dimanche 17 juillet 2011

Petit mot de la fin

Presque une semaine s’est écoulée (déjà !) depuis mon retour et je constate que je serais bien capable de repousser d’encore plusieurs jours, voire semaines, le moment de clore l’aventure par ces derniers mots.


Montréal a sorti ses beaux jours pour m’accueillir, je lui en sais gré. Cependant j’ai du mal à reprendre pied dans la réalité, plus que je m’y attendais, ou que j’espérais, ou en tout cas plus que lors de mes précédents voyages. Il faut dire que je n’étais jamais partie si longtemps… Réintégrer mon appartement, reprendre le boulot, réendosser la chape du quotidien. Il me faudra sans doute un peu de temps.


Les derniers jours à Strasbourg ont été des plus agréables : soirées entre amis, balade dans la ville, shopping (c’était les soldes !), spectacle son et lumières sur l’Ill… Et bien sûr cette fameuse fête du vin, à Pfaffenheim, où nous avons goûté du très bon vin (disponible en SAQ semble-t-il :p), dansé un brin et campé dans les vignes. Regagner Paris le lendemain n’a pas été facile !


Je me suis quelque peu donnée en spectacle à l’aéroport lundi matin, prenant tout à coup conscience que repartir, aller rejoindre mon petit confort, mes amis, ma famille, bref, ce à quoi j’aspirais, eh bien tout cela voulait également dire laisser Dom pour tout un mois. J’étais très triste. Malgré cela, quand nous nous sommes finalement séparés, c’est sans me retourner que j’ai gagné la file pour le contrôle de sécurité, me forçant dès lors à regarder devant, au propre comme au figuré, et je n’ai plus pleuré. Jusqu’à Montréal du moins, car retrouver ma famille qui m’attendait à l’aéroport m’a beaucoup remuée. Nous sommes allés pique-niquer tous ensemble et j’ai pu joyeusement procéder à ma distribution de souvenirs. Seul mon frère manquait à l’appel.


Je tente d’articuler une pensée rétrospective de mon voyage, mais ce n’est pas si facile. Je compare le voyage à une grande église : il faut du recul pour être bien en mesure d’apprécier son architecture, sa grandeur… je suis encore trop près de l’entrée, ou plutôt de la sortie dans mon cas, pour bien en juger. Pourtant je peux déjà dire que ce fut une fabuleuse expérience, cela va de soi, et, puisque c’est la question qui revient le plus souvent depuis mon retour, que le couple a bien traversé l’épreuve ;).


Je salue tous les lecteurs de cette belle et vaste aventure, fidèles et infidèles, et encore aujourd’hui, je vous dis : à la prochaine fois !

mercredi 6 juillet 2011

Regards sur Barcelone








Le début de la fin

Ce matin à Malesherbes, quand j'ai ouvert l'oeil, il faisait gris. D'accord, nous avons eu quelques bonnes averses au cours de notre voyage, entre autres 3 orages à Rome, un déluge à Bastia et une petite averse à Perpignan, mais sinon... je ne me souviens pas de mon dernier matin gris. À Strasbourg sans doute, la sécheresse n'était alors pas vraiment commencée. Quelque chose me dit que mon retour au Québec ramènera dans mon quotidien une multitude de petits matins gris, mais j'ose quand même espérer réussir à faire entrer un peu de beau temps dans mon sac à dos déjà bien rempli.

Pourtant aujourd'hui, je n'ai que faire de la grisaille. Dom et moi nous trouvons chez Chocho, dans une petite commune un peu au sud de Paris, et profitons de deux-trois jours de repos pour justement nous reposer sans nous sentir coupables. Ah, je suis fatiguée. Vivifiée de toutes ces expériences, mais fatiguée. Il est temps de rentrer. Allez, je vous raconte la (presque) fin!

J'ai beaucoup aimé Barcelone, mais je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir connu l'Espagne ni les Espagnols. Seulement la ville, un peu. Nous l'avons bien arpentée, c'est vrai, mais y avons peu goûté, et peu goûté sa réputée vie nocturne. Je crois qu'une ville s'avère différente selon les gens avec qui on la découvre. Sans doute qu'avec une bande d'amis, nous aurions davantage fait la fête, mais à nous deux, en amoureux, les petites balades ou verres en tête à tête convenaient parfaitement.

Je vous partage une impression. Les villes qu'on pourrait qualifier de ''mythiques'', comme Barcelone, Rome, Istanbul et compagnie, dégagent une espèce d'aura surréelle. L'idée qu'on se fait de ces villes avant de les avoir vues n'est en fait qu'une aura de ville, une atmosphère, avec tout de même 2-3 truccs réels dont on a entendu parler. Bien sûr, nous savons que ces villes ont autre chose qu'un centre-ville branché, qu'elles ont des rues, des poubelles, et fort probablement des mendiants, mais nous ne le savons pas vraiment. Ces choses terrestres échappent à notre esprit romanesque, elles sont niées. Or, Barcelone est une ville réelle, pleine de pigeons - l'un d'entre eux s'est d'ailleurs soulagé sur ma jambe! -, de vendeurs itinérants et de ruelles de vieille pierre qui sentent l'urine. Cela dit, rien n'empêche Barcelone d'être Barcelone: belle, vivante, accueillante.

La deuxième portion de notre séjour à Barcelone a été bien remplie de sorties et de péripéties. Nous avons enfin goûté quelques tapas et nous sommes promis de nous risquer à leur confection une fois de retour au Québec; nous avons visité le musée Picasso qui m'a un peu déçue car il ne comportait que bien peu d'oeuvres que je connaissais; avons visité aussi l'impressionnant Palais Güel, ainsi que la maison de Gaudi et le parc Güell que j'avais si hâte d'aller voir. J'ai un peu honte de le dire, mais le parc Güell m'a quelque peu déçue aussi. Le sentiment qui m'habite est un proche parent de l'imposture ressentie en arrivant en Grèce il y a trois ans et en constatant que les fameux petits villages tout blancs aux toits bleus qui représentent si fièrement et sans relâche leur pays ne se retrouvent en fait que sur quelques îles isolées. Regardez des cartes postales de Barcelone, feuilletez les albums photos de vos amis qui y sont allés, faites une petite recherche sur Internet: le parc Güell, c'est le fameux lézard, le banc ondoyant, les maisonnettes en bonbons dirait-on... nait de ces images une impression que le parc Güell n'est que ça: mosaïques, couleurs vives, sculptures animales, architecture éclatée... un dédale de chemins pleins de vie à découvrir. J'y mets un holà: le parc Güell est avant tout un parc, il y a des arbres, des fleurs, des sentiers très beaux mais des sentiers tout de même, et bien sûr une foule de touristes dans LA zone multicolore du parc. Cette zone est enchantée, magnifique! Mais elle n'est qu'une toute petite part du parc, la pointe de l'iceberg, celle qui apparait sur les cartes postales. Méfions-nous des cartes postales :P

Je n'ai rien d'autre à dire contre Barcelone, sauf peut-être à propos de l'attente interminable au restaurant pour obtenir son addition, mais mettons cela sur le compte de la culture locale! Quoi dire d'autre? Vous dire peut-être la Saint-Jean (St Joan) sur la plage, tous ses feux d'artifices et ses pétards, la sandale que j'ai brisée dans la cohue, le repas traditionnel pris dans un petit resto de quartier, le beau gros golden blond à l'air triste - ou résigné? - invariablement couché près du kiosque à journaux à deux pas de notre studio, le café des Quatre gats, inspiré du Chat noir à Paris, où le jeune Picasso a exposé à 17 ans, les dernières cartes postales du voyage envoyées... Vous dire aussi l'auberge de jeunesse où nous avons séjourné les 3 derniers jours, nos cochambreurs bêtes comme leurs pieds, la chaleur étouffante la nuit, mon insomnie, la nostalgie de notre studio climatisé et si bien situé... vous dire la fois qu'on a mangé chez le Chinois et que nous avons manqué le dernier métro et dû marcher deux heures pour rejoindre l'auberge, et ce sans carte digne de ce nom! Vous dire Le Goût des pépins de pomme et Le Mec de la tombe d'à côté, mes lectures en territoire espagnol, ou Kung fu Panda, que nous avons passé à un cheveu d'aller voir au cinéma, trouvant le concept très drôle, surtout la partie où nous allions acheter nos billets en baragouinant à peine quelques mots d'espagnol... pour aller voir un film en espagnol! Vous dire le labyrinthe d'Horta que nous n'avons jamais trouvé et dont les détours pour le dénicher s'est révélé être le véritable labyrinthe. Vous dire enfin mes 3 listes: celle rédigée pour les dernières choses que nous voulions voir à Barcelone avant notre départ, celle pour Paris où nous avons passé le dernier week-end (j'y reviendrai) et, enfin, celle amorcée un peu en cachette de Dom qui commence lui aussi à rêver du retour (il ne revient que le 9 août, après un séjour en Irlande): la liste pour Montréal, tout ce que je voudrai faire à mon retour, tous les gens que je voudrai voir... la liste s'allonge de jour en jour.

Nous avons quitté Barcelone après presque deux semaines, le matin du 29 juin. Après une correspondance train / autobus à Figueres, une halte de plusieurs heures à Perpignan, une nuit dans le train jusqu'à Paris, un petit déj hors de prix dans la ville lumière, un RER jusqu'à Malesherbes et un après-midi à y tuer le temps, nous avons enfin pu poser nos sacs chez Chocho, presque 36 heures après notre départ de Barcelone. Ouf. De là nous sommes repartis le lendemain pour notre petit week-end d'amoureux à Paris. J'y étais déjà passée il y a 5 ans, mais à peine 24 heures, alors je tenais à y faire un petit saut. Balade à Montmartre, apéro dans un petit bistrot, Notre-Dame de Paris, le cimetière du Père-Lachaise, les Bouqinistes de la Seine, un petit resto marocain succulent et des moules frites décevantes - Dom m'en promet des ''maison'' à notre retour. Je suis essoufflée, j'ai pris à peine une dizaine de photos à Paris, je n'ai plus la force de faire la touriste. C'est la perspective du retour qui occupe mon esprit - ça et une dent de sagesse qui pousse douloureusement! Les trois jours à Panam ont néanmoins été très doux, hantés quelque peu par le spectre de notre séparation prochaine à Dom et moi. Allons donc, on a vu bien pire ;)

Ce qui nous ramène à nos petits jours tranquilles à Malesherbes (merci de l'accueil Chocho!!). Nous partirons tous trois, Dom, Chocho et moi, demain soir pour Strasbourg où nous passerons le week-end, et nous prendrons part samedi soir à une des traditionnelles fêtes du vin d'Alsace dans une ville dont je n'ai pas retenu le nom et que je serais de toute façon bien embêtée d'épeler. Ce nouveau passage à Strasbourg n'était pas prévu à mon itinéraire, mais à bien y penser, il bouclera la boucle de mon voyage, et je serai ravie de revoir les visages connus.

Je ne pense pas avoir l'occasion de vous réécrire d'ici mon retour (ce lundi 11 juillet), mais guettez tout de même mon mot de la fin quelques jours plus tard. À tout bientôt!

mardi 21 juin 2011

Barcelona Barcelona Barcelona...

5 jours que nous y sommes et je n'en finis plus de m'extasier devant son architecture, ses couleurs, son âme.

Laissez-moi tout d'abord vous décrire le cadre superbe dans lequel nous vivons. Dom et moi avons loué un petit studio dans le coeur historique de la ville, à deux pas du Musée Picasso pour ceux qui connaîtraient. Bon, ce n'est pas bien grand (il faut déplier le divan-lit pour dormir, ouvrir la table et sortir les chaises pour manger, et en aucun cas essayer de rentrer à deux dans la cuisinette), mais c'est très joli, tout rénové et fort bien équipé: air climatisé, télévision, vaisselle, serviettes, nous captons même un réseau Internet d'on ne sait où. D'accord, il y a un autre hic, outre le fait qu'on soit un peu à l'étroit: nous sommes au septième étage, et il n'y a qu'un escalier en colimaçon pour y accéder, ouf! À monter-descendre deux ou trois fois par jour, ça tonifie! 108 marches, j'ai compté. Mais ce deuxième hic a aussi son pendant positif: nous avons une super vue sur les toits environnants, ainsi que sur le clocher et les plus hautes tours de la Santa Maria del Mar, majestueuse église que nous avons d'ailleurs visitée ce matin. De plus, le soir, ses tours sont illuminées pour créer le plus joli des effets. Des dizaines d'hirondelles se donnent aussi régulièrement en spectacle devant notre unique mais assez grande fenêtre, parfois virevoltant dans tous les sens, parfois en groupe et semblant suivre une chorégraphie en 8. Et que dire des nuages qui se teintent de rose en fin de journée? Un charmant petit nid d'amoureux.

Barcelone: les grands arbres fougères se délestent tout doucement de leurs petites fleurs jaunes, je m'émerveille devant les réverbères ouvragés, si originaux, si différents d'une rue à l'autre, je manque de qualificatifs à la vue des oeuvres de Gaudì, du palais de la musique catalane, de l'architecture moderniste... et je prends des centaines de photos qui ne rendent pas justice à tout ça.

Dimanche midi, nous avons assisté à un grand rassemblement festif devant la cathédrale de Barcelone: des dizaines de personnes en petits groupes dansaient la sardane, danse catalane traditionnelle, accompagnés par l'orchestre folklorique de Barcelone. C'était de toute beauté, magique! Tout le monde se tient par la main et enchaîne une série de petits pas gracieux. J'ai essayé d'apprendre, mais ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air, et chacun adapte la danse à son pas, si bien que chacun semble danser une sardane bien à lui. J'aurais bien vu mes grands-parents se joindre à un des cercles!

Hier, nous avons visité la somptueuse Sagrada familia: imaginez une grande église solennelle et lumineuse, mais qui serait en plus une oeuvre d'art, une oeuvre d'art en création qui plus est, et voilà la Sagrada familia. Ou plutôt non, on ne peut la comprendre qu'en la voyant. Difficile à décrire. Plutôt qu'un coup de coeur, je dirais que j'ai eu un coup de foudre pour la SF. Pour ceux qui l'ignoreraient, il s'agit de la plus majestueuse oeuvre de Gaudi, qui est en construction depuis 1882 et qui n'est toujours pas achevée (et pas près de l'être), sa construction étant financée par le prix d'entrée déboursé par ses visiteurs. Heureusement pour elle, il s'agit de l'édifice le plus visité d'Espagne. Je me souhaite la chance de la voir une fois achevée, peut-être dans 50 ans, qui sait?

Sinon, nous avons beaucoup arpenté les rues, les marchés, les grandes et petites places, le parc de la citadelle, lieu ayant accueilli l'expo universelle de 1888, avec sa très belle cascade, son bassin aux canards et son impressionnante statue de mammouth, avons apprécié les façades des édifices les plus incongrus de la ville, avons vu le port et quelques plages, mais nous n'y sommes pas encore attardés (trop à voir encore!). Nous gardions pour le dessert la visite du parc Güell, et vivas! le dessert sera demain - je trépigne d'impatience!

Jusqu'ici je dois avouer que nous n'avons pas fait honneur à la cuisine espagnole: le studio nous coûte tout de même plus cher qu'une auberge de jeunesse et nous avons choisi d'amortir la différence de prix en cuisinant ''chez nous'' plutôt qu'en mangeant tous les soirs au restaurant. Ce soir, ce sera notre première expérience de tapas, et nous en salivons déjà!
À suivre :)

mardi 14 juin 2011

Entre la Corse et la suite

Dom et moi sommes arrivés ce matin à Toulon, après une nuit en mer depuis Ajaccio, capitale de la Corse, ville de Tino Rossi et de Napoléon! Nous sommes attablés à une petite terrasse en face de la gare, il n'est que 8h30, mais déjà le soleil tape fort. Encore quelques heures à attendre d'ici notre train en direction de Carcassonne, ce qui me permet de vous écrire mes mille péripéties corses.

Ah la Corse! Voici tout d'abord ce que j'avais à en dire quelques jours après mon arrivée:

''La Corse m'est hostile, je ne sais pas si elle veut de moi. Son soleil me brûle, ses routes m'étourdissent, me donnent la nausée, ses moustiques me grignotent, l'humidité de ses plages me pique les fesses, ses campings me mettent à l'épreuve, la fumée de ses cigarettes me pique les yeux et la gorge, elle me donne la fièvre et me cloue au lit... Elle me fait sentir toute petite, dépourvue de mes moyens. Grandiose et sauvage, la Corse. Oui sauvage, sans doute est-ce cet aspect qui se bute à moi / auquel je me bute. Pourtant ses habitants sont des plus sympathiques avec nous, pourtant je m'émerveille devant sa beauté brute. Oui elle porte bien son nom, ''l'île de beauté''.

Les nuages ici ne sont pas comme ailleurs, plus ouatés, ou plus filamenteux. Ils ne se contentent pas de glisser sur nos têtes; ils explosent, ils s'éparpillent, se redessinent. Leur observation - contemplation - est une affaire de chaque instant.

Ainsi s'installe une curieuse relation entre la Corse et moi : fascination - méfiance. De la matière pour réfléchir, un sentiments qui m'était jusqu'ici inconnu.''

Nos premiers jours en Corse ont été meublés par deux escapades avec Noura et sa bande d'amis, surtout sur la côte est de l'île - Porto Vecchio, Palombaggia. Nous y avons fait du camping et avons surtout profité de la plage. Cependant, le plan avait d'abord été de traverser l'île d'est en ouest et d'aller faire du bateau dans le golfe de Porto, mais le mauvais temps sur cette côte nous a fait revoir notre destination, et la découverte horrifiante de mon mal de transport sur la route la plus droite de l'île, celle menant à Porto Vecchio, m'a fait remercier le ciel d'avoir redessiné nos plans et de m'avoir évité les chemins tortueux de la montagne. Au début, j'ai cru être affectée par la chaleur étouffante, puis je me disais que c'était peut-être le verre de champagne de la veille, mais j'ai vite dû me rendre à l'évidence: ça tournait trop pour moi. Le reste de mes déplacements en voiture demeurent auréolés du brouillard des Mercalm, petites pilules qui se sont avérées fort utiles, mais endormantes.

De retour chez Noura à Bastia, Dom et moi étions animés par plein de beaux projets: une journée ou deux au Cap corse, une escapade à Erbalunga, petite ville voisine de Bastia, peut-être une randonnée en montagne, un peu de plage, etc. Or, j'ai attrappé à ce moment une sorte de grippe: mal de gorge, mal de tête, fièvre... si bien qu'il m'était pénible de faire une simple balade en ville. D'un côté, ça a permis à Dom, pendant ces deux jours, de faire plusieurs recherches pour la suite du voyage, ce qui n'était pas chose simple! En effet, il n'y a aucune auberge de jeunesse en Corse, et les hôtels ne sont pas donnés (en fait, rien n'est donné en Corse, le coût de la vie est assez cher du fait que c'est une île). De plus, le week-end que nous souhaitions passer à Ajaccio se trouvait à être le week-end de la Pentecôte, alors tous les gîtes pas trop chers étaient déjà loués. Nous avons dû nous rabattre sur l'option camping pour une deuxième fois en Corse, somme toute le moyen le plus économique de se ''loger''.

Mais bref, nos quelques jours à Bastia ont été des plus peinards, nous n'avons à peu près pas bougé de la ville, nous sommes baladés un brin dans le vieux-port, sommes allés à la plage et nous sommes acheté un peu de lecture - un Agatha Christie pour moi et l'autobiographie de Jacques Mesrine pour Dom. Pour tout dire, nous nous étions autorisés, en arrivant en Corse, à ne pas nous mettre de pression pour tout voir; la Corse c'était des vacances, une parenthèse dans le voyage. Alors bon, mon corps en a profité pour tomber malade... De plus j'ai un peu eu les blues du pays, j'ai commencé à avoir hâte au retour, même si je ne voudrais pas non plus le précipiter. Reste un peu moins d'un mois!

Nous avons ainsi quitté Bastia (et Noura) vendredi matin - j'en profite ici pour remercier chaleureusement Noura pour son accueil!! Nous devions prendre le train de Bastia à Ajaccio, le TGV disent les Corses, pour ''train à grande vibration''. Effectivement, il travaillait fort le petit train dans la montagne, teuf teuf teuf! Nous nous étions laissé dire que la vue en train était imprenable et que ça ne tournait pas trop, rien à côté du trajet d'autobus, alors c'était parfait pour moi! Mais comme c'était trop beau, le chemin de fer était en réparation sur la deuxième partie du trajet - la pire! - alors nous avons dû faire celle-ci... en autobus, eh oui. Hop une Mercalm et le trajet s'est bien déroulé, le hic c'est que ça me prend toujours plus de temps à sortir du brouillard que la durée du trajet lui-même...

Nous avions emprunté la tente d'amis de Noura, Julien et David (merci!) pour nos trois jours de camping, puis un autre ami, Vincent, nous a gentiment prêté tapis de sol et sacs de couchage une fois à Ajaccio. Nous avons trouvé le camping sans trop d'embûches, mais une surprise de taille nous attendait une fois là: la tente était brisée. Il faut dire que la tente était neuve et que nous étions les seuls à nous en être servis jusque-là, aussi nous étions responsables de son bris, sans pouvoir dire à quel moment une telle chose a pu arriver! Nous avons tout de même réussi à la faire tenir tant bien que mal, après avoir emprunté et monté une tente minuscule prêtée par le camping - et avoir renoncé à dormir dans une si petite chose! Malgré tout, je crois avoir vécu une de mes meilleures expériences de camping durant ces 3 nuits. Dom et moi avons adopté un petit rythme de vie agréable, avons fait quelques courses au marché: du pain, du fromage, du saucisson, une bouteille de vin, des oranges... je me suis racheté deux romans inspirants. Nous avons aussi échangé quelque peu avec nos voisins de tente, l'atmosphère du camping en bord de mer était agréable. Sauf la dernière nuit, tadam!! Nous avons été réveillés vers 2 heures du matin par une engueulade monumentale entre deux groupes de campeurs, l'un d'entre eux s'est fait casser le nez, la police est retontie, ouf! Quelle nuit! Tout ça pour une question de fausse accusation de vol de lampe frontale... les joies du camping :)

Le clou de notre séjour à Ajaccio demeure notre balade en mer vers la réserve naturelle de Scandola (patrimoine de l'humanité) et les calanques de Piana. Je dois dire que ces deux attraits étaient magnifiques, mais... en valaient la chandelle? Pas si sure... La mer était agitée, et le bateau, pendant des heures, a vraiment beaucoup tangué. Pour vous dire: l'équipage distribuait sans cesse des petits sacs en papier... et ces sacs servaient! Sans blague, au moins une trentaine de passagers ont été malades, et j'ai à un moment bien cru que j'allais faire partie du nombre - mais non, ça a passé. J'ai donc à nouveau avalé des Mercalm - ironiquement, ce n'est qu'à ce moment que j'ai compris le nom du médicament! - et ai raté tout le chemin du retour, pour le mieux sans doute. Dom le vaillant s'en est mieux tiré que moi.

Nous avons quitté le camping hier en début d'après-midi et avons tué quelques heures sur la terrasse d'un café en attendant notre bateau - nos gros sacs restreignaient nos mouvements et presque tout était fermé à cause du férié. Nous avons donc enchaîné les consommations: glace (crème glacée), bière, espresso, cappuccino, pastis... et avons appris en fin de journée, par Vincent avec qui nous avons pris un dernier verre, qu'il s'agissait d'un bar de nationalistes, et que nous n'étions peut-être pas tout à fait les bienvenus! C'est que je ne vous ai pas encore parlé des Corses. En quelques mots, ils sont réputés pour être petits, paresseux et surtout très fiers. Voici d'ailleurs une blaque entendue sur le bateau: Pourquoi les Corses sont si petits? Parce que quand ils étaient enfants, on leur a dit qu'ils devraient travailler quand ils allaient être grands. :p Mais bon, vous avez possiblement déjà entendu parler que ça brassait en Corse: mafia, vendetta, bombes... J'ai d'ailleurs questionné Julien et David à ce propos dès notre deuxième jour: quelle était la situation actuelle en Corse, est-ce que ça brassait pas mal? Ils ont commencé par répondre que c'était assez tranquille, puis se sont souvenus qu'un tel avait été tué la semaine d'avant, et tel autre et tel autre il y a 2-3 semaines, et ah oui c'est vrai il y a eu une bombe à tel endroit dernièrement, etc.! Inquiétant? Pas vraiment, du moins pas pour les touristes, puisque tout est soigneusement dirigé vers des personnes précises, et que les bombes n'éclatent que là où elles ne blesseront personne, c'est dans leur politique. Cela dit, de tout le temps que nous avons été en Corse, nous n'avons eu vent d'aucun incident criminel. N'empêche, ils sont très épris de leur île, ne veulent pas trop que ça change, ne laissent pas n'importe quelle compagnie s'y implanter (aucun McDo en Corse!), ne veulent pas s'emmerder, ne veulent pas travailler trop fort... Certains parlent le Corse (une forme de résistance?) et à ce que j'ai compris, les noms de villes entre autres en portent les traces: on ne prononce pas les terminaisons en voyelles! Aussi dit-on Porto Vec' pour Porto Vecchio, Palombage pour Palombaggia, Gerolat' pour Gerolata, une Pietr' pour la bière Pietra... La terminaison ne sert qu'à indiquer le genre et le nombre du mot, mais sa prononciation est inutile. Par contre, pour la réserve de Scandola, allez savoir pourquoi, on prononce le ''a''. On n'a pas pu m'expliquer...

A posteriori, la Corse.
Inhospitalière (attention, à certains égards seulement): difficile d'y circuler sans voiture (et même avec, pour les coeurs sensibles comme le mien), difficile de s'y loger, difficile de s'en tirer à petit budget... par contre les gens ont généralement été très gentils avec nous!
Majestueuse: le trajet de train / autobus entre autres m'a fait voir la grandeur presque monstrueuse et la beauté des montagnes et des paysages. Le golfe d'Ajaccio, sa mer et ses plages magnifiques, ses îles dites ''Sanguinaires'' pour la teinte qu'elles prennent au coucher du soleil, la réserve de Scandola, la petite ville de Gerolata au creux des falaises... wow. J'ai tout de même fini par craquer pour l'île de beauté.

jeudi 2 juin 2011

Arrivederci Italia!

(écrit hier)

La page de l'Italie est tournée, du moins le sera-t-elle lorsque j'aurai terminé de vous la raconter. Je vous écris depuis une petite boulangerie près du port de Bastia, en Corse, où nous venons tout juste d'arriver.

D'abord Venise, oh Venise! Labyrinthique, énigmatique, magnifique Venise! Je regrette de n'y avoir passé que 24 heures, c'était une toute petite halte dans notre itinéraire (bon, un détour, admettons-le) mais j'aurais aimé y rester plusieurs jours encore, me balader dans ses petites rues, découvrir ses recoins, traverser ses ponts, arpenter son bord de mer, visiter ses monuments... L'odeur était beaucoup moins pire que ce à quoi je m'attendais (beaucoup d'eau stagnante), et les prix étaient beaucoup plus raisonnables que ce à quoi on m'avait préparée. Cependant notre auberge de jeunesse a été je crois la pire que nous ayons connue jusqu'à présent - mauvais accueil, salle de bain sale, rideau de douche moisi, lit à 2 étages grinçant et peu solide... Mais Venise demeure mon coup de coeur, en bonne fleur bleue que je suis j'imagine. Peut-être est-ce son côté éphémère qui me séduit, le fait que dans quelques décennies elle sera inondée et probablement évacuée. Il y a là une place grandiose qui s'appelle la place Saint-Marc et qui fait partie du patrimoine de l'humanité. Je me suis fait la réflexion que je visitais un lieu dont l'humanité serait bientôt privée et j'ai trouvé cela bien dommage. Et où sont passées les gondoles!? J'en ai bien vu quelques-unes, une dizaine peut-être - à la queue leu-leu trimballant un groupe d'asiatiques - , mais où est passé le charme? Tant pis, nous nous sommes contentés de nos tranquilles balades à pied. D'ailleurs quel bonheur de marcher dans une ville sans voitures! Je retournerais bien à Venise!

Nous avons ensuite passé 3 jours à Florence, et je me permets ici de faire une petite parenthèse. Être en voyage, ce n'est pas en ce qui nous concerne être en vacances. Bien sûr, ce n'est pas non plus un travail, mais nous nous sentons tout de même l'obligation, lorsque nous nous trouvons dans une ville étrangère, d'être ''productifs''. J'entends par là visiter quelques musées, voir les principaux monuments, attraits touristiques, goûter telle spécialité, magasiner tel cadeau... À Florence, il m'a pris une irrésistible envie de faire la grève de tout ça, de bouder les musées (ça m'endort, les musées!), de bouder ce qu'un touriste ''normal'' aurait dû y faire. Mais la culpabilité était trop grande - nous n'étions à Florence que pour 3 jours! - alors nous avons à tout le moins visité le célèbre Musée des offices (da Vinci, Botticelli, Le Caravage...), le très grand et inspirant jardin de Boboli, ainsi que la principale église florentine (basilique je crois) dont j'oublie même le nom, honte à moi! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de ne pas vous brosser le tableau élogieux auquel Florence aurait droit, car néanmoins il s'agit d'une très très belle ville! Nous nous sommes au moins bien baladés (pas trop forçant!). À notre grand étonnement, Florence nous a coûté plus cher que Rome, mais je ne regrette aucunement mon passage. Je crois par ailleurs que Dom a su mieux apprécier que moi.

Nous avions par la suite réservé pour une nuit une chambre à Tavarnelle, petite ville de la région de Chianti. Comme nous devions de toute manière repasser par Florence le lendemain, nous avons réussi à nous entendre avec notre auberge à Florence pour qu'ils gardent nos gros bagages le temps de cette petite escapade et... avons loué un scooter pour nous y rendre et silloner un petit coin de Toscane par la même occasion! Quelle expérience! En fait, je crois bien que c'était la première fois que je grimpais sur un scooter - comme passager, s'entend - et j'étais quelque peu inquiète... Malgré un départ un peu maladroit disons - mais il fallait bien que Dom se réhabitue! - et une petite frousse dans les gros ronds points, tout s'est très bien passé. Les indications routières sont somme toute très claires et je crois que nous avons eu une grande part de chance. Il faudrait trouver une station d'essence? 2-3 virages et hop! en voilà une! Bon, trouvons l'auberge à présent, tchoup tchoup elle est là! Il faisait un temps magnifique et la plupart des routes étaient des plus agréables à parcourir. Wow les vignobles, les oliviers, les vallons, les montagnes, la lumière, le bon vent... wow wow wow! Le retour vers Florence le lendemain matin a été un peu stressant car il y avait du traffic et nous avions une heure limite pour ramener le scooter, mais imaginez-vous donc que nous sommes arrivés à la minute près, ouf!

Dernier jour en Italie (hier): de Florence, nous avons pris le train jusqu'à Pise pour voir sa réputée tour penchée, et aussi pour se rapprocher de notre port de départ pour ce matin. Agréable surprise, en plus d'être penchée (c'est vraiment spécial!), la tour est vraiment très belle, de même qu'une grande église la jouxtant. Chouette petite ville, où nous n'avons tout de même passé que quelques heures. Notre auberge de jeunesse était superbe! La moins chère que nous ayons eue, bien située, colorée, accueillante, propre et avec un lit double! Notre premier depuis notre départ de Strasbourg (même à Rome en chambre privée nous n'avions que des lits jumeaux). Malheureusement, nous n'avons dormi que quelques heures puisque nous devions attraper notre train à 6h10 pour Livorno, de là un autobus jusqu'au port, puis notre bateau à 8h15 (de quoi être stressée encore une fois, même si ça ne sert à rien, je sais). Par bonheur tout s'est bien passé, malgré la misère que nous avons eue à trouver l'arrêt d'autobus à la gare, et que nous avons dû chercher sous la pluie!

J'ai dormi pour ma part une bonne partie du trajet en traversier, qui durait un peu plus de quatre heures, et nous voilà maintenant en Corse (région de la France pour ceux qui l'ignoraient), où il fait bon d'entendre parler français, de pouvoir lire le journal - ce que Dom fait en attendant que je termine mon récit - et de comprendre ce qui se passe autour de nous. C'est sympathique de voir défiler dans la boulangerie tous les habitués du quartier, qui souvent s'embrassent ou se saluent chaleureusement. Nous avons encore du temps à tuer d'ici à ce que notre hôte de la Corse, Noura, finisse de travailler et nous accueille chez elle. Il s'agit d'une bonne amie des colocataires strasbourgeois de Dom. Le plan est que demain nous partions avec elle et une vingtaine de ses amis (!) en road trip vers je ne sais plus quelles calanques, et déjà le peu du paysage de la Corse que nous avons vu jusqu'à présent - et qui n'est pas dissimulé par les nuages - nous promet une très belle balade. Une nouvelle expérience de camping s'annonce pour Alex l'aventurière... hum hum! De retour je pense dimanche à Bastia où nous passerons vraisemblablement quelques jours encore. À nous la mer!

Pour terminer avec l'Italie, je peux vous dire que j'ai été charmée! Arrivederci est je crois mon mot préféré, et, joliment, il signifie ''au revoir'', ''à la prochaine''. Justement, j'ai la nette impression que je la reverrai, cette belle Italie, peut-être dans 10 ou 20 ans, qui sait! Espérons avec un budget un peu plus étoffé la prochaine fois :).




vendredi 27 mai 2011

Finalement Rome...

NB: Ce billet a été écrit mercredi, je n'ai pu le mettre en ligne avant aujourd'hui.

Buongiorno! Premier mot de mon petit guide de conversation en italien, mon allié. Je me sens cousine de cette langue chantante, me découvre une curiosité pour elle, son vocabulaire, ses accents, ses ressemblances avec la langue française. Je me sens cousine aussi de cette culture, de ce pays. Peut-être est-ce le symptôme des retrouvailles avec un pays occidental après Istanbul... dépaysée et pas à la fois.

Bella Roma. À nous promener dans la ville Dom et moi, nous avons tenté de mettre le doigt sur ce qui nous charmait de Rome, de ses ruines et vestiges ou de sa modernité, et en sommes venus à la conclusion que c'est la cohabitation de ses deux facettes qui fait son âme. Dom a une préférence pour ses monuments, ses statues, moi pour ses petites rues fleuries et ses fontaines.

Nous avons passé la nuit de samedi dans une auberge de jeunesse pas trop loin de l'aéroport, au bord de la mer. Il s'agissait en fait d'un ancien hopital psychiatrique converti en auberge, troublant! Nous partagions une chambre avec quatre autres personnes, dont un jeune homme qui ronflait avec beaucoup d'ardeur et de constance (que j'étais contente d'avoir mes bouchons!) et qui était probablement le propriétaire de chaussures particulièrement odorantes (que j'aurais aimé avoir un pince-nez!). Heureusement, ce n'était que pour une nuit. Le lendemain matin, nous avons rejoint le centre de Rome en compagnie de deux voyageurs serbes rencontrés la veille. Nous avions eu du mal à dénicher une chambre à bon prix à Rome - d'ailleurs la plus dispendieuse que nous avons réservée à ce jour - mais elle était privée et fort charmante! Nous avions en outre accès à une cuisinette, ce qui nous a permis d'économiser sur les repas.

Les trois jours passés à Rome ont été des journées de pèlerinage, ponctuées de quelques visites d'églises et des musées du Vatican (chapelle Sixtine comprise!). Il a fait chaud et humide chaque jour, et à chaque jour finissaient par éclater un orage ou du moins quelques nuages, ce qui ne nous a pas empêchés de poursuivre nos balades. Un moment où il a plu particulièrement fort, nous avons trouvé refuge sous le parasol d'une terrasse où un charmant couple italien s'était également abrité. Nous avons rapidement lié conversation avec eux, malgré le léger obstacle de la langue... Émilio parlait quelques mots d'anglais et de français, mais sa compagne ne parlait qu'italien, et l'essentiel de la conversation s'est déroulée en italo-anglo-franco-mimes! Ils sont parvenus à nous recommander un excellent petit restaurant où nous avons soupé hier, pour l'anniversaire de Dom (re-bonne fête mon amour!). Nous avons effectivement très bien mangé: antipasto (bruschetta), primo (pâtes), secondo (viande) et dolce (dessert maison), le tout arrosé du vin blanc maison. Miam.

Je le concède, trois jours, c'est sans doute peu pour prétendre avoir vu Rome, mais le prix de ses chambres nous a dissuadés de nous y éterniser, sans parler du fait que nous souhaitions voir plusieurs autres villes en Italie. Cependant, je crois pouvoir dire qu'avec Rome, ça a cliqué, mais je ne sais pas encore si c'est réellement la ville qui m'a ravie ou si c'est l'Italie. Nous sommes présentement dans un train nous menant à Venise, nous y serons dans encore quelques heures.

À propos de ce train, nous sommes arrivés à la gare de Rome avec presque une heure d'avance considérant que notre train avait une vingtaine de minutes de retard. Sans doute est-ce son retard justement qui a entraîné qu'il arrive au quai 8 plutôt qu'au quai 11 où nous l'attendions tranquillement... Quand enfin le tableau des départs a affiché son nouveau quai, nous nous sommes butés à la porte 8 qui était barrée, quelle idée! Après avoir tenté - sans succès - de comprendre la feuille affichée sur la porte et avoir finalement interrogé un employé, nous avons dû monter sur le quai 10 et le contourner à son extrémité pour rejoindre le nôtre. Bien sûr, avec tout ça il était maintenant l'heure du départ, alors nous avons dû courir, j'ai échappé mon foulard sur les rails, Dom a dû aller le récupérer - le tout avec nos gros sacs à dos -! Nous sommes montés à bord du train tout essouflés et un peu ébahis face aux obstacles rencontrés, nous qui étions largement en avance! Ouf!

Il fait très beau et chaud et les paysages que nous traversons m'inspirent grandement - mis à part les grands bouts de tunnels. Dans notre cabine il y a une dame qui voyage avec son chaton, il se tient bien tranquille dans sa cage et miaule très peu. Tantôt elle l'a sorti pour le faire jouer et lui donner un peu d'eau, il est tout mignon et ressemble au chat de ma cousine Laurence, petit chat grouillant aux griffes bien affûtées.

Depuis une semaine, peut-être plus, je rêve chaque nuit que je suis de retour au Québec, mon subconscient invente mille et une raisons pour justifier que je n'ai pas de souvenirs de mon passage en Corse, à Barcelone ou à Paris. Cette nuit je passais un examen dont j'avais manqué la matière à cause de mon voyage, la nuit d'avant je reprochais à Dom de ne m'avoir laissé passer qu'une journée à Barcelone. Est-ce la hantise de voir mon voyage se terminer? La moitié ne s'est pourtant pas encore écoulée, et je suis heureuse qu'il en soit ainsi.

Je viens de terminer la lecture des Déferlantes, je l'habite encore un peu. J'ai beaucoup aimé son atmosphère, ses personnages; rapidement j'ai eu hâte de m'y replonger dès que je le quittais. Cette fois je le quitterai vraiment, je devrai l'abandonner à la prochaine bibliothèque que je croiserai. Le livre matériel a ses contraintes, il n'est pas né pour le voyage, son poids et son volume requièrent qu'on le laisse derrière. Sachez tout de même que je le recommande. Merci à Rita et Sandrine qui me l'avaient offert.

Bon, à nous Venise!


samedi 21 mai 2011

Vol BV 1789

Je vous écris depuis l'aéroport de Sabiha, Istanbul, où nous sommes arrivés avec... 6 heures d'avance! Il faut dire que le stress engendré par notre presque ratage d'avion à Basel-Mulhouse (Dom dira que j'exagère ;) ) nous a fait prendre cette fois nos précautions - peut-être un peu trop. N'empêche, ces quelques heures nous auront permis entre autres de manger un dernier simit et de boire un dernier thé turc beaucoup trop chers, et de régler plusieurs détails pour notre escapade en Italie - ah oui, j'oubliais de vous dire où nous partons: Rome! Bien que cette ville a dernièrement exercé sur moi une grande force d'attraction, soit depuis la lecture de Mange prie aime, je m'envole vers elle un peu à reculons, ou disons à pas de crabe, de côté. Il se trouve que Dom y est déjà allé il y a environ 2 mois, avec une amie, et j'ai la désagréable impression de lui faire revivre le même voyage, malgré qu'il m'assure avoir envie d'y retourner avec moi. Rome, pas Rome, Rome, pas Rome, j'ai hésité... Finalement Rome. Puis une nuit à Venise, quelques jours à Florence, un saut à Tavarnelle en Toscane et un dernier jour à Pise avant de prendre le traversier pour la Corse. Si tout se passe comme prévu en tout cas! Notre vol de ce soir est prévu pour 21h, et nous atterrirons à 22h30, heure d'Italie (nous reculons d'une heure).

Je vous dois néanmoins quelques mots au sujet des derniers jours passés à Istanbul! Tout d'abord, nous avons changé d'auberge de jeunesse au bout de 6 nuits, et je dois dire que pour ma part c'était vers du mieux. Nous étions encore au sous-sol, mais cette fois nous avions plus de lumière, et nous étions dans une chambre contenant un peu moins de lits (6 plutôt que 9). Et, très important, les douches étaient nettement plus salubres! L'ambiance était un peu moins conviviale qu'à notre première auberge, moins ''hostel'', il y avait surtout des couples et les conversations se liaient moins facilement. Ça nous a convenu, car jusqu'à maintenant nous sommes plutôt dans un mode duo. Je dis ça, mais nous avons tout de même jasé avec quelques turcs, entre autres quelques vendeurs, serveurs, deux hommes qui voulaient pratiquer leur anglais et qui avaient comme habitude de fréquenter la fontaine très touristique où ils nous ont abordés dans ce but bien précis, et un autre avec qui Dom s'est entretenu à la sortie d'une mosquée que nous avions visitée - il se demandait si Dom était musulman.

Dans les derniers jours, nous avons fait une croisière sur le Bosphore, fleuve séparant les rives européenne et asiatique d'Istanbul, mais il faisait froid et ce n'était pas des plus agréables, nous sommes mal tombés. Aussi, Dom est allé chez le barbier, puis lui et moi avons expérimenté le hammam - genre de saunas séparés pour les hommes et les femmes où ceux-ci se font frotter quasi intégralement au gant de crin puis savonner par des masseurs / masseuses. Assez inusité comme expérience! Disons que je n'ai pas l'habitude du monokini... ni de me faire laver!

Nous avons aussi visité quelques musées, musées archéologiques et musée de la céramique, visité aussi l'ancienne citerne sous-terraine de la ville - très impressionnante avec ses colonnes, ses coupoles et ses gros poissons qui gigotent dans le peu d'eau qu'il y reste. Nous avons également pris le traversier pour aller nous balader dans le quartier Uskudar, du côté asiatique d'Istanbul, beaucoup plus résidentiel et de peu d'intérêt touristique, si ce n'est que de voir comment vivent vraiment les stambouliotes! Nous avons aussi assisté à un concert rock, en fait la finale d'un concours où 3 bands performaient, et je crois que nous étions les seuls touristes dans la salle! Nous avons bien aimé l'expérience, et sommes restés jusqu'à la fin même si nous nous étions autorisés à partir tôt si ça ne nous branchait pas plus que ça...

Comme notre nouvelle auberge n'avait pas de cuisine pour les invités, nous avons beaucoup plus mangé au restaurant dans la deuxième partie du séjour, et avons goûté des plats succulents, découvert les vrais kebaps - ce n'est pas du fast food ici! - fumé 2-3 chichas, pris un verre sous le pont de Galata en regardant le coucher de soleil sur la Corne d'or... bref, nous en avons bien profité, et à prix bien modique en général.

A posteriori, ce que j'ai le moins aimé d'Istanbul, c'est ses vendeurs de faux parfums de luxe, et aussi ceux qui veulent à tout prix te vendre des jeans. Mais les vendeurs en général, et aussi les restaurateurs, qui t'accrochent sans cesse sur la rue pour te convaincre de venir voir leur marchandise ou de manger sur leur super hot terrasse, j'ai du mal - Dom peut témoigner... C'est culturel, c'est ça Istanbul, et c'est ça aussi ailleurs, je sais. Par ailleurs, je n'aime pas trop marchander. Dans les bazars et dans plusieurs boutiques, c'est la norme, pourtant j'ai toujours l'impression de mal faire, de sortir perdante. J'ai malgré tout beaucoup aimé la ville: ses parfums, ses saveurs, sa fierté, son bordel par endroits, ses chats, ses chiens, même si souvent ils me faisaient pitié, ses mosquées... son âme. Mais ne suis pas tombée amoureuse. Voyons voir l'Italie à présent...

jeudi 12 mai 2011

Au revoir la France, unadin Istanbul!




Depuis un café turc surplombant une rue passante du quartier Beyoglu, aujourd'hui je vous gâte en récit d'aventures! Mais tout d'abord la conclusion de l'épisode strasbourgeois: les derniers jours ont été des plus agréables, peuplés d'apéros qui s'éternisent, d'une visite chez des amies de Dom dans la petite localité de Truchtersheim, d'un souper sushis (rien à voir avec ceux du Tokyo!), de préparatifs de départ et d'un petit tour de marché aux puces; bref, une dernière semaine beaucoup plus vivante que la précédente. Je salue ici tous les gentils strasbourgeois rencontrés lors de mon passage, en particulier les colocs de Dom qui m'ont fort bien accueillie!




Notre avion décollait dimanche à 22h30 de l'aéroport de Basel-Mulhouse, sur la frontière franco-suisse. Nous avons quitté Strasbourg en début d'après-midi pour Mulhouse, l'une des principales villes d'Alsace, où nous avons passé quelques dernières heures avec des amis français. Nous devions ensuite reprendre le train pour une gare à proximité de l'aéroport, puis enfin une navette pour nous y rendre. J'ai bien dit ''nous DEVIONS''. Car, première aventure, imaginez-vous donc que nous avions mal regardé les horaires de trains et que le prochain en partance pour la gare de Saint-Louis ne nous garantissait pas du tout que nous pourrions attraper notre vol. Catastrophe! J'entame ici l'hommage à Chocho, coloc et bon ami de Dom, je dirais aussi le mien, qui a volé à notre secours avec sa douce Hélène à bord de la Chomettemobile pour nous mener à l'aéroport sans encombres (sauf peut-être les 2-3 ongles que j'ai eu le temps de me ronger entre-temps, moi qui ne me ronge pourtant jamais les ongles!) Vraiment MERCI!!!




Le vol en soit s'est assez bien passé, malgré la symphonie de bébés qui pleurent à l'atterrissage, quelques petites secousses de turbulences et le fait que je n'ai pas réussi à fermer l'oeil. Nous avons atterri à Istanbul - non non, pas l'aéroport près de la ville, l'autre, celui à plus de 50 km... - vers 2h du matin (une heure de décalage de plus par rapport au Québec). Nous avons récupéré nos sacs et avons dormi tant bien que mal (surtout mal) sur des bancs d'aéroports jusqu'à environ 7h. Puis petit déj., autobus, funiculaire sous-terrain, tramway et petite marche pour enfin rejoindre notre auberge. Bon, l'auberge. Pas si mal en fait, si ce n'est que notre dortoir est au sous-sol, donc sans fenêtres dignes de ce nom, et que le plafond de notre douche est couvert de moisissures... Du moins les lits sont plutôt confortables, les employés sont fort sympathiques, le thé (très bon) est à volonté et nous sommes très bien situés au sein du quartier Sultanhamet, soit le quartier historique.




Nous en sommes aujourd'hui à notre quatrième jour à Istanbul, et je ne sais trop comment résumer mes impressions de cette ville... Allez, je tente le coup: dépaysement, richesse historique, effervescence, mosquées, appels à la prière, faïences, marchés, vendeurs insistants, apple tea (miam), fleuve, mer de Marmara... je vous oublie un peu derrière tout ça, ma vie à Montréal me semble un lointain et vague souvenir...




Nos visites des derniers jours: la basilique Sainte-Sophie, la Mosquée bleue (wow), le palais de Topkapi et son harem (re-wow), le musée d'art moderne d'Istanbul, puis de nombreuses promenades dans les dédales de petites rues stambouliotes - on y trouve un grand nombre de petits kiosques de rue où sont vendus des marrons chauds, des simits (genre de bagels), du maïs bouilli ou grillé, des fruits, des noix, etc., des cireurs de chaussures ambulants, des petits cafés ou bars à chicha (nargilé), des taxis (taksi) jaunes devant lesquels vaut mieux dégager la voie au plus vite! J'en passe, je vous en garde pour un autre jour ;)




Nous quitterons Istanbul le 21 mai, reste encore le temps de faire maintes découvertes...




 




 




 

mercredi 4 mai 2011

Une semaine au ralenti




Une autre semaine vient de s'égrener, étrangement le contenu des derniers jours s'entremêle jusqu'à former un amalgame difforme. Bien sûr, je me souviens de ce que j'ai fait hier, ainsi qu'avant-hier, mais au-delà? Balades dans la ville, grasses matinées, viennoiseries, souper dans un resto à la déco très kitsch sur Grand'rue, apéro prolongé avec plein d'inconnus à La Corde à linge - ancienne blanchisserie convertie en resto-bar -, glace sur la place Gutemberg, saut dans les centres commerciaux (aucun achat), bouquinerie, visite du coquet Musée alsacien, ascension en colimaçon de la tour de la cathédrale, observation attendrie des canetons sur l'Ill, rencontre d'amis québécois de Dom, soirées tranquilles à la coloc... déception face au résultat des élections...




Mon rythme de vie ici vogue au ralenti, chaque jour est une feuille blanche, dépouillée d'urgence et d'obligations, attendant nonchalamment d'être noircie, froissée, gaspillée même. Que suis-je censée accomplir de productif aujourd'hui? Qu'avais-je planifié pour ces premières semaines? 1. Profiter de mon amoureux 2. découvrir la ville 3. préparer la suite du voyage. Or 1. l'amoureux a autre chose à faire, doit étudier, doit préparer son départ, sans parler du fait qu'être 24 heures sur 24 avec une personne qu'on n'a pas vue pendant plus de trois mois, même si on est très très content de la retrouver, n'est pas la chose la plus naturelle qui soit. Or 2. la ville est très jolie, je suis convaincue qu'il y fait bon vivre, mais son intérêt touristique est quelque peu limité. Or 3. je dois me battre chaque jour avec la connexion Internet défaillante, ne serait-ce que pour aller voir mes messages; aussi bien dire que la recherche sur nos possibles destinations, possibles vols, possibles bateaux, possibles auberges de jeunesse est des plus ardues. Mais surtout, une sorte de paresse m'englue, une paresse que je ne m'explique pas, ou peut-être par le fait qu'elle m'est permise, qu'elle ne dérange personne, et que bientôt elle n'aura plus de place pour étendre ses tentacules. Peut-être. Malgré tout, soyez rassurés, je ne me plains pas. Malgré tout je suis bien, j'expérimente simplement le farniente, en attendant. Et je lis!




Hier, Dom et moi avons fait un petit saut à Kelh, petite ville située de l'autre côté de la frontière allemande. Ce fut essentiellement une longue balade avec très peu de haltes. Il faisait beau, mais c'était plutôt frisquet, sous les 20 degrés, comme aujourd'hui d'ailleurs. Heureusement le soleil est très chaud, mais le vent frais. Fin de la capsule météo :). Bref, l'intérêt de cette petite balade réside surtout dans le fait qu'elle était en Allemagne, car la ville était de peu d'éclat à mon avis. Semble-t-il que les Strasbourgeois y vont surtout pour y acheter des cigarettes, beaucoup moins chères qu'en France, et autres produits de consommation. Vous devinerez que je n'ai pas profité de l'aubaine.




À travers ces journées plus ou moins remplies, une idée fait tranquillement son chemin : je suis en France, je suis à Strasbourg, je suis en voyage, je suis ailleurs. Aussi farfelu que cela puisse paraître, je n'ai pas toujours conscience de ma situation. Je pense à mes collègues qui sont au bureau en ce moment, je pense à Kalem qui me remplace - comment ça se passe? -, je me retiens pour ne pas aller les déranger trop souvent sur le chat du travail... Cette semaine, mon sous-locataire est arrivé à Montréal, se trouve vraisemblablement dans mon appartement à l'heure qu'il est. Mon appart est habité en mon absence. Ça me fait bizarre. Mes chats Wasabi et Mika sont respectivement logés le temps de mon voyage chez ma soeur Euphémie et chez mon père, et semblent très bien survivre à mon absence: pas de grève de la faim, pas de fugue, pas de grabuge - du moins de ce que j'en sais! Ils continuent sans moi, vous continuez sans moi, tout continue sans moi. Au fond, je crois que ça m'aide à prendre conscience de ma distance, de me rendre compte que tout continue sans moi. Mais c'est tout de même étrange.




Dom et moi avons commencé à tracer à l'encre ce qui n'était que l'esquisse de notre itinéraire: nous partons dimanche soir pour Istanbul et avons réservé une auberge de jeunesse pour les 6 premières nuits. Nous resterons vraisemblablement plus longtemps que ces 6 nuitées, cependant c'est le deal qu'on trouvera pour notre destination suivante (flexible!) qui déterminera le jour de notre départ. J'ai hâte! Et hâte pour vous car j'aurai alors des choses beaucoup plus excitantes à raconter!




À part ça eh bien j'ai recommencé à boire du café, pas nécessairement chaque jour, mais quand même! J'en ai déjà marre de porter les mêmes vêtements, et les Françaises sont si bien habillées - surtout à côté de mon look touriste (pas tout à fait assumé)! Je rêve la nuit que je retrouve au fond de mon sac tel ou tel chandail que je pensais avoir laissé à Montréal, joie! Ou bien je rêve encore souvent à mon départ pour la France, cette nuit j'ai presque raté mon avion! C'est dire comment je ne réalise pas tout à fait que je suis ici.




J'ai terminé la lecture des Chaussures italiennes, que je ne sais trop comment résumer, que je ne sais trop à qui conseiller... un de ces livres où on ne s'attache pas vraiment aux personnages, où l'on ne se reconnait pas non plus, mais dont on ne peut nier la justesse et la sensibilité... J'ai commencé Les Déferlantes de Claudie Gallay et me sens déjà plus interpelée. C'est drôle tout de même cette parenté entre les prémisses des deux livres, alors que rien ne les destinait à être lus l'un après l'autre: deux solitudes en bord de mer... Je devine cependant que la suite les rendra étrangers.




À suivre!

mercredi 27 avril 2011

Des nouvelles!



Une semaine s'est écoulée depuis mon arrivée en France, pourtant je rêve encore que mon départ est imminent et que je n'aurai jamais le temps de tout faire avant de partir. J'ouvre les yeux et je suis à Strasbourg; inutile de penser à ce que j'ai pu oublier de mettre dans mon sac à dos.



À l'instant, je vous écris depuis un petit café du campus de l'Université de Strasbourg, Dom est en examen et je prends quelque peu le pouls de la communauté étudiante pendant ce temps.



Mais commençons par le commencement. Mon vol a décollé de Montréal avec un peu de retard lundi le 18 avril, soit vers 20h, et est malgré tout arrivé en avance à Paris le lendemain matin, soit vers 8h15. Les vols transatlantiques sont toujours longs et pénibles à mon avis, du moins avais-je la motivation de retrouver mon amoureux après plus de trois mois de séparation. Quelle ne fut pas ma déception de fouiller la foule des yeux à l'aéroport et de ne pas y reconnaître de visage connu (aimé)! Après presque une heure d'attente - le terminal était alors pratiquement vide -, je me suis décidée à sacrifier un petit euro et à téléphoner à chéri qui m'attendait à un tout autre terminal. Humr. Nous nous sommes finalement rejoints à mi-chemin entre les deux, dans ce beau soleil, matinal, parisien.



Après une petite balade en RER jusqu'à la Gare du Nord, nous nous sommes acheté un sandwich dans une petite boulangerie et avons pique-niqué dans un charmant jardin voisin de la Gare de l'Est, d'où partait notre TGV pour Strasbourg. J'ai fait une sieste dans le jardin fleuri, puis j'ai dormi - profondément! - toute la durée du trajet en TGV. Dur dur le décalage!



Nous avons ainsi rejoint l'appartement où loge Dom depuis janvier en fin d'après-midi, et j'ai pu rencontrer ses 1001 colocs - bon, quatre seulement, mais il y a tout le temps de la visite! Je peux dire que j'ai été fort bien accueillie :) Les deux jours suivants ont été consacrés à ma remise sur pied et à la visite de Strasbourg - balade à pied, bateau-mouche, visite de la cathédrale et petit après-midi au parc de l'Orangerie où se trouve un mini-zoo. Strasbourg est une très jolie ville, à l'architecture typiquement alsacienne, sillonée par les différentes branches de l'Ill et donc ornée de petits ponts plus jolis les uns que les autres. Je tenterai de mettre quelques photos dans les prochains jours (contribution de Dom!). Ah, au fait! Il fait tout le temps beau, et en moyenne 25 degrés! Aujourd'hui est la première journée un peu plus grise.



Ceux qui connaissent mon (non) côté plein air seront surpris d'apprendre que je me suis ensuite embarquée dans une expédition de trois jours dans les montagnes - je me demande moi-même ce qui m'a prise (ah l'amour!). Pour ma défense, ces trois jours hors de la ville ont contribué à mon retard d'écriture... Bref, c'est en tout 22 personnes, Dom et moi compris, qui se sont lancées à la conquête des Vosges, plus précisément du Grand Ballon (le plus haut sommet des Vosges, rien de moins!) Aujourd'hui, troisième jour suivant le retour de rando, maintenant que tout mon corps a cessé de me faire souffrir au moindre mouvement (merci Tiger balm ;) ), que mes ampoules aux pieds se sont plutôt résorbées et que j'ai UN PEU oublié la souffrance, l'épuisement, le découragement, les nuits à avoir froid / mal au dos et les montées intenses, je commence à me dire que je suis contente d'y être allée. Ou, à tout le moins, j'aurais sans doute regretté de ne pas y être allée. Je dois admettre que les soirées autour du feu, l'atmosphère de camaraderie, les blagues, le panorama, et un peu tout de même le sentiment de satisfaction font pencher la balance. Je me promets néanmoins de ne pas reproduire une telle expérience de sitôt! Au retour, j'étais si exténuée (et je m'étais tant retenue pour ne pas chialer tout le long) que j'ai fini par fondre en larmes pour aucune raison. Ouf! Mention spéciale à mon amoureux qui chaque jour déchargeait mon sac un peu plus, qui à deux reprises a pris de l'avance sur le chemin pour revenir me libérer de mon sac sur au moins quelques dizaines de mètres - les pires! - et qui s'est montré des plus indulgents et compréhensifs.



Les deux derniers jours ont été des plus tranquilles: après-midi au parc avec les copains à jouer aux cartes, bouffes communes avec les colocs, petites courses au marché, ''dégustation'' de vins alsaciens... il faut dire d'ailleurs que Dom avait à étudier pour son examen de cet aprèm, donc nos activités ont été un peu plus restreintes. J'en ai profité pour enfin commencer Les Chaussures italiennes d'Henning Mankell sur le balcon, mais je suis encore très peu avancée. Je vous abandonne d'ailleurs pour aller poursuivre ma lecture au jardin botanique de l'université! À toute!

mercredi 13 avril 2011

Nouvelle épopée

Oyez, oyez! À cinq jours du prochain grand départ, je crois pouvoir dire que le décompte est officiellement commencé. Au programme: Strasbourg, Istanbul, la Corse, Barcelone et j'en passe. Au plaisir de pouvoir partager avec vous les innombrables découvertes et péripéties des trois prochains mois! La voyageuse de mots est de retour :)