dimanche 22 juin 2008

Aurore

Je vous écris à l’heure où la nuit et le jour, où hier et aujourd’hui, et même demain se confondent. Il est 5h47 du petit matin, les oiseaux gazouillent, le coq a chanté plusieurs fois déjà (aucun repère : il chante à toute heure !) Le sommeil me gagnera certainement sous peu, mais avant j’avais envie de vous dire que le monde m’appartient, parce que je suis en Grèce, parce que les couleurs du lever de soleil sont magnifiques dans le ciel, parce que le vent et les doux parfums rivalisent dans l’air, parce que je pars pour la Turquie lundi (demain), et parce que tout ! Le monde m’appartient, mais je le partage néanmoins avec tous ceux qui osent le prendre…
Une autre nuit blanche derrière moi, à croire que j’y prends goût, mais les nuits ici passent tellement vite… Marie-Annie, Caro et moi sommes allées prendre un bain de « minuit » à 4h30 du matin, et l’eau était vachement froide, mais quel bienfait d’en sortir toutes vivifiées ! Je me sens si bien.
La dernière semaine de cours s’est déployée en douceur, malgré les grosses chaleurs… cours le matin, après-midi de plage ou de piscine, soupers éparpillés.
Les sources thermales se sont avérées une belle surprise, même s’il n’y avait qu’un bain chaud. Nous y passions quelques minutes, Caro, Marika, Sophie et moi, puis nous nous jetions dans la mer, nous laissant flotter sur le dos, ondulant au gré des vagues. Au retour, nous avons été contraintes de nous asseoir sur le bord de la rue parce que le coucher de soleil était vraiment trop beau, et que nos âmes probablement étaient plus aptes à recevoir un tel spectacle après s’être repues de tranquillité. Nous avons ensuite soupé dans une pizzeria presque déserte, mais charmante. Le service était très lent (à la grecque), mais nos deux pizzas étaient très bonnes (surtout la croûte !) et le vin scellait bien l’amitié qui nous liait en cette belle soirée. C’était mardi.
Mercredi nous avons soupé dans le port et sommes allées nous asseoir tout au bout du quai d’amarrage pour discuter de tout et de rien en admirant le Castro illuminé. Nous avons eu une belle surprise : la pleine lune est surgie de derrière les montagnes et nous a offert sa lumière sur l’océan, juste sous nos yeux ravis. Nous avons ensuite regagné le port et j’ai regardé le match de foot qui opposait la Grèce et l’Espagne, avec quelques autres fans. Malheureusement, la Grèce a perdu, encore une fois.
Jeudi reste un mystère, je ne me souviens plus de ce que j’ai fait. J’imagine qu’il n’y a rien de très intéressant à en dire… Vendredi, par contre, je me souviens très bien : c’était notre troisième et dernier safari-jeep, et nous avons encore une fois passé une très belle journée. Départ vers 10h30, arrêt dans un petit village pour prendre un frappé, visite d’un site antique, dîner et promenade dans un autre petit village, plage et souper sur le bord de la mer. Je me suis sentie retomber en enfance ; j’ai passé tout l’après-midi dans l’eau, à dénicher des roches colorées pour un projet artistique plus ou moins défini, à nager ou à me laisser ondoyer dans cette mer où l’on flotte sans le moindre effort.
J’étais dans le même jeep que Caro, Gaétan (notre prof d’histoire) et sa femme, Denise. Nous sommes passés dans une région de l’île où il y avait vraiment beaucoup de végétation, et des arbres très hauts, alors que nous croyions l’île quasi désertique (j’exagère un peu). Au retour, Caro et moi avons vu deux étoiles filantes ! et au fil de discussions fort intéressantes, nous avons appris pourquoi les Athéniens avaient les hanches plus étroites que les Spartiates… je vous raconterai si ça vous chante ! J’adore les justifications mythologiques.
Hier soir, samedi, les 5 Gorgoniennes nous sommes concocté un délicieux souper 5 services, où chacune était chargée de préparer un plat (j’étais responsable de la salade de fruits). C’était excellent, en particulier le plat de Caro : porc mariné avec légumes sautés et compote de pommes maison. Nous trinquions à chaque plat, et celle qui l’avait cuisiné devait dire quelques mots sur le voyage. En fait c’était un de nos derniers soupers toutes ensemble, parce que demain c’est la Turquie et qu’au retour il ne restera qu’un soir, car Sophie quitte l’île plus tôt que les autres. Certaines sont tristes que l’expérience prenne fin, mais moi je considère que la boucle se boucle bien ; mon désir d’évasion est épanché.
Je réécris au retour de la Turquie !

Aucun commentaire: