nous avons rejoint le centre de Rome en compagnie de deux voyageurs serbes rencontrés la veille. Nous avions eu du mal à dénicher une chambre à bon prix à Rome - d'ailleurs la plus dispendieuse que nous avons réservée à ce jour - mais elle était privée et fort charmante! Nous avions en outre accès à une cuisinette, ce qui nous a permis d'économiser sur les repas.

Les trois jours passés à Rome ont été des journées de pèlerinage, ponctuées de quelques visites d'églises et des musées du Vatican (chapelle Sixtine comprise!). Il a fait chaud et humide chaque jour, et à chaque jour finissaient par éclater un orage ou du moins quelques nuages, ce qui ne nous a pas empêchés de poursuivre nos balades. Un moment où il a plu particulièrement fort, nous avons trouvé refuge sous le parasol d'une terrasse où un charmant couple italien s'était également abrité. Nous avons rapidement lié conversation avec eux, malgré le léger obstacle de la langue... Émilio parlait quelques mots d'anglais et de français, mais sa compagne ne parlait qu'italien, et l'essentiel de la conversation s'est déroulée en italo-anglo-franco-mimes! Ils sont parvenus à nous recommander un excellent petit restaurant où nous avons soupé hier, pour l'anniversaire de Dom (re-bonne fête mon amour!). Nous avons effectivement très bien mangé: antipasto (bruschetta), primo (pâtes), secondo (viande) et dolce (dessert maison), le tout arrosé du vin blanc maison. Miam.

Je le concède, trois jours, c'est sans doute peu pour prétendre avoir vu Rome, mais le prix de ses chambres nous a dissuadés de nous y éterniser, sans parler du fait que nous souhaitions voir plusieurs autres villes en Italie. Cependant, je crois pouvoir dire qu'avec Rome, ça a cliqué, mais je ne sais pas encore si c'est réellement la ville qui m'a ravie ou si c'est l'Italie. Nous sommes présentement dans un train nous menant à Venise, nous y serons dans encore quelques heures.

À propos de ce train, nous sommes arrivés à la gare de Rome avec presque une heure d'avance considérant que notre train avait une vingtaine de minutes de retard. Sans doute est-ce son retard justement qui a entraîné qu'il arrive au quai 8 plutôt qu'au quai 11 où nous l'attendions tranquillement... Quand enfin le tableau des départs a affiché son nouveau quai, nous nous sommes butés à la porte 8 qui était barrée, quelle idée! Après avoir tenté - sans succès - de comprendre la feuille affichée sur la porte et avoir finalement interrogé un employé, nous avons dû monter sur le quai 10 et le contourner à son extrémité pour rejoindre le nôtre. Bien sûr, avec tout ça il était maintenant l'heure du départ, alors nous avons dû courir, j'ai échappé mon foulard sur les rails, Dom a dû aller le récupérer - le tout avec nos gros sacs à dos -! Nous sommes montés à bord du train tout essouflés et un peu ébahis face aux obstacles rencontrés, nous qui étions largement en avance! Ouf!

Il fait très beau et chaud et les paysages que nous traversons m'inspirent grandement - mis à part les grands bouts de tunnels. Dans notre cabine il y a une dame qui voyage avec son chaton, il se tient bien tranquille dans sa cage et miaule très peu. Tantôt elle l'a sorti pour le faire jouer et lui donner un peu d'eau, il est tout mignon et ressemble au chat de ma cousine Laurence, petit chat grouillant aux griffes bien affûtées.

Depuis une semaine, peut-être plus, je rêve chaque nuit que je suis de retour au Québec, mon subconscient invente mille et une raisons pour justifier que je n'ai pas de souvenirs de mon passage en Corse, à Barcelone ou à Paris. Cette nuit je passais un examen dont j'avais manqué la matière à cause de mon voyage, la nuit d'avant je reprochais à Dom de ne m'avoir laissé passer qu'une journée à Barcelone. Est-ce la hantise de voir mon voyage se terminer? La moitié ne s'est pourtant pas encore écoulée, et je suis heureuse qu'il en soit ainsi.

Je viens de terminer la lecture des Déferlantes, je l'habite encore un peu. J'ai beaucoup aimé son atmosphère, ses personnages; rapidement j'ai eu hâte de m'y replonger dès que je le quittais. Cette fois je le quitterai vraiment, je devrai l'abandonner à la prochaine bibliothèque que je croiserai. Le livre matériel a ses contraintes, il n'est pas né pour le voyage, son poids et son volume requièrent qu'on le laisse derrière. Sachez tout de même que je le recommande. Merci à Rita et Sandrine qui me l'avaient offert.

Bon, à nous Venise!


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