jeudi 15 mai 2008

Effleurer les limites

(écrit hier)
Aujourd’hui Marco m’a demandé, question de monter un répertoire du groupe, mon adresse et mon numéro de téléphone. Comme je suis entre deux apparts, et parce qu’il aurait été un peu inutile que je lui laisse mon adresse à Mont-Tremblant, je n’ai pas pu lui répondre. Il m’a alors demandé si j’avais un cellulaire (oui) et quel en était le numéro, mais… j’ai oublié ! Et à l’heure qu’il est, je ne m’en suis toujours pas souvenue ! On dirait que mon cerveau a littéralement fait « delete » : information inutile, je suis en Grèce, je n’ai rien à faire de toutes ces séries de chiffres… les limites de la mémoire sélective.

Je viens d’avoir une grande conversation avec Anne-Marie, à propos des limites de la photographie et de l’écriture, à savoir jusqu’où ces deux « médiums » peuvent rendre justice à une expérience très forte. Pas assez loin, selon nos conclusions, mais je ne peux pas m’empêcher d’essayer. Essayer de vous décrire une des plus fabuleuses journées de ma vie, même si les mots ne feront qu’effleurer les montagnes, la lumière, les sensations…

Hier. Réveillée un peu catastrophée d’avoir passé tout droit, au lendemain d’un souper bien arrosé avec la mairie, au Kafeneion de Molyvos. La coopérative des femmes de Molyvos avait cuisiné pour nous, et tout était délicieux. Nous nous étions tous mis sur notre 36 (36 ou 31 ??), ce qui donna lieu entre autres à une cascade incessante de flashes… j’essaierai de vous mettre quelques photos de cette belle soirée sur le blog.
Hier, donc. Nous avions une sortie d’organisée dans le cadre du cours de photo : safari jeep à travers l’île. Il y avait 5 jeeps, dans chacun desquels montaient 4 personnes. J’étais avec Anne-Marie et Sophie, et c’est M. Malissard, venu passer quelques jours à Molyvos pour s’assurer que tout allait pour le mieux, qui conduisait notre carrosse :p.
Nous avons ôté le toit et les appuie-têtes d’en arrière et nous sommes assises sur le dossier. Le visage fouetté par un bon vent, des chemins tortueux, des virages en épingle, un troupeau de moutons qui traverse la rue, un monsieur sur un âne, un soleil chaud, des paysages époustouflants, des moments infiniment privilégiés, des sourires sur toutes nos lèvres.
Premier arrêt : un petit village dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom, mais très coquet, comme tous les autres au fond… Hubert et moi avons acheté des fraises à un marchand ambulant, puis une femme qui arrosait son entrée ( !?) un peu plus loin nous a proposé de nous les laver. Elles étaient rouges même à l’intérieur, goûteuses et sucrées. On a finalement donné envie à tout le monde d'en acheter !
Nous nous sommes baladés un moment, puis nous avons pris un café à l’ombre d’un arbre certainement plus que centenaire, vu son énormité. C’était le bonheur. Opa !
On a repris les jeeps et roulé un bon moment, jusqu’à ce qu’on s’arrête pour diner à quelques pas de la mer. Pain croûté, fromage feta, concombre, tomates et olives (je n’aime toujours pas les olives) ont composé notre agréable pique-nique.
Nous avons passé plusieurs heures à la plage ; certains se sont étendus au soleil, d’autres se sont lancé le ballon de foot, etc. J’ai opté pour une grande promenade sur la plage, à fouiller l’horizon du regard, ramasser roches et coquillages colorés, écouter de la musique envoûtante. Je me disais que la mer m’attendait toujours au tournant, je me reportais à la Méditerranée il y a un an, à la Mer du Nord il y a deux ans, et à l’Océan Atlantique il y a encore plus longtemps. Je foulais pour la première fois les bords de la mer Égée, et au fond c’était plutôt elle qui foulait mes chevilles. La mer m’inspire tellement.
J’ai rejoint le groupe et me suis baignée un moment avec quelques autres. La journée se faisait décidément de plus en plus belle. Nous avons ensuite eu un cours de panorama, le tout sur le bord de la mer ! Je crois que ce fut mon meilleur cours à vie ! Qui a dit qu’il manquait de locaux à l’Uqàm !?!
Le plus beau restait à voir. Nous avons repris la route en direction d’un monastère au sommet du monde. Nous n’arrêtions pas de monter et toujours monter, la lumière de fin d’après-midi se faisait chaude et caressante, le vent jouait dans mes cheveux salés et je n’avais pas assez d’yeux pour tout admirer, pas assez de mémoire pour tout stocker, trop de stimuli pour tout capter… c’était merveilleux ! Les montagnes un peu désertiques, parsemées de touffes de végétation, la mer immense à l’horizon, le soleil qui se regardait dedans, le ciel qui se teintait tranquillement…
Anne-Marie a raison, les mots laissent trop de trous et ne sont pas assez forts… mais imaginez quand même J
Et une fois au sommet, nous nous sommes arrêtés un instant, peut-être une heure, un peu plus ? je ne sais plus. J’ai bien sûr pris quelques photos, mais elles sont bien décevantes comparées à ce que c’était en vrai.
Le chemin du retour a été plus tranquille, peut-être à cause de l’énergie monastique qui nous avait imprégnées, ou trop de beauté, ou trop de fatigue… en tout cas Sophie s’est endormie.
Nous avons soupé à Stipsi, et avons encore mangé une variété de plats typiques. C’était excellent, et Hubert nous a tous fait rire avec son doublage de soap grec qui jouait en silence dans le resto.
Nous avons regagné les résidences assez tard en soirée, abasourdis de tant de ... wow. J’ai épuisé mon stock de qualificatifs…

Aujourd’hui il fait gris à Molyvos. Je crois que c’est seulement le deuxième jour que je peux dire ça !
Dans le cours de photo ce matin on a écouté de la musique grecque et on a appris à danser sur sa rythmique très particulière, qui ressemble à 1-2-pause-1-2-pause-3-pause-4-pause etc. On est prêts pour aller veiller à l’Opus (bar de musique et de danse traditionnelles) ! Mais pas ce soir… tout le monde est fatigué et j’ai un gros mal de gorge… Les limites du corps.

3 commentaires:

minimel a dit…

alexxxx ça l'air trop malade ton trip moi jten europe de l'est avec mon cousin simon pour un mois pis on rejoint mes parents en grèce pour la dernière semaine ce serait trop malade de se croiser !!!!! On va être la du 24 au 31 pis on va a mykonos et santorini... Tiens moi au courant. J'veux fêter ma fête avec toi !!!

Lumilla Farès a dit…

il n'y a rien de plus beau que la route certains jours! :)

Mari a dit…

Que de souvenirs!!! Je comprends trop bien à quel point que ta balade en jeep, les cheveux au vent,était si agréable. J'ai fait la même balade à Cuba, les fesses sur les appuis têtes! Continue de nous raconter comme tu sais si bien le faire!!
bisou