vendredi 23 mai 2008

en décalage

Lundi
Je vous reviens de ce qu’on pourrait qualifier d’une longue fin de semaine de trois jours, étant donné qu’aujourd’hui était encore une fois consacré à une excursion. Le week-end m’a fait le plus grand bien, essentiellement parce que j’en ai passé une grande partie en solitaire, ce dont j’avais royalement besoin, question de faire le point sur certaines choses, de m’entendre penser, de réaliser… et aussi d’avancer un travail, il faut bien l’avouer.
Samedi, en fin de journée, je suis allée me balader dans Molyvos avec Sophie, et nous nous sommes aventurées dans des petites rues qui nous étaient encore inconnues, question de faire le plein de photos pour le cours. On s’est entre autres retrouvées dans un petit sentier menant au Castro (forteresse surplombant la ville), où je me suis accrochée sur une plante « pic pic » en voulant photographier … une poule haha. Je pense que j’ai fait une petite réaction vis-à-vis de la plante en question, parce que ça m’a brûlé pendant plusieurs minutes, puis c’était engourdi, puis ça s’est mis à enfler :S Heureusement tout est rentré dans l’ordre, mais je suis maintenant plus méfiante à l’égard des jolis petits sentiers. N’empêche que nous avons quand même poussé jusqu’au Castro, où nous sommes entrées incognito (le site était fermé après 18h). Nous avons pris quelques photos puis sommes redescendues vers le port. Je sais que je suis fatigante avec ma lumière, mais elle n’en était pas moins sublime par cette belle fin de journée. Dans le port, sept marins s’affairaient à ramasser leur filet. Sophie et moi sommes grimpées dans les roches près du quai pour avoir le meilleur angle possible (on voyait la montagne de Molyvos derrière eux), puis nous les avons observés pendant un long moment. J’ai évidemment pris plusieurs photos de la scène, mais l’appareil de Sophie avait manqué de piles pendant notre balade et elle fut condamnée à observer les marins sans pouvoir capter le moment. Ils tiraient tous les sept sur le filet, le repliant sur lui-même sur le quai, en criant « Opa ! » quand ça allait trop vite, et rejetant quelques petits poissons égarés à la mer. J’ai franchement apprécié le spectacle.
Dimanche, les 7 Gorgoniens sauf moi-même sont allés à la plage de Petra (ville voisine de Molyvos), mais, pour les raisons évoquées plus tôt, j’ai préféré rester à l’hôtel. Je m’étais réveillée trop tard pour aller déjeuner avec tout le monde, mais Marco a cogné à ma porte un peu plus tard avec un café et mon déjeuner ! Quel beau réveil ! J’ai écris beaucoup, j’ai dîné au bord de la piscine en observant une famille grecque, j’ai marché jusqu’au village, puis je suis revenue nager à l’hôtel. J’étais toute seule dans la grande piscine et l’eau était tellement bonne ! Et quand les autres sont revenus, j’étais plus en mesure d’apprécier leur présence, parce que j’avais enfin fait le plein de « vide ».

Vendredi
Je sais, je néglige le blog, et ça n’ira pas en s’améliorant parce que je prends le bateau demain matin pour la Crête, et à partir de là je ne sais pas si j’aurai le temps pour écrire ni l’accès pour le faire. J’ai eu en fait une grosse semaine, puisqu’on terminait le cours de photo et qu’on avait l’exposition hier soir. Ce fut un beau succès ! Nous avons eu à peu près une centaine de visiteurs, et les gens étaient aussi enthousiastes devant le résultat que devant le projet. Les jours précédents avaient donc été consacrés au choix des photos, à leur traitement, leur impression et leur installation. Si vous voulez voir mes deux photos exposées, elles sont sur flickr (http://www.flickr.com/photos/25710677@N07/ ), c’est porte fleurie et incursion. On risque de reproduire l’expo à l’Uqàm, alors certains d’entre vous auront peut-être l’occasion d’aller la voir.
Après l’exposition, nous avons mangé tous ensemble dans la salle d’expo, puis Achilleas (notre guide de voyage et ami des profs) nous a montré quelques pas de danse grecque. Autant certaines danses sont d’une simplicité presque ridicule, autant certaines demandent beaucoup de concentration pour de jeunes blancs becs québécois ! Après avoir festoyé à souhait au milieu de nos œuvres, nous sommes presque tous sortis à l’Opus, dont je vous avais déjà parlé. J’ai vraiment adoré l’ambiance, c’est tellement différent de notre culture !! Ici ce sont les hommes qui mènent le bal, et ce sont souvent ceux qu’on soupçonne le moins de savoir danser qui se lèvent. Les autres hommes se mettent un genou à terre et tapent dans leurs mains en regardant l’homme danser, et la coutume veut qu’on offre un shooter aux danseurs. Parfois aussi c’est un couple qui danse, mais les deux partenaires ne se touchent pas, ou à peine. Et enfin, certaines danses accueillent 10-12 personnes qui se tiennent par les mains ou les épaules, et on danse en rond en faisant des pas assez simples, souvent en accélérant. C’était gé-nial ! J’ai dansé beaucoup, et moi et quelques filles pensons prendre des cours de danse avec Achilleas à notre retour sur l’île !

Nous venons de terminer le cours de photo (3 crédits de compilés !) et même si c’était moins forçant qu’un cours théorique dans un amphithéâtre, c’était quand même demandant de penser photo tout le temps. Nous avons un souper ce soir dans un restaurant supposément très hot pour clore la première partie de l’École d’été. C’est fou comme on a plein d’occasions pour sortir nos belles robes ! Ce sera aussi le moment des adieux entre quelques-uns d’entre nous et notre chère île. Je suis bien contente de vivre avec l’idée que je reviens dans 2 semaines. C’est quand même inusité d’être en voyage et de repartir en voyage, comme un second élan… Je l’ai fait l’an passé, mais c’est toujours aussi particulier.
Demain, donc, nous partons les huit Gorgoniens ensemble pour prendre le speed boat en direction d’Athènes, où nous prendrons un autre bateau pour la Crête. Nos dates ne sont pas toutes fixées, mais ce sera ensuite Santorini, puis Mykonos. On parle aussi d’aller à Delphes dans les dernières journées, mais le groupe risque d’être divisé à ce moment-là.
Je ne sais pas quand j’aurai l’occasion de réécrire, mais dites-vous que je vis probablement les plus intenses moments de mon voyage. Je capture tout puis je vous raconte, promis !

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